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Flux de gènes entre le blé et des cousines sauvages: un risque lié aux plantes génétiquement modifiées

communiqué de presse de l'Université de Neuchâtel du 6.12.2005

Alors que le peuple suisse vient de refuser la présence d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture, un chercheur tessinois précise, dans le cadre d'une thèse soutenue par le Pôle de recherche national Survie des plantes, les risques que ce type de plantes fait courir à l'environnement.  Présentation publique vendredi 9 décembre à l'Université de Neuchâtel.

Les manipulations génétiques consistent à protéger une plante cultivée en insérant dans son patrimoine génétique des gènes (appelés transgènes) qui lui faciliteront la lutte contre un ravageur ou lui conféreront une résistance à un herbicide. L'opération n'est toutefois pas sans risque pour l'environnement, car une plante sauvage qui aurait intégré ces fameux gènes bénéficierait des mêmes propriétés. S'il s'agit de résistance à un herbicide, elle pourrait se transformer en mauvaise herbe envahissante.

Le flux de gènes se produit par la formation d'hybrides entre la plante cultivée et sauvage, pour autant qu'elles soient proches parentes. Si les hybrides sont généralement stériles, ils conservent parfois une certaine fertilité. Au bout de quelques recroisements avec l'espèce sauvages, on obtient des plantes qui ont toutes les caractéristiques de l'espèce sauvage, tout en ayant intégré des gènes de l'espèce cultivée. Ce phénomène est appelé introgression et peut devenir problématique lorsque des transgènes migrent vers le patrimoine génétique des hybrides.

La thèse de Nicola Schoenenberger analyse les mécanismes d'introgression entre le blé (Triticum aestivum) et deux graminées (Aegilops cylindrica et Ae. geniculata). Bien que rares sous nos latitudes, les deux graminées sauvages sont des herbes envahissantes redoutables dans les champs de blé aux Etats-Unis ou au sud de l'Europe. Cette recherche a montré qu'un transgène peut conférer à l'espèce sauvage la résistance à un herbicide. Elle établit en outre que la distance à laquelle le pollen du blé peut voler pour fertiliser l'espèce sauvage est très petite, de l'ordre du mètre. Plus inattendu, les résultats soulignent que des régions du génome du blé les plus éloignées de l'espèce sauvage peuvent persister dans les générations de plantes sauvages issues d'hybrides. Ainsi, un transgène placé dans ces régions aurait quand même des risques de se retrouver dans les plantes sauvages.

La présentation publique de la thèse de Nicola Schoenenberger aura lieu vendredi 9 décembre 2005 à l'Aula d'Unimail à 17h15