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Prix du développement durable

L’université de Neuchâtel décerne annuellement un prix récompensant les deux meilleurs travaux de master traitant d’une thématique liée au développement durable.

Doté de 2500.- CHF, le prix du développement durable s'adresse aux étudiant-e-s de l'UniNE de toutes les facultés. Il vise les objectifs suivants :

  • susciter une meilleure compréhension de l’application du développement durable dans différents domaines de recherche
  • récompenser l’esprit critique, la pluridisciplinarité ainsi que le choix de thématique d’ordre environnemental et social dans la rédaction des travaux
  • alimenter une bibliothèque de travaux de master de qualité portant sur le développement durable
  • susciter l'intérêt pour des thématiques liées au développement durable lors du choix des thèmes de travaux de master

FAQ

  • Qui peut déposer sa candidature?

    Le prix du développement durable s’adresse aux étudiant-e-s ayant achevé un travail de master l’année précédant la remise du prix. La note du travail de master doit être de minimum 5,5.

  • Quels travaux sont susceptibles d'être distingués?

    Le prix récompense des travaux de master qui se rapportent au développement durable tel qu’il est défini dans le rapport de référence Brundtland. Les travaux doivent faire preuve d’esprit critique, tenir compte du sort des générations futures et intégrer une dimension pluridisciplinaire (au moins deux dimensions du développement durable considérées sur les trois: société - environnement - économie).

    • La définition du développement durable fait référence est celle du rapport Brundtland, soit « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins ». Cette définition sous-entend un équilibre entre les trois piliers : société, environnement et économie, et met en avant la solidarité avec les générations futures et au sein de la génération actuelle.
  • Comment sont sélectionnés les lauréat-e-s?

    Chaque faculté choisit, par l’intermédiaire de son décanat, le meilleur travail selon la procédure de sélection interne dont elle a décidé. Elle transmet le dossier sélectionné à la Commission UniD. La Commission UniD sélectionne les lauréates ou lauréats après avoir auditionné les personnes dont la candidature a été sélectionnée par les facultés.

  • Quand le prix est-il remis?

    Les lauréates ou lauréats se voient attribuer un prix de 2500.- CHF chacun-e lors de la cérémonie annuelle de remise des titres de leur Faculté. Le travail de master est mis en avant sur le site de l’UniNE dans les pages consacrées au développement durable.

Palmarès

En 2021, le Prix académique interdisciplinaire du développement durable de l’Université de Neuchâtel a été attribué à une diplômée du Master en biogéosciences et à un diplômé du Master en droit. Mme Camille Rieder la voie oxalate-carbonate dans une forêt tropicale endémique et son rôle comme puit de carbone. M. Nicola Francescutto a mené une analyse de l'impact de la taxe CO2 sur la demande de combustibles de chauffage chez les propriétaires suisses. 

  • Investigating novel Oxalate-Carbonate Pathways linked to Tropical Dry Evergreen Forest reforestation efforts in Tamil Nadu, India - Camille Rieder (travail de Master réalisé sous la direction du professeur Eric P. Verrecchia, Faculté des sciences)

Le réchauffement climatique par l’accumulation de gaz à effet de serre oblige à trouver des solutions pour leur stockage. La voie oxalate-carbonate (VOC), consistant au stockage du carbone sous forme inorganique, en est une. Ce processus prend place chez les arbres oxalogènes, dont des cristaux d’oxalate relâchés lors de la dégradation de leur matière organique sont consommés par des organismes oxalotrophes. Leur produit métabolique est le bicarbonate, précipitant par sursaturation en carbonate. Ce processus n’ayant jamais été observé dans le sol à ce jour en Asie, ce travail a comme but de rechercher des VOCs dans des arbres endémiques de la Forêt Tropical Sèche Sempervirente (FTTS), disparue à 95%, comme argument à sa reforestation.

