Alors que la plupart des bâtiments ferment, une vie discrète mais persistante s’installe sur le campus. Étudiantes et étudiants, bibliothèques et rayonnages encore éclairés deviennent le théâtre d’une activité nocturne studieuse. Entre silence, concentration et lumière tamisée, la nuit donne au campus un nouveau visage.
À mesure que la nuit tombe sur le campus, les couloirs se vident et les silhouettes des dernières étudiantes et derniers étudiants se fondent dans la lumière des lampadaires. Pourtant, derrière certaines vitres encore éclairées, une vie discrète mais tenace persiste : celle des bibliothèques du soir.
À 18 heures 30, la plupart des bâtiments ont déjà tiré le rideau. Les étudiantes et étudiants en lettres doivent alors ranger leurs affaires : la bibliothèque de leur bâtiment ferme plus tôt que celle de droit. « Je révise souvent à la bibliothèque des lettres, c’est celle où je me sens le mieux », confie Mélissa, 22 ans, étudiante en troisième année de Bachelor en lettres et sciences humaines. L’étudiante s’est trouvée une place au deuxième étage du bâtiment principal. Elle a dû partir de la bibliothèque des lettres qui vient de fermer ses portes.
« Le seul problème, c’est que certaines biblios ferment trop tôt. Si elles restaient ouvertes jusqu’à 21 heures, ce serait idéal, surtout pour ceux qui habitent loin du campus. »
Sa « biblio préférée », comme elle dit, reste celle des lettres: « Il y a tous les livres dont j’ai besoin. Celle de du bâtiment principal ressemble un peu à une cave, je ne la trouve pas accueillante. » rigole-t-elle.
Aymeric, étudiant en sciences économiques, révise aussi tard à la bibliothèque ce soir. Il doit finir de remettre au propre les notes du cours de la veille. Il confie rester parfois jusqu’à 22heures lors des périodes de révision pour les examens.
« C’est calme après le coucher du soleil »
Pendant que les derniers lectrices et lecteurs quittent les tables de travail, d’autres s’activent à l’ombre des rayonnages. Une auxiliaire étudiante du secrétariat de la bibliothèque de droit se trouve à l’accueil : « Ce soir, il est 19 heures et il y a encore une vingtaine de personnes dans la salle. C’est généralement après 21 heures que les gens partent. » Elle sourit : « C’est calme après le coucher du soleil. Tout le monde est dans son coin. »
Pour elle, travailler la nuit a ses avantages : « Le soir, je suis à mon aise, il y a moins de sollicitations, moins de passages. » Les seuls inconvénients ? « Rentrer tard… et parfois devoir attendre que les derniers étudiants partent ! » plaisante-t-elle.
Mais la plupart du temps, les soirées se passent sans encombre : « Les gens qui restent tard sont respectueux. Il n’y a jamais de problème. »
Les horaires varient selon les bâtiments : certaines bibliothèques ferment à 17 heures, comme celle des sciences économiques. D’autres restent ouvertes plus tard, jusqu’à 18 heures 30 et même 22 heures pour celle de droit. Une mosaïque d’horaires qui reflète aussi la diversité des rythmes de vie sur le campus.
À ces heures tardives, le campus dégage une atmosphère particulière. Le vent fait bruisser les feuilles des arbres, le cliquetis des pas résonne sur les pavés et les néons des bâtiments éclairent les allées désertes. Quelques étudiantes et étudiants traversent la cour en silence, certains en solitaire, d’autres en petits groupes qui échangent un mot avant de disparaître dans l’ombre des bâtiments. Mélissa habite loin du campus, mais elle aime cette atmosphère apaisée qui s’installe à la tombée du soir. « Quand il y a moins de monde, c’est plus agréable. En journée, il y a toujours des gens qui passent, qui discutent… Le soir, c’est calme, on se sent à l’aise. »
À 21 heures, certain-e-s veillent encore
Chaque recoin semble amplifié par le calme de la nuit, donnant au campus une sensation presque hors du temps. D’après l’auxiliaire étudiante de la bibliothèque de droit, même peu avant l’heure de fermeture, certains restent concentrés jusqu’au bout : « En général, il reste encore entre quelques personnes plongées dans leurs révisions après 21 heures. »
Dehors, la ville s’étire, les derniers vélos roulent dans l’obscurité et les derniers étudiants couche-tard se rendent enfin chez eux. À 22 heures pile, sur le campus silencieux, seules les lumières tamisées des bibliothèques persistent, bientôt prêtes à s’éteindre. Elles restent comme des phares discrets pour les noctambules du savoir, offrant une oasis de concentration.