Depuis le milieu des années 2010, Kinshasa connaît une effervescence technologique portée par une génération de jeunes entrepreneurs numériques. Cette conférence propose une exploration ethnographique de cette scène tech émergente, en mettant en lumière les réseaux transnationaux Sud–Sud qui relient Kinshasa à Kigali, Guangzhou ou Seoul, et qui redéfinissent les imaginaires urbains et les trajectoires de mobilité.
À travers le concept de « ville post-globale », je montre comment les affects politiques – honte, fierté, aspiration – structurent les récits et les pratiques des geeks kinois. Ces acteurs revendiquent une expertise locale, tout en critiquant les dépendances néocoloniales et les logiques de l’État congolais, souvent perçu comme aligné sur les structures du capitalisme global.
La conférence interroge également les usages du slogan « Made in RDC », entre patriotisme technologique et critique sociale, et analyse comment les jeunes innovateurs congolais mobilisent la technologie pour imaginer des futurs dignes, autonomes et africains. En croisant anthropologie urbaine, études postcoloniales et sociologie de l’innovation, cette présentation invite à repenser les géographies de la créativité numérique en Afrique centrale.