Sur l’île de Sumatra en Indonésie, une équipe internationale de recherche a réussi à favoriser la restauration d’arbres indigènes dans une plantation de palmiers à huile. Comment ? En disséminant des îlots d'arbres sur l’exploitation, dans lesquels certaines essences locales ont dépassé les 15 mètres de hauteur en six ans.
Publiée dans la prestigieuse revue Science, l’étude est co-signée par Clara Zemp, professeure en biologie de la conservation à l’UniNE. Elle a démontré que les 52 îlots d'arbres ont non seulement l’éclosion des graines replantées, mais aussi l'établissement d'espèces à partir de graines arrivées par exemple par le vent ou les oiseaux. On y dénombre également des arbres endémiques propres au Sundaland, région s’étendant de la péninsule malaise jusqu’à Bornéo.
Quant aux espèces exotiques - c'est-à-dire celles qui ne sont pas originaires de la région étudiée –, elles ne représentent qu'une petite fraction des zones restaurées par régénération naturelle. L'équipe a toutefois constaté que les niveaux de biodiversité dans les zones restaurées étaient encore bien inférieurs à ceux des forêts non perturbées. D’où la nécessité urgente de protéger les parcelles de forêt restantes, dont la valeur de conservation est irremplaçable.