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Le rôle de la théorie de l’esprit dans la production de feedbacks en dialogue

Résumé 

Le dialogue, qu’il se déroule en face-à-face ou via un médium de communication, est une activité extrêmement fréquente pour la plupart des individus. Sa fréquence dans la vie quotidienne ne signifie pas pour autant qu’il s’agit d’une activité simple : au contraire, des travaux en sciences cognitives suggèrent que tout dialogue implique la mise en œuvre de comportements et de processus psychologiques complexes pour atteindre la compréhension mutuelle entre les locuteur-rice-s. Parmi ces comportements, on trouve notamment l’utilisation de feedbacks, c’est-à-dire la production de mots (comme par exemple ok, mhm), d’expressions (comme par exemple des questions de clarification ou des reformulations) ou de gestes (comme par exemple des sourires ou des hochements de tête) qui permettent à chaque locuteur-rice de signaler à autrui son niveau d’attention et de compréhension tout au long de l’interaction. Ainsi, lorsqu’ils sont produits au bon moment, et dans le bon contexte, les feedbacks jouent un rôle central et direct dans la réussite de tout dialogue. A l’inverse, l’absence de feedback, la production d’un feedback inapproprié, ou encore la production d’un feedback trop tôt ou trop tard dans l’interaction, est susceptible de rendre l’interaction plus difficile, et peut mener, à terme, à l’échec du dialogue.

Dans ce contexte scientifique, l’objectif du présent projet est d’identifier les facteurs susceptibles d’améliorer, ou au contraire d’empêcher, la production de feedbacks au cours de l’interaction. Nous nous intéresserons tout particulièrement à la théorie de l’esprit. Le lien entre théorie de l’esprit et production de feedback en dialogue n’a, à ce jour, jamais été étudié. Notre hypothèse de travail sera qu’un individu ayant une bonne capacité de théorie de l’esprit est à même d’identifier les moments et situations où son-a partenaire de dialogue a besoin de recevoir un feedback -  contribuant directement à la réussite de l’interaction. A l’inverse, un individu ayant une moins bonne capacité de théorie de l’esprit est moins à même d’identifier les moments et situations où son-a partenaire de dialogue a besoin de recevoir un feedback - menant potentiellement à l’échec de l’interaction.

 

Direction :

Dominique Knutsen (Université de lille)

Co-chercheur.e.s :

Amélie M. Achim (Université Laval, Québec)

Marion Fossard

Partenaires :

Adrian Bangerter (Université de Neuchatel)

Gilles Col (Université de Poitiers)