4 septembre 26

La primatologie à l’honneur à Neuchâtel

Communiqué de presse

Des primatologues de Lyon, Zurich et Neuchâtel se réuniront du 9 au 11 septembre au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel. Coorganisé par cette institution et l’Université de Neuchâtel, ce colloque constituera le volet scientifique de l’exposition PRIMATES visible au Muséum jusqu’au 20 septembre. 

A l’Université de Neuchâtel (UniNE), le Laboratoire de cognition comparée dirigé par Klaus Zuberbühler s’est depuis plusieurs décennies spécialisé dans l’origine biologique du langage, un domaine dont les primates sont des protagonistes de choix. Durant le colloque de trois jours, quatre recherches de l’UniNE seront présentées à ce sujet. 

Acoustique et vocalisations

La première concerne l’influence du braconnage sur les singes vivant dans la forêt tropicale du parc national de Taï, en Côte d’Ivoire. Pour l’étudier, Bastien Gosse s’est appuyé sur un réseau de suivi acoustique passif, via des enregistreurs de bruit dissimulés dans la nature, afin de comparer des zones soumises à différentes pressions de braconnage. Le chercheur a analysé à la fois les paysages sonores de la forêt et les vocalisations de plusieurs espèces de primates. 

La deuxième présentation a trait aux vocalisations des primates non humains, qui, contrairement à notre espèce, disposent de peu de contrôle volontaire sur leur production vocale. Ils sont donc limités à des signaux de communication relativement rigides. Léo Perrier se demande quelles parties des vocalisations des primates ont été les plus susceptibles de se diversifier au cours de l’évolution, de manière à permettre l’émergence de la parole.

Ecran tactile

Quant à Sarah Brocard, elle s’est intéressée à la perception d’événements mettant en scène deux protagonistes qui interagissent entre eux ou avec un objet. Les sujets, singes ou humains, à qui on montrait ces scènes en vidéo, devaient désigner sur un écran tactile les différents éléments de l’événement dans l’ordre de leur choix. L’idée est de voir s’il existe un ordre universel, quelles que soient les espèces, dans lequel les différents éléments de la scène sont représentés.

La dernière présentation s’intéresse aux heures nocturnes de la vie des chimpanzés, au moment où ils regagnent leurs nids perchés sur des arbres. Noémie Freymond relatera avoir observé différents comportements sociaux et sexuels, des résultats qui montrent que la nuit joue un rôle important, longtemps négligé, dans la vie des chimpanzés.

Ces quatre travaux s’inscrivent dans le NCCR Evolving Language, un pôle de recherche national dont la codirection est assurée par les universités de Genève, de Zurich et de Neuchâtel.

 

Des événements grand public

Le grand public est aussi invité à assister à trois conférences qui lui sont destinées et qui clôturent l’exposition PRIMATES.

Mercredi 9 septembre à 18h30, le primatologue américain, Robert Seyfarth, présentera en anglais ses travaux sur les comportements sociaux des grands singes.

Jeudi 10 septembre à 18h30, Sabrina Krief, du Muséum de Paris, parlera en français de l’automédication chez les primates.

Mercredi 16 septembre à 12h30, Emilie Genty, de l’Université de Neuchâtel, abordera la question de la gestuelle des grands singes et des origines du langage humain. Une conférence spécialement destinée aux familles.