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Maïs transgénique: des différences inattendues compliquent l'analyse des effets de la protéine Bt sur l'environnement

communiqué de presse du 29 mai 2006

Des lignées de maïs transgénique présentent des différences avec les lignées conventionnelles correspondantes qui vont au-delà de la seule production d'une protéine supplémentaire. Même si ces différences semblent comparables à celles observées entre les variétés traditionnelles, cette constatation d'une équipe du NCCR Survie des plantes (National Centre of Competence in Research Plant Survival) complique les études d'impact du maïs Bt sur l'environnement.

La bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) produit une protéine insecticide qui permet de lutter contre des insectes ravageurs. En incorporant au patrimoine génétique d'une plante le gène de la bactérie responsable de cette propriété, on obtient des organismes capables de s'assurer le même type de protection. C'est le cas du maïs Bt qui peut, suivant le gène incorporé, se protéger contre un ravageur donné.

En comparant quatre lignées de maïs Bt et leurs lignées conventionnelles correspondantes, une équipe de l'ETH Zurich affiliée au NCCR Survie des plantes a mis en évidence des différences chimiques autres que celles imputables à la seule présence de la protéine insecticide. Or ces différences, dont on ne connaît pas l'origine, influencent la croissance de champignons colonisant les restes de récolte du maïs: Fusarium graminearum et Trichoderma atroviride. F. graminearum est un champignon qui colonise le maïs et le blé et produit des toxines qui affaiblissent le système immunitaire des animaux et des humains. T. atroviride est un autre champignon qui, lui, serait capable de contrôler le micro-organisme pathogène.

L'étude à paraître dans le Journal of Environmental Quality se donnait pour objectif d'observer la croissance des deux espèces fongiques sur les restes de maïs Bt et conventionnel. Elle a montré que T. atroviride n'était pas affecté par la présence de la toxine Bt. De plus, il apparaît que T. atroviride et F. graminearum sont capables de dégrader la protéine insecticide produite par les plantes transgéniques.  "La plupart du temps, Trichoderma dégrade la protéine insecticide Bt plus efficacement que le Fusarium, précise Andreas Näf, qui a signé cette étude dans le cadre de son doctorat à l'ETH Zurich. Après une incubation de 14 jours dans des tissus de maïs, on a constaté une diminution de 23% de la quantité de protéine présente. Ainsi, l'application de T. atroviride sur les résidus de maïs Bt pour lutter contre le F. graminearum nuisible pourrait favoriser la dégradation de la protéine insecticide."

"Il est toutefois impossible d'apporter une conclusion définitive, insiste Geneviève Défago, professeure à l'ETH Zurich et directrice de thèse d'Andreas Näf. Théoriquement, la seule différence entre une plante Bt génétiquement modifiée et celle qui ne l'est pas devrait résider dans la production d'une protéine insecticide mais ce n'est pas le cas dans la pratique. La mise en évidence d'effets sur l'environnement exclusivement dus à la protéine insecticide produite par le maïs transgénique reste donc délicate, en raison des différences chimiques observées qui ne sont pas causées par la protéine Bt."

contacts

ETH Zürich
Institut für Integrative Biologie
Prof. Geneviève Défago
genevieve.defago@ipw.agrl.ethz.ch
Tel. : +41 1 632 38 69 / 48

Andreas Näf
andreas.naef@agrl.ethz.ch