Nadja Capus

Biography

Nadja Capus est professeure ordinaire à l’Université de Neuchâtel depuis 2016. Son expertise englobe le droit pénal, la procédure pénale et la criminologie.

Avant de rejoindre la Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel, Nadja Capus a été professeure boursière du Fonds National Suisse à l’Université de Bâle (2011–2017), après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Berne (2001) et son habilitation à l’Université de Bâle (2010).

Ses projets de recherche en droit pénal et en criminologie ont été financés par le Fonds National Suisse et l’Union européenne. Nadja Capus est lauréate d’une bourse Marie Curie Fellow (2007–2009) et d’une European Consolidator Grant (2020–2026). Elle a été chercheuse invitée à l’Institut Max Planck de droit pénal international et de criminologie en Allemagne ainsi qu’à la Chaire des études juridiques comparatives et de l’internationalisation du droit de la professeure Mireille Delmas-Marty au Collège de France.

Anciennes fonctions et mandats :

  • Présidente de la Commission pour l’intégrité scientifique du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique (FNS) (2017–2021 ; 2021–2025)
  • Membre de la direction de l’Académie suisse de la magistrature et responsable de module (2016-2026)

Research

 

Dès 2005

Recherche sur la persécution systématique des Yéniches et Manouches/Sintés en Suisse au XXe siècle (perspectives juridique et criminologique)

Depuis 2005, Nadja Capus consacre un axe de ses travaux à la persécution systématique des Yéniches et des Manouches/Sintés en Suisse au XXe siècle, qu'elle analyse sous l'angle du droit pénal suisse, du droit pénal international ainsi que de la criminologie. Il s'agit de recherches portant sur les questions de prescription et d'imprescriptibilité de l'action pénale en droit suisse, sur la qualification juridique des actes en tant que génocide, ainsi que sur l'absence de travail de reconstruction des faits et de mémoire.

À ces travaux scientifiques s'ajoute un engagement public. À la suite de la reconnaissance de cette persécution comme crime contre l'humanité par le Conseil fédéral en février 2025, Nadja Capus a initié, avec l'historienne Dr Sara Galle, une lettre ouverte adressée au Conseil fédéral, à l'Assemblée fédérale et à la Conférence des gouvernements cantonaux, publiée le 11 mai 2026 conjointement avec dix autres chercheuses et chercheurs spécialistes de cette persécution. Cette démarche plaide pour une reconstruction et une évaluation interdisciplinaires, complètes et indépendantes de ces faits, à la hauteur de leur gravité : lettre ouverte (français) / offener Brief (allemand).

 

2025-2029

Aqua-criminalité – un fléau impuni
Water Crimes – Unpunished Wrongdoing
Wasserkriminalität – ein ungeahndetes Unrecht

Un projet de recherche explorant les abysses de la justice pénale.
Financé par le Fonds national suisse (projet n° 10003656), pour une durée de 48 mois (09/2025 – 08/2029).

Résumé

L’aqua-criminalité, à savoir les actes illicites compromettant la qualité ou la disponibilité des ressources en eau et relevant de la sanction pénale, suscite une attention croissante au sein de l’espace public. Dans le contexte du changement climatique et de l’augmentation de la demande mondiale en eau, cette ressource devient un enjeu central des conflits sociaux. En conséquence, les appels en faveur d’une protection pénale renforcée se multiplient. La pratique judiciaire en matière d’infractions liées à l’eau reste toutefois nettement en deçà des attentes sociales. Cette situation engendre non seulement des répercussions écologiques et sociales majeures, mais érode également la confiance dans la capacité de l’État de droit à assurer une protection efficace des conditions fondamentales de la vie.

Ce projet de recherche, financé par le Fonds national suisse (FNS) et mené à la Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel, examine cette problématique dans une perspective interdisciplinaire : juridique, socio-juridique et criminologique. L’accent est mis sur les questions relatives au fonctionnement et aux capacités de la poursuite pénale, ainsi qu’à la portée et à la pertinence des normes pénales en vigueur, sur les pratiques sociales relatives à la protection des eaux consacrée par le droit, ainsi que sur les facteurs situationnels favorisant la délinquance en matière d’eau. Le projet combine ainsi une analyse dogmatique avec une étude socio-juridique de la mise en œuvre du contrôle pénal, en interrogeant les conditions dans lesquelles le droit pénal peut effectivement déployer sa fonction de protection dans ce domaine.

 

2020-2025

La refonte du droit pénal anticorruption – Stratégies et conséquences (RevACLaw)
Revamping Anticorruption Criminal Law – Strategies and Consequences (RevACLaw)

Une nouvelle approche du droit pénal anticorruption.
Ce projet a reçu un financement du Conseil européen de la recherche (CER) au titre du Programme de recherche et d'innovation Horizon 2020 (Convention de subvention n° 864498; budget: € 1.952.689).

