Zola poète : miettes de ciel dans le roman naturaliste

Rose Delestre, docteure en littérature française, chargée de cours à l’Université de Genève

On entend souvent dire que Zola, dans son appétit de tout peindre et de tout dire de la trivialité des existences humaines, est triste, voire déprimant. Le grand ensemble des Rougon-Macquart n’est-il qu’une fresque incendiaire de tous les idéaux humains, une tabula rasa de tout espoir de consolation, à deux doigts de nous plonger dans le désespoir et la misanthropie, en plus d'affirmer la vanité de la religion chrétienne et de ses promesses ? Cette intervention aura pour fonction de montrer qu’il reste, dans un souffle provenant des lointaines Lumières, quelque chose à sauver et à espérer de la poésie, de la bonté et de la foi en l’homme chez le maître des romanciers naturalistes.