M. Fadel al-Utol
Archéologue, restaurateur, École biblique de Jérusalem; Curateur, chargé de mission, Musée d’Art et d’Histoire de Genève
M. Marc-André Haldimann
Ancien conservateur en chef du Département d’Archéologie au Musée d’Art et d’Histoire de Genève ; chercheur à l’Université de Berne (Institut für Archäologische Wissenschaften)
Intervenant-e-s
Accueil et modération : prof. Louis de Saussure, UNINE
Le Territoire de la Bande de Gaza a été comme tenu à l'écart de la recherche archéologique tout au long du XXe siècle. Les vicissitudes de la politique ont contribué, depuis 70 ans à faire en sorte que la région soit toujours repliée sur elle-même. D’autant plus que sur la frange de la Terre Sainte, elle avait glissé hors du dossier de l'archéologie biblique. Sa position géographique et ses ressources agricoles en avaient pourtant fait dans l'Antiquité un pays d'élection : les sites y sont plus nombreux que dans le reste de la Palestine et ils témoignent de profils culturels spécifiques, influencés par les contacts constants avec l'Égypte et l'Arabie, toutes proches.
La restriction du territoire, l'enfermement de la population et l'explosion démographique ont fragilisé son potentiel archéologique et historique. Les interventions qui ont toujours été menées en collaboration avec les services palestiniens ont été réduites à des opérations de sauvetage dans les difficiles conditions d'une urbanisation précipitée. Les résultats acquis soulignent que le patrimoine, exceptionnellement conservé jusqu’en 1995, a depuis été sévèrement endommagé. Toutefois, des fouilles d’envergure à Blakhiah-Antedon, un des ports antiques de Gaza, à Jabaliya-Mhkeitim et à Saint Hilarion-Nuseirat, lieux emblématiques de la période byzantine, ainsi que la création avec le soutien de la Ville de Genève du premier Musée archéologique de Gaza sont autant de réalisations ayant permis de reconnecter les habitants de Gaza à leur passé hors du commun.
Depuis le 8 octobre 2023, elles ont toutes subi des dommages importants voire des destructions complètes à l’instar de l’emblématique Mosquée al’Omari fondée en 1170 de notre ère.
Cette conférence - table ronde sera l'occasion de mieux faire connaître au public la richesse de ce patrimoine et d'évoquer le drame de la destruction pour la mémoire des lieux et des populations.
Entrée libre