Résumé

La corruption transnationale des entreprises représente une activité criminelle en hausse et un sérieux enjeu pour les responsables de l’application de la loi. Depuis 2000, les normes anticorruption se sont multipliées, ce qui a conduit à des procédures pénales plurijuridictionnelles du fait de la refonte du droit pénal matériel, du droit pénal procédural et de l’entraide judiciaire en matière pénale. Dans ce cadre, un modèle hybride de justice pénale des entreprises a fait son apparition, aboutissant à une forme non transparente et exclusive de justice pénale. Le projet RevACLaw, financé par l’UE, aspire à fournir un schéma conceptuel inclusif pour l’étude des stratégies de refonte aboutissant au modèle hybride de justice pénale des entreprises et à évaluer les impacts d’un tel modèle. Le projet se concentrera sur les États‑Unis, la France, la Suisse et le Royaume‑Uni, en employant une méthode interdisciplinaire innovante.

 

2019 - 2022

Mise sous écoute : le rôle fondamental des interprètes dans les enquêtes pénales

Intercepter avec des interprètes.
Projet FNS 100011_184896. Durée et Fonds de tiers approuvés : Trois ans - 771'714 CHF

Résumé

L'interception des communications peut constituer un élément essentiel des enquêtes pénales. L'objectif est de transformer les extraits pertinents des communications interceptées en moyen de preuve en vue de confirmer ou infirmer des soupçons d’infractions ou de pouvoir en tirer des indications utiles en vue d’actes de procédures ultérieurs.

Or, cette mesure de surveillance secrète - techniquement possible et très chère - n'est utile que si le contenu des conversations est, pour les policiers, procureurs et juge, rendu accessible et compréhensible par les interprètes. Par conséquent, la justice pénale dépend entièrement de la bonne performance des interprètes. Les interprètes construisent la base pour les interrogatoires ultérieurs et les décisions du ministère public de prendre ou non d'autres mesures coercitives, de diriger l’investigation dans une autre direction ou de poursuivre dans la voie qui a été choisie.

La jurisprudence suisse, la doctrine ainsi que le Code de procédure pénale négligent, voire ignorent, jusqu'à présent le rôle particulier et puissant de ces interprètes, dont les activités sont très différentes de celles des interprètes appelés à intervenir au cours d’une audience devant un tribunal ou dans le cadre d’un interrogatoire mené par la police. La recherche scientifique a, quant à elle, plutôt ciblé le rôle des interprètes dans les salles d'audience, probablement parce que ce genre d'activité, en général publique, est plus facilement accessible pour les chercheurs.

Cependant, les interprètes qui interviennent dans le cadre de l'interception de communications privées font face à d'autres défis et doivent posséder d'autres qualités et compétences que les interprètes de salle d'audience, notamment des compétences linguistiques spéciales comme la maitrise des dialectes, la reconnaissance vocale, un flair criminalistique, ou encore des connaissances d’« insider ». Les interprètes écoutent, sélectionnent des extraits, interprètent et transcrivent. Ils contribuent de façon importante à l'inévitable processus "d'entextualisation", c'est-à-dire à la façon dont certaines parties des conversations interceptées sont considérées comme incriminantes et érigées en moyen de preuve.

Sous la direction de la Professeure Nadja Capus, chercheuse (socio-)juridique à la Faculté de Droit de l'Université de Neuchâtel, le projet "Intercepter avec des interprètes" transforme cette activité au sein des enquêtes pénales en un objet de recherche interdisciplinaire. 

 

2011-2017

La procédure pénale en évolution: L'administration indirecte des preuves et procès-verbaux

La procédure pénale est en pleine transformation. L’uniformisation du droit de la procédure pénale en Suisse mène à d'importantes innovations visées à renforcer les droits de la défense ainsi que les formes de procédure orientés vers l’efficacité.

Cette transformation est analysée par l'équipe de Prof. Nadja Capus dans le cadre du projet du FNS "La procédure pénale en évolution: L'administration indirecte des preuves et procès-verbaux". Cette recherche focalise sur la pratique de l'administration des preuves et le rôle de plus en plus important des procès-verbaux des auditions.

Teaching

  • Droit pénal spécial (Bachelor)
  • Droit pénal économique (Master)
  • Droit pénal administratif (Master)
  • Droit de la procédure pénale (Master, conjointement avec Prof. Kuhn)
  • Séminaire thématique en matière droit pénal (Master, conjointement avec Prof. Kuhn)

Publications