Quatre espèces – Lepisanthes tetraphylla, Sapindus emarginatus, Diospyros ebenum, Artocarpus heterophyllus – ont été sélectionnées et analysées avec des méthodes d’analyse du sol (pH, carbonates, minéralogie, composition élémentale, formes du fer et de l’aluminium, isotopie du carbone organique et inorganique, capacité d’échange cationique, CHN), de leur microbiote oxalotrophe (PCR, séquençage) et leur teneur en oxalate (microscopie électronique à balayage, colorimétrie par kit enzymatique). Les analyses ont permis de mettre en avant des preuves de VOCs sur et dans le sol de L. tetraphylla, S. emarginatus et D. ebenum et sur A. heterophyllus. Bien que ce processus n’ait pas pu être quantifié, l’accumulation de carbonates et les quantités non-négligeables d’oxalate dans les espèces considérées sont suffisantes pour assurer que leur contribution aux puits de carbones est sous-estimée dans les modèles actuels. Cette étude est la première qui met en avant la présence d’une VOC prenant place avec des espèces de la FTSS, confirmant l’importance de la reforestation de cette forêt pour la création de puits de carbone inorganique et organique.

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  • Did the carbon tax effectively reduce the demand for heating fuels in the swiss residential sector? Evidence from the SHBS - Nicola Francescutto (travail de Master réalisé sour la direction de Mme. Nicole Mathys, Institut de recherches économiques, Faculté des sciences économiques)

Ce travail étudie l'efficacité de la taxe carbone suisse sur la demande des combustibles de chauffage des propriétaires. Les données de l'enquête suisse sur le budget des ménages de 2006 à 2017 sont utilisées pour estimer les modèles. Les résultats suggèrent un impact négatif significatif de la taxe carbone sur la demande de combustibles de chauffage des propriétaires de maisons au cours de la troisième et de la quatrième période, de respectivement 12 % et 14 % par rapport aux années précédant l'introduction de la taxe. Par ailleurs, aucun effet significatif n'est observé pour les deux premières périodes ainsi que pour les propriétaires d'appartements. Enfin, la semi-élasticité de la demande de combustible de chauffage par rapport à la taxe carbone a été estimée à -1,3% pour les propriétaires de maisons. Par conséquent, les résultats confirment l'efficacité de la taxe sur le CO2 à condition que la taxe soit suffisamment élevée, que les ménages paient directement la taxe et qu'ils soient responsables des décisions concernant le chauffage et l'isolation. 

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En 2020, le Prix académique interdisciplinaire du développement durable de l’Université de Neuchâtel a été attribué à une diplômée du Master en biogéosciences et à un diplômé du Master en droit. Mme Sandrine Fattore a étudié le rôle du lombric dans la stimulation du potentiel de nématodes entomopathogènes en tant qu'agents de lutte biologique contre des insectes ravageurs des cultures. M. Dimitri Paratte a mené une analyse critique de la protection de qualitative de l'eau en droit suisse.

  • Influence du ver de terre endogé Allolobophora icterica sur les interactions ayant lieu dans le sol entre maïs, insecte ravageur des cultures et nématodes entomopathogènes - Sandrine Fattore (travail de Master réalisé sous la direction du professeur Sergio Rasmann, Labo d'écologie fonctionnelle, Faculté des sciences)

La lutte biologique constitue une alternative écologique et durable aux pesticides en mobilisant les prédateurs naturels des ravageurs des cultures. Le potentiel de nématodes entomopathogènes (vers insectivores présents dans le sol) a été démontré contre la chrysomèle des racines du maïs Diabrotica virgifera virgifera, un redoutable ravageur originaire d’Amérique accidentellement introduit en Europe dans les années 1990. Ces nématodes sont attirés par un composé volatile spécifique, le (E)-β-caryophyllene, émis par les racines de la plante lorsque celles-ci sont dévorées par la larve du ravageur. Ce système de défense indirecte du maïs est aujourd’hui bien connu. Pourtant, bien que ces interactions aient lieu sous terre, on ignore si et comment la faune du sol – en l’occurrence les vers de terre – contribue à ces interactions entre plante, insecte herbivore et prédateur insectivore.
Symbole de fertilité du sol, le lombric en constitue l’architecte par excellence en transformant physiquement et chimiquement cet écosystème comme nul autre organisme. Pour comprendre si les lombrics influencent la capacité des nématodes à localiser le ravageur, une première expérience a été réalisée en mésocosmes au Jardin Botanique de Neuchâtel et a révélé que l’efficacité des nématodes était doublée en leur présence. Des expériences ont été ensuite menées en laboratoire afin d’étudier l’impact des vers de terre sur la production de (E)-β-caryophyllene par le maïs et sur la réponse des nématodes au volatile. Il en ressort que la sensibilité des nématodes à ce composé était deux fois plus élevée lorsque les vers de terre avaient travaillé la terre. De plus, l’émission du volatile a été stimulée par le mucus du ver de terre bien que l’attraction des nématodes n’ait pas suivi. L’ensemble des résultats suggère que les vers de terre stimulent le potentiel des nématodes entomopathogènes en tant qu’agents de lutte biologique contre les ravageurs des racines du maïs.

