16 juillet 26

Dénombrer la population vivant en zone inondable

Communiqué de presse

Une étude de l’Institut de géographie de l’UniNE a superposé les zones de danger élevé d’inondation avec la répartition de la population de six cantons. Une première pour la Suisse. Réalisée par Dania Gerber dans le cadre de son travail de master, l’étude a permis d’obtenir des résultats inédits sur l’exposition de la population à ce risque. 

Les inondations apparaissent aujourd’hui comme l’un des principaux risques climatiques en Suisse. D’où l’intérêt de cerner au mieux les zones de danger qu’elles constituent et combien de personnes ces zones concernent réellement. La principale originalité de la démarche de Dania Gerber est d’avoir superposé les zones de danger élevé d’inondation avec la répartition de la population. Cette approche n’avait encore jamais été réalisée en Suisse.

Les cours d’eau sont des territoires où les inondations se produisent le plus fréquemment, tout en étant des endroits propices au développement des villes et des activités humaines. C’est donc là que l’on trouve la proportion de personnes la plus exposée au risque d’inondations.

Six cantons

En pratique, Dania Gerber a choisi comme terrains d’investigation six cantons représentant les trois principales configurations géographiques du pays. Il s’agit de Genève et de Zurich pour le Plateau suisse, du Valais et des Grisons pour les Alpes, et de Neuchâtel et du Jura pour la chaîne du Jura. Dans ce contexte, c’est la population du Valais qui se distingue, avec 24% de ses habitant-e-s vivant dans des zones à risque d’inondation. Elle est suivie par celle du canton du Jura, où ce chiffre atteint 17,4%.
«En Valais, note Dania Gerber, la majorité de la population et des infrastructures sont concentrées dans la vallée du Rhône». De plus, les cours d’eau secondaires du canton convergent eux aussi vers le Rhône. En cas de pluies diluviennes, les volumes d’eau qui transitent dans cette vallée augmentent violemment et impactent la population résidente. Dans le Jura, le fort chevauchement entre zones habitées et zones de danger élevé s’explique par le fait que la population y est majoritairement répartie le long de cours d’eau susceptibles de déborder rapidement.

Bords de lacs moins concernés

L’analyse met toutefois en évidence que les populations situées en bordure des grands lacs du Plateau sont généralement peu concernées. Cette situation s’explique en grande partie par les importants aménagements réalisés sur ces espaces, tels que la régulation des niveaux d’eau et la stabilisation des rives qui ont permis de réduire significativement le risque d’inondation. Cela se vérifie aussi bien à Genève qu’à Zurich, grâce à deux principaux ouvrages de régulation de débit: le barrage du Seujet pour le lac Léman et celui du Platzspitz pour celui de Zurich. 

L’absence totale de danger n’y est pas écartée pour autant. «Dans certains contextes, nuance la chercheuse, notamment lors de variations importantes du niveau des eaux, des zones lacustres peuvent encore présenter une exposition résiduelle, bien que plus localisée, comme le long des rives du lac de Neuchâtel.»

Les résultats de cette étude peuvent constituer un élément d’aide à la décision dans la priorisation de certaines mesures de prévention, de protection ou de planification. Et cela, aux côtés d’autres critères, qu’ils soient environnementaux, techniques, économiques ou juridiques.