La journaliste Marion de Vevey, titulaire d’un master en sciences cognitives de l’UniNE, s’interroge. La science se veut universelle. Mais qui décide de ce qu’elle observe, de ce qu’elle mesure, de ce qu’elle raconte?
Dans une forêt ougandaise, face au regard d’un chimpanzé et aux mots d’une étudiante locale, Marion de Vevey voit vaciller ses certitudes. Ce moment déclenche une enquête au long cours sur un angle mort majeur de la recherche contemporaine: l’invisibilisation des savoirs et des scientifiques du Sud.
Pourquoi certaines recherches circulent-elles partout quand d’autres restent confinées dans l’ombre? Qui décide de ce qui mérite d’être étudié, publié, médiatisé? Comment l’histoire coloniale, les logiques économiques, la course à la carrière et les grandes industries de l’édition scientifique ont-elles façonné une science massivement dominée par le Nord?
De la Malaisie à l’Ouganda en passant par la Suisse, des rédactions aux laboratoires, des revues prestigieuses aux terrains oubliés, l’autrice montre comment nos manières de produire le savoir influencent non seulement ce que nous connaissons, mais aussi ce que nous jugeons important, crédible, digne d’intérêt.