Un article scientifique issu du travail de mémoire de Mme Fattore a été publié dans Scientific Reports (Nature): consulter l'article

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  • L'eau, la pollution et la loi. Une critique de la protection qualitative de l'eau en droit suisse - Dimitri Paratte (travail de Master réalisé sous la direction de la profeseure Valérie Défago Gaudin, Faculté de droit)

L'eau est au centre de nombreux conflits d'usage qui doivent être arbitrés en droit. En Suisse, sa mauvaise qualité est identifiée comme la plus grave menace pour l'approvisionnement en eau. Le régime de la protection qualitative des eaux a profondément évolué: du droit de police discrétionnaire de l'Ancien Régime, la régulation technique des pollutions apporte des réponses sectorielles dès les années 1950, pour aboutir au paradigme actuel de la gestion intégrée des eaux et de la durabilité, vers laquelle l'Etat et les privés doivent tendre.
Le mémoire inventorie d'abord les sources du droit de l'eau et pose ses enjeux environnementaux et institutionnels. La protection des eaux représente un outil de santé publique central et cristallise des enjeux financiers substantiels pour les collectivités publiques. Un aperçu historique des législations sanitaires puis environnementales précède une présentation des dangers liés à des pollutions ponctuelles et diffuses des eaux. Les moyens de cette protection sont ensuite détaillés pour l'eau comme denrée alimentaire, par l'interdiction de produits polluants et la protection environnementale et territoriale. Ces éléments exposés permettent de critiquer les faiblesses légistiques et législatives de la protection qualitative des eaux et de rappeler les principes qu'il est possible d'utiliser pour une protection durable des eaux.
La discussion met en exergue l'importance de principes constitutionnels de la durabilité, de la précaution, de la prévention et de l'évaluation globale des atteintes comme outils concrets utilisables par les praticiennes et praticiens. La confusion entre les instruments du calcul des risques et ceux de la pesée des intérêts y est dénoncée: La technicisation des choix est inadéquate à prévenir des dangers qui menacent l'eau potable et la santé publique. Finalement, les législations devraient être plus uniformes et denses pour protéger de façon intégrée la santé publique et les biens environnementaux.

Le Prix académique interdisciplinaire du développement durable 2019 de l’Université de Neuchâtel a été attribué aux travaux de master de deux étudiantes, l’une en géographie humaine, l’autre en droit.  Jeanne Pittet a été primée pour son travail sur la diversité des facteurs qui jouent un rôle dans la prise de décision d'agriculteurs Burkinabés à adopter un mode d'agriculture durable ou conventionnel. Mattea Saliba a été primée pour son travail sur les effets que la submersion de l'intégralité d'un territoire étatique, conséquence possible de l'élévation du niveau des océans, aurait sur sa qualité d'Etat. 

Passer à une agriculture durable ou rester à une agriculture conventionnelle ? Les perceptions des agriculteurs Burkinabés des communes de Laye et de Zitenga - Jeanne Pittet

