Le comte Rodolphe de Neuchâtel (†1196) est le fils aîné de Ulrich et Berthe, bâtisseurs de la Collégial de Neuchâtel. Le tympan de la porte Saint-Pierre (détruit en 1672), sur lequel Berthe présente la maquette de l’église à la Vierge, est le pivot de l’actuelle exposition « Le don de Berthe ».
Dans le fameux manuscrit de Heidelberg, élaboré au début du XIVe siècle à Zurich, neuf chansons d'amour de Rodolphe nous sont parvenues, pour la plupart des adaptations en allemand médiéval de poèmes de troubadours provençaux. Les chansons de Rodolphe sont transmises sans mélodie. Mais puisque plusieurs d'entre elles sont des imitations créatrices de « tubes » occitans des années 1180, nous connaissons indirectement aussi leur mélodie.
A cheval sur la frontière linguistique, le comte Rodolphe, sans doute bilingue, est le premier passeur de thèmes, motifs et formes de strophes de la poésie courtoise romane vers les régions germanophones. De surcroît, il n’est pas seulement le premier poète neuchâtelois, mais également le premier poète « suisse », ceci un siècle avant la naissance de la Confédération suisse.
A l'issue de la conférence, des élèves du Lycée Jean-Piaget (classe 1CG2) tenteront de répondre aux envolées lyriques de Rodolphe avec leurs propres poèmes, composés à l'occasion d'un atelier slam.