Depuis l’affaire de Cornell aux États-Unis, la notion de consentement sexuel est au cœur de tous les débats. Entre demander, dire stop ou accepter un refus : Générations Sexualités Neuchâtel (GSN), association à but non lucratif, t’explique l’essentiel en 7 questions.
1. « Primo, c'est quoi le consentement ?»
Le consentement, c’est donner son accord pour quelque chose qu’on nous propose. Il concerne tout humain indépendamment du genre. Il doit être mutuel, donné en amont et de son plein gré (sans pression ni conséquence en cas de refus et sans être sous influence de drogues ou d'alcool). Il n’est jamais définitif et peut être retiré à tout moment, quelle que soit la raison.
A retenir : « Seul un oui est un oui. » Silence, immobilité, pleurs, hésitation, etc. : tout ce paraverbal est à considérer comme un non.
2. « Primo, c'est quoi le consentement ?»
Depuis quand se préoccuper du ressenti de l'autre « tue l'ambiance » ? Au contraire.
Alors comment demander ? On privilégie les questions où le « oui » permet d’arrêter : « Tu veux que je m’arrête ? » plutôt que « Je continue ? ».
Autre astuce : anticiper ! Parler en amont des envies, des peurs et des limites personnelles facilite la communication « sur le moment ». Sans oublier qu’on peut toujours changer d’avis !
3. « L’ambiance monte avec mon/ma date. A qui revient d’aborder le sujet ? A moi ou à l’autre ?
Vérifier le consentement est une responsabilité commune. Il est important de faire comprendre à l'autre ce que l'on souhaite ou ne souhaite pas. A l’inverse, il faut vérifier ce que l'autre personne désire ou ne désire pas.
4. « Pendant le rapport, la personne a retiré le préservatif sans me prévenir. Est-ce une question de consentement ? »
Retirer le préservatif sans prévenir (stealthing) est reconnu comme une violence sexuelle en Suisse. Consentir à un rapport sexuel avec préservatif n’équivaut pas à consentir à un rapport sans protection, où on se met à risque d’une IST (infection sexuellement transmissible) et, dans le cas d’une relation hétérosexuelle, d’une grossesse non désirée.
5. « On s'embrassait et j'étais d'accord, mais je n’ai plus envie d’aller plus loin. Ai-je le droit de dire stop ? Comment le dire sans me sentir mal ?»
On a toujours le droit de dire stop, peu importe ce qu’il s'est passé il y a quelques minutes ou quelques semaines ! Si une personne te culpabilise pour avoir exprimé un besoin, ce n’est pas normal. Une relation saine ne te force pas à contrer tes envies.
6. « Et si mon « non » n’est pas respecté, que faire sur le moment ?
Dans une situation stressante, notre cerveau entre en mode « combat, fuite ou figement ». Si parler ne suffit pas, on peut se retirer physiquement de la situation, chercher de l’aide, ou même crier ou se défendre. A noter que la loi suisse estime que rester figé-e ne signifie pas consentir à un rapport sexuel.
Si ton refus n’a pas été respecté : n’hésite pas à te rapprocher d’une structure d’aide (adresses en fin d’article) pour toute contraception d’urgence, PEP (prophylaxie post-exposition), dépistages, etc.
7. « Est-ce important de parler de protection et de dépistage ? »
Oui, c’est essentiel pour un consentement éclairé des personnes. La contraception (masculine ou féminine) et les préservatifs (qui protègent contre les IST) sont à aborder. Bien que les gens se disent « clean », les IST sont des virus ou des bactéries – et ne relèvent donc pas de l’hygiène. Il n’y a alors rien de sale ou de honteux à aborder le sujet.
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Tu penses avoir été victime de quelque chose et aimerais en parler ? Parles-en à une structure d’aide : toutes partent du principe que tu dis la vérité. Elles offrent écoute, non-jugement et soutien – peu importe ton genre, âge, statut, etc.
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Sur le GSN Génération Sexualité Neuchâtel (GSN) est une association à but non lucratif active dans la prévention du VIH et des IST, des relations LGBTQ+, et de l’éducation en santé sexuelle dans les écoles. Le GSN organise des ateliers animés par des pair-e-s formé-e-s et supervisé-e-s. Au programme : échanges ludiques et questions sans tabou pour comprendre à quoi ressemble une relation saine, repérer les signes d’une relation abusive, et obtenir les clés d’une sexualité épanouie ! Une vidéo qui explique le consentement avec l’analogie du thé Si la notion de consentement reste floue pour toi, voici une courte vidéo expliquant le concept avec une analogie sur le thé. |