A travers l'analyse de témoignages d’agriculteurs Burkinabés des communes de Laye et de Zitenga, ainsi que d’experts dans le domaine de l’agriculture, ce mémoire a comme objectif de répondre à la question suivante : Quels sont les facteurs qui poussent les agriculteurs Burkinabés des communes de Zitenga et de Laye à adopter ou à rejeter une agriculture durable face à l’agriculture conventionnelle ? Premièrement, il s'agit de déterminer si le statut socio-économique joue un rôle. Dans un deuxième temps, l'objectif est de comprendre si les associations peuvent être vues comme des réseaux facilitant l’adoption d’une méthode durable, ainsi que de mesurer l’incidence des facteurs éducatifs sur les changements de paradigme d'agriculture, de la distance entre l’habitat des agriculteurs et les centres urbains et des difficultés liées à la facilité de la transition de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture durable. Les analyses montrent que les attitudes des agriculteurs sont influencées par une multitude de facteurs, comme par exemple leurs préoccupations quant à la sécurité alimentaire, la durabilité du sol, la rentabilité des deux méthodes, l’accès à l’information concernant les techniques d’agriculture, le changement climatique ou encore les impacts de l’utilisation de produits chimiques sur la santé.

photo-jeanne-pittet.jpg (Photo Jeanne Pittet.jpg)Un garde-manger à Komnogo, commune de Zitenga, Jeanne Pittet 10.02.18

La submersion des Etats insultaires - Les conséquences de la perte du territoire sur la qualité d'Etat - Mattea Saliba

Conséquence du changement climatique, l'élévation du niveau des océans menace les Etats insulaires de faible élévation, qui courent le risque de voir leur territoire disparaître sous les eaux. Ce travail de recherche porte sur les effets que la submersion de l'intégralité du territoire étatique aurait sur la qualité d'État. Cette dernière est importante car elle implique, pour les entités concernées et leurs populations, divers enjeux de nature sociale, culturelle, économique, politique et juridique. Le travail a pour objectif principal d'examiner si un État pourrait survivre à la submersion intégrale de son territoire, ou s'il perdrait automatiquement sa "statehood". Au vu de la prééminence du territoire au sein des éléments constitutifs, il est difficilement envisageable qu'un État puisse exister effectivement sans un territoire. Par ailleurs, une continuation de l'existence juridique d'un Etat dont le territoire est submergé ne peut pas se fonder sur la doctrine de non-reconnaissance, qui ne trouve pas application en l'espèce. Cela étant, l'État insulaire ne disparaîtra pourtant pas du jour au lendemain. Le droit international maintiendra artificiellement son existence jusqu'à ce que le processus d'extinction soit paisiblement mené à terme.

Le Prix académique interdisciplinaire du développement durable 2018 de l’Université de Neuchâtel a été attribué aux travaux de master de deux étudiants, l’un en droit, l’autre en sciences économiques. Josua Robert-Nicoud a été primé pour son travail sur la protection des hauts-marais en droit suisse. Dans son travail, il examine les menaces auxquelles font face les biotopes marécageux suisses, présente les bases légales en matière de protection de ces biotopes et analyse de manière critique les dispositions mises en oeuvre par les cantons. Nathan Delacrétaz a été primé pour son travail sur l’impact des pics de trafic autoroutier sur l’occurrence d’hospitalisations pour des problèmes respiratoires et cardiovasculaires des personnes habitant près des autoroutes. Les résultats de ses analyses suggèrent que les pics d'utilisation des axes autoroutiers engendrent un coût non négligeable sur la santé des habitant-e-s.

La protection des hauts-marais en droit suisse - 30 ans après l'initiative de Rothenthurm, nos tourbières sont-elles toujours en danger? - Josua Robert-Nicoud

Biotopes complexes, fragiles et tributaires de conditions d'existence spécifiques, les hauts-¬marais sont mis en danger par l'assèchement et l'eutrophisation et subissent des pressions croissantes, notamment à cause du changement climatique et de diverses activités humaines. Les tourbières méritent pourtant d'être protégées au vu des nombreux arguments justifiant leur sauvegarde, en particulier par rapport à leur rôle de puits de carbone. En effet, au niveau mondial celles-ci ne représentent qu’une petite partie des surfaces émergées (entre 3 et 5%) mais contiennent 500 milliards de tonnes de carbone. Cela correspond à 67% du carbone présent dans l’atmosphère et 30% du carbone organique des sols. La préservation de la biodiversité est une autre raison importante justifiant leur mise sous protection, les hauts-marais abritant de nombreuses espèces animales et végétales endémiques.

