Dans sa thèse de doctorat, Diane Liberatore, chercheuse en sciences du langage, s’intéresse aux conceptions quotidiennes de la mauvaise foi. Basé sur le contenu de deux forums de discussions en ligne, son travail vise à comprendre pourquoi la mauvaise foi est si difficile à cerner dans la recherche en sciences du langage.
La mauvaise foi prend des formes diverses dans l’usage commun. L’analyse de Diane Liberatore se base sur deux forums de discussion en ligne, le Forum Sceptique et Madmoizelle. La chercheuse en a tiré un corpus de 255 accusations de mauvaise foi, aboutissant ainsi à 30 catégories de comportements-types considérés comme étant «de mauvaise foi», par exemple nier une réalité factuelle, déformer les propos d’un-e opposant-e, ou dire quelque chose hors sujet.
Pas de définition appropriée
De son côté, la recherche académique peine à tracer les contours de cette notion. À l’inverse du mensonge et de l’ironie, peu de définitions savantes de la mauvaise foi existent. La chercheuse montre que la recherche en linguistique tend à la définir dans des domaines distincts – éthique, rhétorique ou argumentaire. Mais une définition scientifique appropriée nécessiterait de recouvrir l’ensemble des compréhensions que l’on a de la mauvaise foi dans l’usage.
Interview de Diane Liberatore, doctorante, Faculté des lettres et sciences humaines
Explications de Diane Liberatore, doctorante, Faculté des lettres et sciences humaines