Ressource souvent méconnue, l’eau souterraine constitue un pilier de la résilience de nos territoires et des écosystèmes qu’ils abritent. Lors des périodes de sécheresse, elle joue un rôle essentiel en soutenant les milieux aquatiques de surface - rivières, lacs et tourbières - et représente la principale source d’approvisionnement pour nos usages domestiques, agricoles et industriels. Pourtant, elle subit aujourd’hui de plein fouet les pressions croissantes liées au changement climatique, à la contamination et à l’intensification des usages.
Dans cette leçon inaugurale, je présenterai les grands enjeux scientifiques pour une meilleure compréhension des interactions entre paysages, eau souterraine, et écosystèmes. J’aborderai les évidences des changements profonds déjà observés, puis conclurai sur les opportunités qui s’offrent à nous pour une intégration plus complète de l’eau souterraine dans la planification durable des territoires et la préservation des écosystèmes qui en dépendent.
Clément Roques est professeur ordinaire en éco-hydrogéologie à l’Université de Neuchâtel, au Centre d’hydrogéologie et de géothermie (CHYN). Après un début de carrière en tant qu’ingénieur hydrogéologue, il a obtenu un doctorat en sciences de la Terre à l’Université de Rennes. Il a ensuite poursuivi sa carrière postdoctorale à l’Oregon State University, à l’ETH Zurich et à l’Université de Rennes avant de rejoindre le CHYN en 2021.
es recherches portent sur les interactions entre les eaux souterraines et les écosystèmes de surface dans un contexte de changement climatique, avec un intérêt particulier pour les milieux de montagne et les tourbières. Il est impliqué dans plusieurs projets nationaux et internationaux, dont l’observatoire cryo-hydrologique du Valposchiavo et le projet européen Waterwise. Son travail vise également à rapprocher la recherche scientifique des besoins des gestionnaires de l’eau et des territoires, notamment en co-construisant des stratégies de gestion durable des ressources en eau.
Les travaux de Clément Roques s’inscrivent à l’interface entre l’hydrologie, la géologie et l’écologie. Ils visent à comprendre comment les eaux souterraines, à travers les processus de recharge, d’écoulement dans des milieux géologiques complexes et d’échanges avec les zones humides de surface, contrôlent la dynamique et la résilience des écosystèmes dépendants de l’eau. Ses recherches mobilisent des observatoires de terrain instrumentés, des approches géophysiques et géochimiques à haute résolution, ainsi que des outils de modélisation multi-échelle pour analyser l’impact du changement climatique sur les flux d’eau, de chaleur et de matière. Son objectif est de développer une recherche en écohydrogéologie interdisciplinaire, capable d’éclairer la planification territoriale et la gestion durable des ressources en eau.