Le cadre légal de la protection des hauts-marais en Suisse est un enchevêtrement compliqué de bases légales qui leur assure une protection stricte. L'alinéa constitutionnel topique, adopté avec l'initiative dite « de Rothenthurm », constitue le point de départ de la réflexion. La protection spéciale, par le biais d'un inventaire fédéral, est efficace. Divers autres domaines du droit viennent compléter ce régime ou offrir des instruments juridiques d'exécution, contribuant à constituer une charpente solide ne souffrant que de légères imperfections.

Concernant la mise en oeuvre, l’étude révèle que la Confédération a prévu des dispositions d'exécution utiles et cohérentes eu égard aux dangers et menaces pesant actuellement sur les tourbières. C'est au niveau de l'exécution par les autorités cantonales que réside la principale faiblesse de la protection, ainsi que l'ont révélé les divers rapports et suivis au fil du temps. Des moyens financiers et humains, une information de qualité et du courage politique seront les ingrédients nécessaires pour aller en direction d'une meilleure protection.

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Quantifier l'impact des pics de trafic autoroutier sur la santé respiratoire et cardiovasculaire ​- Nathan Delacrétaz

Au cours de cette dernière décennie, un nombre croissant d'études empiriques ont démontré qu’une dégradation de la qualité de l'air, entre autres due aux émissions de véhicules à moteur à combustion, engendre des coûts induits par des externalités sur la société, notamment un accroissement de la morbidité. Alors que l'augmentation du trafic autoroutier nécessite des investissements pour agrandir le réseau, il semble pertinent d'analyser si les émissions dues au trafic ont un impact sur la santé de la population résident à proximité de ces infrastructures. Dans ce mémoire, j'estime l'impact des pics de trafics autoroutiers sur l'occurrence d'hospitalisations des habitants de zones alentours en lien avec des pathologies respiratoires et cardiovasculaires. Pour ce faire, trois bases de données horaires couvrant l'année 2016 et concernant la zone géographique entre entre Bâle, Berne et Zurich sont mobilisées. La première considère le nombre d'hospitalisations horaires en urgence par zone de résidence pour des diagnostics  de problèmes cardiovasculaires et respiratoires. La seconde est le compte du nombre de véhicules par heure utilisant les axes autoroutiers. La dernière permet de déterminer les conditions météorologiques. Sur la base de ces données, je développe un modèle statistique permettant de quantifier l'impact des pics de circulations au cours de 12 heures précédentes. Mes résultats principaux suggèrent qu'une heure additionnelle de trafic aux niveaux les plus élevés augmente les hospitalisations de 10% par rapport à la moyenne horaire. Ces résultats permettent ainsi de constater qu'il existe un coût sur la santé engendré par une grande utilisation des axes autoroutiers. Cette analyse pourrait contribuer à informer les décisions relatives au développement d'infrastructures pour le transport, et ainsi augmenter la base des coûts et bénéfices considérés pour le développement de tels projets.​

Le Prix académique interdisciplinaire du développement durable 2017 de l’Université de Neuchâtel a été attribué aux travaux de master de deux étudiants, l’un en sciences, l’autre en sciences économiques. Antoine Giovannini a étudié la problématique de la biodiversité par le biais d’un indicateur original : la présence d’araignées dans les vergers. Laurent Ott, lui, s’est penché sur la taxe CO2 pour en questionner l’efficacité dans la lutte contre l’émission de gaz à effet de serre.
 
  • Des araignées indicatrices de bonnes pratiques agricoles

Face à la perte de la biodiversité et à la dégradation de l'environnement et du paysage, la politique agricole nationale favorise des actions de la part des agriculteurs afin de minimiser ces effets négatifs. La démarche d’Antoine Giovannini s’inscrit dans ce contexte. L’objectif de son travail de master était de développer un outil d’analyse capable de mesurer de manière pertinente si un verger est plus ou moins favorable à la biodiversité et aux fonctions écologiques qui y sont liées.

Il s’est ainsi intéressé aux communautés d’araignées dans 15 vergers de Suisse romande. Les araignées reflètent en effet de nombreux aspects de l'écosystème dans lequel elles se trouvent : étant prédatrices, elles dépendent de la présence de nombreuses autres espèces. En particulier, comme de nombreuses espèces d’arthropode utiles, elles ont besoin d'une végétation et d'un milieu d'une certaine qualité structurelle afin de pouvoir exercer leur méthode de chasse, que ce soit par l'intermédiaire de toiles ou de chasse active.

