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Défense des plantes : la blessure, gage de survie

communiqué de presse du 25 août 2009

La plupart des signaux chimiques de défense contre les insectes sont déclenchés par une blessure initiale, lorsque l'herbivore commence à croquer la plante. La capacité des végétaux à reconnaître les dommages de ses cellules génère toute une batterie de molécules qui vont assurer une contre-attaque, qu'elle soit directe ou indirecte. Certaines substances permettent même aux plantes voisines d'être averties de la présence d'un danger.

« Une attaque d'insectes herbivores déclenche les défenses de la plante, mais bien des voies par lesquelles les végétaux transmettent cette réponse restent encore à découvrir», indique Martin Heil, chercheur à l'Institut national polytechnique du Mexique (CINVESTAV). «J'y vois cependant un principe général reposant sur la capacité de la plante à percevoir la destruction de ses cellules (appelée damaged-self recognition), et à réagir en émettant les signaux chimique adéquats». La plupart des molécules qui vont induire une réaction de défense - des précurseurs - sont constitués de composants résultant de la destruction des cellules de la plante. Du même coup, la plante s'assure le contrôle de ses relations avec les insectes herbivores, même au cours de l'évolution. C'est, d'après Martin Heil, le monde végétal qui domine ces interactions.

La formidable réactivité des végétaux face aux attaques des insectes est également illustrée par Yasuyuki Choh, du Centre de recherche écologique à l'Université de Kyoto (Japon). Les chercheurs nippons travaillent sur l'analyse de molécules odorantes perçues comme des signaux d'avertissement pour des plantes voisines. Ils ont pris pour sujet des plants de haricot de Lima, connu pour servir de pâture à la chenille Spodoptera litura et à l'acarien jaune Tetranychus urticae.

Pour tester l'avertissement odorant de plante à plante, l'équipe du professeur Junji Takabayashi s'est servie de choux infestés soit par l'un de ces deux ravageurs, soit encore par la teigne des crucifères (Plutella xylostella), qui, elle, ne figure pas parmi les ennemis du haricot. En fin de compte, le haricot de Lima n'a réagi qu'au signal dû à l'attaque de T. urticae. Si le fait de rester sans réaction face à P. xylostella paraît logique, les chercheurs s'attendaient à ce que le haricot augmente ses défenses aussi face aux molécules générées par l'attaque de S. litura. L'explication tient au fait que T. urticae passe plus facilement du chou vers le haricot que S. litura. Ainsi, le haricot de Lima semble bel et bien parer au plus pressé. Cette expérience démontre une performance étonnante de la plante, à savoir la capacité d'évaluer le degré de menace d'un danger potentiel. Et de mettre en action ou non ses propres défenses.

conferences schedule


25.08.09 / 11h30 - 11h45
Martin Heil
Damaged-self Recognition in Plant Anti-Herbivore Defence

27.08.09 / 17h00 - 17h15
Yasuyuki Choh
Do Plants Distinguish Herbivores on Neighboring Plants?