Deux génomes humains du Caucase (Géorgie) datant d’il y a 13’300 et 9’700 ans, ainsi que celui d’un squelette vieux de 13'700 ans découvert dans la grotte du Bichon à La Chaux-de-Fonds (NE) offrent de nouvelles indications sur l’évolution des populations qui ont donné naissance aux Européens actuels. Ces analyses résultent d’une vaste étude internationale à laquelle a participé le Laboratoire d’archéozoologie de l’Université de Neuchâtel. Elles sont publiées aujourd’hui dans la revue Nature Communications.
«Cette étude suggère que quatre populations humaines ancestrales sont à l’origine des Européens d’aujourd’hui, indique Werner Müller, archéozoologue à l’Université de Neuchâtel. Nos résultats indiquent que les chasseurs-cueilleurs du Caucase se sont séparés des chasseurs-cueilleurs de l’Ouest du continent il y a près de 45’000 ans, puis des ancêtres des agriculteurs néolithiques il y a environ 25’000 ans».
L’étude montre également que les chasseurs-cueilleurs du Caucase ont grandement contribué au génome des éleveurs Yamnaya de la steppe pontique (Nord de la Mer Noire) qui ont migré vers l'Europe voici 5’000 ans, laissant une importante influence sur les cultures en place au début de l’âge du Bronze.
Des gènes responsables de la pigmentation révèlent en outre que les deux chasseurs-cueilleurs du Caucase présentaient un teint de peau plus clair que l’homme de la grotte du Bichon. Ils avaient en revanche tous les trois les cheveux noirs ou foncés, et les yeux bruns.
L’homme de la Grotte du Bichon fait partie de l’exposition permanente du Laténium, le Musée d’archéologie de Neuchâtel. La particularité de cette grotte était de contenir ces ossements humains mêlés à ceux d’un ours brun tué par une flèche en silex.