Il ressort de son étude que, d’un point de vue biologique, les communautés d’araignées représentent un indicateur pertinent pour décrire les typologies de vergers les plus efficaces pour abriter une biodiversité utile. L’étude a intégré une réflexion sur la perception de ce nouvel indicateur par les agriculteurs et sur la possibilité d’utiliser la présence de ces espèces d'araignées typiques dans les vergers comme objectif à atteindre pour les agriculteurs afin de recevoir des paiements directs en complément des actions précises à exécuter (taux de fumure limité, jachère obligatoire sur certaines parcelles etc.).
 
  • La taxe CO2: un outil efficace ?

Les changements climatiques causés par les émissions de gaz à effet de serre sont une menace majeure pour notre planète. En Suisse, la taxe CO2 est un des principaux instruments mis en place par les pouvoirs publics pour contrer cette menace. Cette taxe est prélevée sur les combustibles fossiles tels le mazout et le gaz naturel lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés comme carburants. Elle devrait d’une part encourager les individus à réduire leur consommation de ces combustibles et d’autre part les inciter à prendre des mesures pour augmenter l’efficacité énergétique de leur logement et/ou de leur chauffage.

En 2016, cette taxe a passé de CHF 60.- à CHF 84.- par tonne de CO2 car le taux d’émission ciblé par le Conseil fédéral pour 2015 n’avait pas été atteint. Dans son travail de master, Laurent Ott démontre que cette augmentation de la taxe n’a eu aucun des effets espérés dans le court terme : la consommation de combustibles fossiles des ménages suisses pour le chauffage n’a pas diminué et rien n’indique une propension plus élevée à investir dans l’efficacité énergétique en 2016. Ce mémoire remet donc en cause la pertinence de cette taxe. Une conclusion qui interpelle à l’heure où les pouvoirs publics annoncent une nouvelle augmentation de la taxe CO2 pour 2018.

​Le Prix académique interdisciplinaire du développement durable 2016 de l’Université de Neuchâtel a été attribué aux travaux de master de deux étudiantes, l’une en droit, l’autre en sciences économiques. ​Sophie Piquerez a analysé la problématique éolienne en Suisse, et en particulier dans le canton de Neuchâtel. Cécile Hediger a étudié la participation des agriculteurs à Extenso, une subvention visant à réduire les pesticides. Leurs travaux éclairent ces problématiques sous un angle nouveau. 

La problématique éolienne en Suisse et particulièrement dans le canton de Neuchâtel 

Piquerez_Sophie_2016.jpgPourquoi est-il si difficile d’implanter des éoliennes en Suisse alors que la nécessité d’opter pour des énergies renouvelables est devenue une évidence pour tout le monde ? Une partie de l’explication se trouve dans le fait que l’implantation d’éoliennes soulève une multitude de questions juridiques, politiques, économiques et environnementales. Des questions que Sophie Piquerez examine à la loupe dans son travail de master divisé en trois chapitres. Le premier est consacré à la politique fédérale adoptée dans le domaine des énergies renouvelables et particulièrement de l’énergie éolienne. Le second dissèque la complexité juridique de la problématique avec une foule de normes en vigueur, souvent contradictoires, notamment en matière d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement. Enfin, le dernier chapitre se penche sur la situation dans le canton de Neuchâtel.

