La Redoute des Bourguignons (La Grande Béroche) : projet de fouille-école

En 2024, la Chaire d’archéologie pré- et protohistorique de l’Université de Neuchâtel dirigée par le professeur Matthieu Honegger a mis sur pied un nouveau projet de fouilles-école sur le site de la Redoute des Bourguignons, qui domine le village de Vaumarcus depuis une terrasse naturelle située près du village de Vernéaz, sur la commune de la Grande-Béroche. Le premier objectif de cette opération était d’offrir aux étudiant.e.s en archéologie la possibilité de se former au travail de terrain au sein de leur canton, dans le cadre d’un partenariat privilégié avec les acteurs régionaux de l’archéologie et notamment Office d’archéologie cantonale (OARC). Par ailleurs, cette entreprise visait à renouveler notre compréhension d’un site encore largement mal connu, malgré son allure imposante et les recherches antérieures dont il a fait l’objet. Suite au succès de la campagne de 2024, la décision a été prise de poursuivre le projet durant l’été 2025 sous la direction opérationnelle de Théophile Burnat, assistant-doctorant auprès de l’Institut d’archéologie et secondé par ses collègues Léa Flückiger et Thérèse Monnard.

La Redoute des Bourguignons, bien connue des habitant.e.s de la région, est constituée d’une imposante levée de terre quadrangulaire – un rempart autrement dit, bordé d’un fossé extérieur et délimitant un espace fermé d’environ 1’400 m2 dont la fonction exacte résiste encore aux enquêtes des spécialistes. Comme son nom l’indique, le savoir vernaculaire associe traditionnellement cet édifice à la fameuse bataille de Grandson qui opposa en 1476 les Bourguignons aux Confédérés suisses dans le contexte des Guerres de Bourgogne. C’était tout du moins l’hypothèse dominante avant les premières fouilles menées sur le site entre 1991 et 1995 par le Séminaire de préhistoire de l’Université de Neuchâtel sous la direction de Valentin Rychner et Alain Benkert. En effet, si les traces fugaces d’une fréquentation médiévale ont bien été attestées à cette occasion, les recherches des années 1990 ont surtout mis en avant l’ancienneté insoupçonnée du site ! Entre trous de poteaux, restes de foyers, monnaies celtiques et autres céramiques préhistoriques mises au jour suggèrent que le site était occupé des siècles avant les Guerres de Bourgogne, et probablement à de multiples reprises. Pourtant, ces découvertes importantes n’ont pas pu être associées directement à l’ouvrage bâti marquant le territoire et sa datation n’a pas encore été formellement établie.

Plus de trente ans après les premières investigations scientifiques, les fouilles-école de l’Institut pourraient bien bouleverser notre compréhension du monument, qui n’a certainement pas livré tous ses secrets. Ce sera à l’étudiante Sophie Caravellas de l’établir dans le cadre de son Mémoire de Master consacré à l’élaboration et l’analyse des derniers résultats, qui seront donc bientôt disponibles. Du premier coup de truelle à la cartographie numérique des trouvailles, ce projet offre aux étudiant.e.s neuchâtelois.e.s l’occasion d’écrire par eux-mêmes une nouvelle page de l’histoire régionale !

Relevé Lidar de la levée de terre de la Redoute des Bourguignons avec le plan des interventions archéologique entre 1995 et 2025.

Fouille du fossé extérieur.

Fouille de la levée de terre avec son empierrement pris en son centre.