Conférence européenne organisée tous les deux ans, Eurokarst rassemblera quelque 200 spécialistes d’hydrogéologie des roches calcaires à l’Université de Neuchâtel. Créé pour la première fois en 2016 dans la ville aux pierres jaunes, l’événement revient dix ans plus tard sur ses terres d’origine, du 31 août au 4 septembre.
Bâtie au pied du Jura, Neuchâtel s’étend le long d’une chaîne montagneuse de roche calcaire, creusée et façonnée par des eaux souterraines qui alimentent en grande partie la ville. Ce paysage, les géologues le nomment le karst. «C’est donc tout naturellement que dès 1965, avec la naissance du CHYN (Centre d’hydrogéologie et de géothermie de l’Université de Neuchâtel), le karst devient un sujet majeur d’étude dans la région», rappelle Philippe Renard, professeur d’hydrogéologie stochastique (approche combinant des données physiques et statistiques) au CHYN et membre du comité d’organisation d’Eurokarst 2026.
A cela s’ajoute un autre acteur scientifique du canton, co-organisateur de la conférence: l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie (ISSKA). «Issu du CHYN qui a diversifié avec le temps ses activités, l’ISSKA reste concentré sur le karst. Fondation privée à but non lucratif, elle se sert des connaissances acquises par ses recherches fondamentales pour résoudre des problèmes concrets et appliqués», relève son directeur Pierre-Yves Jeannin, hydrogéologue et chargé d’enseignement au CHYN, également impliqué dans l’organisation d’Eurokarst 2026.
Institutions complémentaires
Grâce à ces deux institutions complémentaires, une grande variété de sujets liés aux eaux souterraines est traitée: hydraulique souterraine, qualité de l’eau, protection des eaux potables, utilisation de la chaleur du sous-sol et de l’énergie hydraulique, risques géotechniques, acquisition de données sur le terrain et leur modélisation. Le canton de Neuchâtel se positionne ainsi, au niveau international, comme un pôle majeur de recherche fondamentale et appliquée dans ce domaine.
Parmi les thèmes abordés lors d’Eurokarst 2026, on trouve la modélisation des écoulements souterrains. «Le sujet n'est pas nouveau, concède Pierre-Yves Jeannin, mais les méthodes informatiques évoluent rapidement et donc les idées de nouvelles approches aussi. On constate toutefois que ce sont plutôt les données de terrain qui manquent pour alimenter les modèles!»
Deuxième grande thématique figurant au programme: les conditions d'infiltration des eaux dans le sous-sol. «Caractériser précisément quand et comment les eaux de pluie s'infiltrent dans le sol, puis vers les roches situées au-dessous, n'est pas simple, indique Pierre-Yves Jeannin. Le couplage avec la végétation et les conditions météorologiques dans un contexte de dérèglement climatique rend ce système assez variable, difficile à mesurer et donc à modéliser. C'est pourtant un paramètre central pour l'hydrogéologie!»
En plus des présentations destinées aux scientifiques, Eurokarst 2026 n’oublie pas le grand public, avec deux événements qui lui sont adressés: