Fermer
ISLC5.gif

Linguistique générale, discours, pragmatique

La chaire de linguistique et analyse du discours couvre les enseignements propédeutiques de linguistique générale (histoire et épistémologie de la linguistique, phonologie, morphologie, syntaxe), la sémantique, la pragmatique (étude de l'usage du langage et de sa compréhension en contexte) et l'analyse du discours et offre une variété de séminaires thématiques au niveau du BA et du MA (pragmatique expérimentale, pragmatique de la métaphore, linguistique du temps, de la modalité...).

Si chaque langue présente des propriétés particulières, au niveau de son système (phonologie, morphologie), de sa syntaxe, de son lexique ou de sa sémantique, les langues partagent également des propriétés universelles, qui permettent l'étude du langage humain en tant que tel, et qui font que toutes les langues partagent cette qualité première d'être toutes des Iangues. Les propriétés partagées par les langues sont le premier objet d'attention de la linguistique, qui les étudie à travers leurs manifestations dans des idiomes. La linguistique présente donc un aspect philosophique et anthropologique, puisque l'idée même qu'il y a des propriétés universelles attribuables à un type de comportement humain incite à mettre ces propriétés en relation avec la nature humaine en général et en particulier, pour ce qui est du langage, la manière dont l'esprit travaille, établit des catégorie, produit des jugements, et les externalise par la communication langagière. De la sorte, l'étude du langage est l'une des fenêtre privilégiées vers l'esprit, d'où la relation étroite qu'entretient la linguistique, comme discipline, avec la psychologie.

Outre l'objectif ambitieux de travailler sur la relation entre langage et esprit, la linguistique s'intéresse aux espaces de variation linguistique et s'intéresse donc à toutes les observations comparatives. Elle part donc de questionnements très précis, et qui peuvent sembler être des questionnements de détail, à propos de faits linguistiques dans différentes langues. On peut ainsi se demander s'il y a une explication scientifique au fait que le latin n'a pas de terme pour désigner spécifiquement le bleu, ou au fait que les langues n'ont pas toutes le même nombre de termes pour désigner les couleurs. Ou s'interroger sur la spécialisation sémantique de can et may en anglais vis-à-vis de pouvoir en français, ou encore sur les contraintes grammaticales systématiquement appliquées par les sujets parlants, dont ils n'ont pas conscience et qui ne sont pas encore expliqués. Nous n'avons toujours aucune grammaire complète d'aucune langue; en français, nous n'avons pas toujours à disposition d'explications satisfaisantes pour les phrases impossibles (comme *J'ai vu rien), ou sur les variations interlinguistiques entre formes apparemment semblables (l'anglais n'accepte pas John has arrived at five tandis que le français accepte Jean est arrivé à cinq heures), ou, enfin, et c'est ce qui retient le plus l'attention des chercheurs attachés à la chaire de linguistique et analyse du discours de Neuchâtel, aux mécanismes mentaux complexes à l'oeuvre dans la communication verbale (désambiguisation, identification des objets dont on parle, modifications de sens pour les besoins de la plausibilité du sens intentionnel en contexte, contenus implicites...). Ce dernier aspect ouvre à un renouveau de la recherche en analyse du discours, non plus compris comme exclusivement déterminé socialement mais étudié pour les mécanismes cognitifs que leurs dispositifs de persuasion, en particulier fallacieux, exploitent.