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Viser le professorat?

L'expérience du Réseau romand de mentoring montre que la plupart des participantes n'affichent pas le projet de devenir professeure au début de leur parcours post-doctoral, mais disent qu'elles souhaitent « poursuivre dans la recherche ». Est-il cependant possible de mener des activités de recherche en Suisse hors d'une carrière académique et faut-il d'emblée viser le professorat?
 

Une structure hiérarchique

En raison d'une structure très hiérarchisée, la carrière académique se décline en différentes étapes à parcourir du corps intermédiaire inférieur, au corps intermédiaire supérieur, jusqu'au au corps professoral.

Toutefois, il ne s'agit pas d'une succession transparente et institutionnalisée de fonctions qui permettrait aux jeunes chercheur-e-s d'avancer étape par étape ou de « s'établir » dans une position intermédiaire.

En effet, à l'exception des postes de MER, les postes en dessous du professorat sont de durée déterminée et peu nombreux, notamment après le doctorat. Les procédures de stabilisation ou de promotion reposent principalement sur le principe du « up or out » (promu-e ou renvoyé-e). Il n'y a donc pas de garantie d'emploi au sein de l'institution.


Les postes en Suisse et à l'étranger

En Suisse, il n'existe pas d'organisme public offrant des postes de chercheur-e-s statutaires comme c'est le cas dans d'autres pays. Un poste stable au sein d'une Haute école demeure donc la meilleure garantie de poursuivre des activités de recherche pour les personnes qui ne travaillent pas dans des domaines susceptibles d'intéresser le secteur privé ou qui souhaitent travailler dans le secteur public.

Si l'on compare toutefois les parcours individuels des chercheur-e-s à la logique du système académique suisse schématiquement décrite ci-dessus, les exceptions existent et de nombreux/ses chercheur-e-s ont finalement trouvé une certaine stabilité professionnelle de contrat en contrat.

Par ailleurs, si on prend en considération le marché académique mondial, les opportunités sont plus nombreuses. En effet, dans de nombreux pays, les positions en dessous du professorat offrent davantage de stabilité. Un-e candidat-e à une carrière académique en Suisse a donc intérêt à opter pour un poste intermédiaire à l'étranger si elle n'a pas accès à un poste en prétitularisation conditionnelle.
 

Projet de carrière et incertitude

Face à l'incertitude liée au processus de sélection, la carrière académique demande beaucoup de persévérance et d'être prêt-e à prendre un certain nombre de risques professionnels et financiers.

La norme veut également que les chercheur-e-s se profilent rapidement.

Exprimer un projet de carrière est une façon de signaler à son environnement (supérieur-e-s ; etc.) qu'on cherche à mettre en place un « plan » pour minimiser les risques inhérents à la carrière académique.

Face aux incertitudes, connaître les « règles du jeu » et s'engager dans un / des réseaux formels ou informels est également très important pour mettre toutes les chances de son côté et défendre ses droits.