Subvention Extenso : introduire la notion de coût d’opportunité 

Hediger_Cecile_2016.jpgChaque année plus, d’un demi-milliard de francs est utilisé en politique agricole pour les «paiements directs écologiques». Mais les résultats sont décevants : la pollution des rivières et nappes phréatiques n’a pas diminué, la biodiversité ne s’est pas améliorée et les émissions de nitrogène ont augmenté. Extenso est une subvention faisant partie de ces paiements écologiques. Malheureusement le niveau de participation stagne pour les céréales et décroît pour le colza. Pourquoi ? Pour Cécile Hediger, c’est parce que les agriculteurs ne participent à ce programme que si la subvention est assez élevée pour compenser leurs pertes, à savoir, ce qu’ils auraient gagné sans participer à Extenso. En économie, ces revenus perdus représentent leur coût d’opportunité. Ce facteur, très peu pris en compte dans la littérature, apparaît pourtant comme essentiel. Dans son travail, elle montre que les participants à Extenso sont les agriculteurs qui y perdent le moins, c’est-à-dire ceux qui avaient un rendement plutôt faible et qui utilisaient déjà moins de pesticides que la moyenne avant d’entrer dans Extenso. Par contre, les agriculteurs qui cultivent le plus intensément (avec plus de pesticide) sont ceux qui participent le moins à de telles mesures. Elle en conclut qu’il faudrait instaurer des subventions basées sur les rendements potentiels pour augmenter la participation et l’efficacité de ces mesures.

Le prix académique interdisciplinaire du développement durable 2015 a primé un travail de Master de l’UniNE issu de la Faculté des lettres et sciences humaines. Laure Sandoz, dont le mémoire a été sélectionné par sa faculté puis par le Comité consultatif UniD, s’est vue attribuer le prix doté d’une valeur de 2500.- CHF pour son mémoire intitulé​ Aux frontières du développement : Réappropriations locales d'un projet de reforestation et d'agroforesterie dans un contexte de colonisation agraire, dirigé par la professeure Marion Fresia.

A partir d’un projet de reforestation et d'agroforesterie en Bolivie tropicale, l’auteure s’est penchée sur les questions de droits fonciers et de construction de frontières dans un contexte fortement marqué par des programmes de colonisation agraire. En se concentrant sur les stratégies développées par certains « entrepreneurs de la frontière » pour stabiliser un ensemble de population à l'intérieur d'un espace qu'ils souhaitent s'approprier, ce travail discute les enjeux juridiques, politiques, sociaux, mais aussi économiques et psychologiques sous-jacents à la mobilisation d’individus et à la construction de groupes. Il rend également attentif à l’incessant travail de négociation, d'adaptation et de ré-élaboration que nécessite la mise en place d'un projet de développement, montrant ainsi qu’un projet peut facilement se transformer en plusieurs projets servant des intérêts différents de ses objectifs initiaux.

Le prix du développement durable 2014 a récompensé les travaux de Mathilde Hofer (FLSH) et de Matthieu Aubert (FSE).

  • Produits et services d'alpage de l'Arc jurassien. Analyse de la demande et de ses déterminants dans l'hôtellerie-gastronomie et le tourisme, mémoire de Mathilde Hofer, sous la supervision du professeur Laurent Matthey

Hofer_Mathilde_2017.jpgL’objectif de ce mémoire, qui s’inscrit dans le cadre du programme de recherche AlpFUTUR, était de mettre en lumière les déterminants de l’offre et de la demande en produits et services d’alpage de l’Arc jurassien dans l’hôtellerie-gastronomie et le tourisme. Au travers des résultats, Mathilde Hofer met en avant la dualité de la valorisation de ces produits et services qui seraient favorables à un développement durable de l’agriculture d’alpage, mais se heurtent à des limites telles que l’investissement financier et humain important et à des capacités de production limitées.

Télécharger le mémoire de Mathilde Hofer

  • Impact d'une exigence légale environnementale sur l'innovation: le cas des gros consommateurs neuchâtelois, mémoire de Matthieu Aubert, sous la supervision des professeurs Alain Schoenenberger et David Maradan​

Aubert_Matthieu_2015.jpgCe travail confronte une hypothèse économique dite de Porter, stipulant que les entreprises peuvent acquérir un avantage compétitif lors de l’instauration d’une réglementation environnementale, au cas des entreprises neuchâteloises soumises à la taxe sur les gros consommateurs. Il met en évidence que dans le cas neuchâtelois, l’exigence légale en soi n’a permis d’apporter aucun avantage compétitif, mais que les entreprises ont spontanément entrepris de réduire leur consommation énergétique principalement pour des raisons de rentabilité et d’image.

Télécharger le mémoire de Matthieu Aubert

 

Candidature Prix 2021

Délai de remise des dossiers:
30 septembre 2021
 

Pièces du dossier à fournir:

  • Formulaire de candidature complété
  • Travail de Master validé