Du cerveau des poissons à l’évolution des capacités cognitives: une approche intégrative de la physiologie comportementale

Leçon inaugurale de Zegni Triki

Les poissons offrent des modèles exceptionnels pour explorer les bases neurobiologiques et évolutives du comportement. L’étude d’espèces variées — poissons-clowns, demoiselles, cichlidés, guppys ou espèces hermaphrodites séquentielles — met en lumière la manière dont les dynamiques sociales et environnementales façonnent la plasticité cérébrale et les capacités cognitives. Les transitions de rôle social ou de sexe révèlent une flexibilité remarquable du cerveau chez les vertébrés ectothermes. Ces travaux s’inscrivent dans une approche intégrative alliant écologie et neurosciences, et incluent des recherches menées au sein du NCCR Evolving Language, où les interactions entre physiologie et communication sociale sont étudiées pour comprendre comment les systèmes hormonaux et neuronaux régulent les comportements coopératifs et compétitifs. Ensemble, ces recherches contribuent à éclairer l’évolution de la cognition et de la flexibilité comportementale dans le règne animal.

Zegni Triki

Dr Zegni Triki est professeure assistante (tenure-track) en physiologie comportementale à l’Université de Neuchâtel. Ancienne vétérinaire praticienne en Algérie, elle a obtenu son diplôme de docteure vétérinaire à l’Université Saad Dahleb (2008), puis un master en écologie comportementale et parasitologie à l’Université de Neuchâtel (2014, boursière d’excellence du gouvernement suisse). Elle y a ensuite réalisé un doctorat en biologie (2019), avant de poursuivre un postdoctorat à l’Université de Stockholm et de diriger un groupe Ambizione du FNS à l’Université de Berne.

Domaines de recherche

Ses recherches portent sur la cognition, la neurobiologie et l’écologie comportementale des poissons, notamment des espèces hermaphrodites séquentielles. Elle étudie comment les facteurs sociaux, environnementaux et hormonaux façonnent le comportement et la plasticité cérébrale. En parallèle, dans le cadre du NCCR Evolving Language, elle explore, à travers des études en zoos suisses, les liens entre physiologie, communication et organisation sociale.