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Eva Baehler, assistante du Prof. N. Vuillemin

  • Littératures francophone et postcoloniale
  • Littérature antillaise
  • Récits de voyage aux Amériques (XVIIe-XVIIIe siècles)
  • Depuis août 2015 : assistante du Prof. Nathalie Vuillemin
  • 2014-2015 : collaboratrice scientifique à l’institut de littérature française de l’Université de Neuchâtel
  • 2012-2013 : comptes rendus littéraires pour le quotidien fribourgeois La Liberté
  • 2011-2013 : enseignement du français à Lémania (Lausanne)
  • 2009-2014 : remplacements divers au secondaire II (cantons de Neuchâtel, Fribourg et Vaud)

Articles

  • « Le Jardin créole, la Roche écrite et la Pierre-monde : tracées amérindiennes dans l’œuvre de Patrick Chamoiseau », in Sylvie Vignes (dir.), L’image de l’Amérindien dans les littératures francophones actuelles, coll. « Revue des lettres modernes », Paris, Classiques Garnier, 2018, p. 91-105.
     
  • « Patrick Chamoiseau et les écrivains du ”grand siècle de l’esclavage” », in J.-M. Devésa et S. Chinien (dir.), La Caraïbe, chaudron des Amériques, Limoges, PULIM, 2017, p. 97-105.
     
  • "La 'co-naissance' du paysage et du roman antillais dans La Rue Cases-Nègres de Joseph Zobel", in L'Oeuvre de Joseph Zobel: portées, héritages et modernité Actes du colloque de Schoelcher (Martinique), 14-16 octobre 2015, Paris, Ibis Rouge Editions, à paraître.
     
  • "Du 'dévoyage' au 'déparler' : le lieu nomade dans La Terre magnétique d'Edouard Glissant", Samia Kassab-Charfi (dir.), Oeuvres et critiques, vol. XL, n°2, "Lisibilités d'Edouard Glissant", 2015, p. 55-66.

 

Conférences, entretiens et communications

  • « Du figuier maudit à la fleur de fougère: la grâce du ré-enchantement chez Patrick Chamoiseau », communication présentée dans le cadre de la journée d’étude Paysages littéraires: nature, écologie et écocritique dans les littératures caribéennes, Paris, Sorbonne Université, 13 et 14 juin 2019.
     
  • « Entretien avec Jean Lecoultre », Eva Baehler, Stéphane Pétermann (dir.), La Plaine, la poésie : Bulletin de l’Association des Amis de Gustave Roud, n°6, 2017, p. 3-6.
     
  • « Patrick Chamoiseau et les écrivains du ”grand siècle de l’esclavage” », colloque international "L'Espace caribéean, chaudron des Amériques", Trinidad, University of the West Indies, 13-15 octobre 2016.
     
  • Entretien avec l'écrivain et poète haïtien Lyonel Trouillot, dans le cadre du séminaire de MA de la prof. Christine Le Quellec-Cottier "Afrique et intertextualité. Un concubinage littéraire?", Semaine de la Francophonie / Printemps de la poésie, Université de Lausanne, 16 mars 2016.
  • "Un héritage ambigu : le paysage caribéen au prisme des récits de voyage du XVIIIe siècle et de la littérature 'postcoloniale' des Antilles françaises', Journée Mentorat de l'Ecole doctorale interdisciplinaire "Etudes sur le Siècle des Lumières", Université de Lausanne, 10 mars 2016.
  • "Entretien avec Yves Velan", Antonio Rodriguez (dir.), La Plaine, la poésie: Bulletin de l'Association des Amis de Gustave Roud, n°5, 2015, p. 3-5.
  • "La poétique du bidonville dans Texaco de Patrick Chamoiseau", Formation continue des enseignants de français du secondaire II (HEP/BEJUNE), Lycée Blaise-Cendrars, La Chaux-de-Fonds, 6 mars 2014.
  • Juin 2014 : DEEM (Diplôme d’Enseignement pour les Ecoles de Maturité), Université de Fribourg.
  • Juin 2013 : Certificate of Proficiency in English (Brighton, UK).
  • 2010-2013 : Master en lettres et sciences humaines, Université de Fribourg (langues et littératures française et anglaise). Sujet de mémoire : « Poétique du bidonville dans Texaco de Patrick Chamoiseau : naissance et baptême de la nouvelle littérature antillaise ».
  • 2007-2010 : Bachelor en lettres et sciences humaines, Université de Neuchâtel (langues et littératures française et anglaise, arts visuels). Prix d’excellence de la SAN.
  • 2003-2007 : Maturité gymnasiale, Lycée Blaise-Cendrars (La Chaux-de-Fonds)

 

 

« Comment écrire dominé ? »

(Im)Postures et pratiques intertextuelles dans l’œuvre de Patrick Chamoiseau :

vers un détournement de la bibliothèque coloniale

 

Si toutes les œuvres littéraires sont intertextuelles, « certaines le sont plus (ou plus manifestement, massivement et explicitement) que d’autres[1] » selon Gérard Genette : cette proposition est particulièrement pertinente en ce qui concerne l’œuvre de l’écrivain martiniquais contemporain Patrick Chamoiseau. En effet, les innombrables dédicaces, épigraphes, citations, références et autres allusions en tous genres présentes dans le corps du texte ainsi que dans le foisonnant paratexte de son œuvre fictionnelle comme de ses écrits théoriques et autobiographiques composent une vaste trame intertextuelle dont la critique n’a jusqu’ici identifié que la partie la plus visible et encore peu commenté les enjeux idéologiques et esthétiques de manière détaillée. Ma thèse de doctorat s’attache donc aux pratiques intertextuelles de l’écrivain dans ce qu’elles révèlent (ou tentent de dissimuler) de la relation ambivalente qu’il entretient avec ses prédécesseurs, a fortiori avec ses (anti-)modèles, qu’il s’agisse d’Edouard Glissant, du canon littéraire français ou de ce qu’il nomme lui-même, dès Eloge de la créolité (1989), la « Chronique coloniale[2] ».

Ce corpus hétérogène, constitué de relations de voyage, mémoires, livres de compte, registres d’habitation et autres traités relatifs aux Antilles françaises entre la fin du XVIIe siècle et l’Abolition de 1848, que l’on doit aux planteurs, administrateurs et voyageurs au service de la « machine coloniale[3] », se situe à l’origine d’une longue histoire d’aliénation identitaire et culturelle. Si le projet poétique et politique de Chamoiseau vise, dès les débuts de sa carrière, à déconstruire le discours colonial et à réhabiliter la voix des esclaves et autres victimes de la colonisation, de la Traite et de la carence historique qui en découle, il interroge aussi l’hégémonie culturelle contemporaine de l’hexagone sur ses départements d’outre-mer. Or les « scripteurs » coloniaux revêtent un statut éminemment paradoxal dans le discours de Chamoiseau puisque, d’une part, ce dernier est obligé d’avoir recours à leur témoignage, qui lui servent de socle documentaire pour certaines de ses productions littéraires, principalement dans le cadre de ses romans « historiques » qui prennent pour cadre l’ère esclavagiste ; d’autre part, il ne peut les reconnaître ouvertement comme sources, au risque de mettre en péril sa posture idéologique d’écrivain antillais engagé. Si cette contradiction a été observée  chez nombre d’écrivains francophones, lesquels sont souvent déchirés « entre la nécessité de se distinguer et l’obligation de s’associer [avec la littérature française de France[4]] », elle atteint une dimension métaréflexive chez Chamoiseau qui semble l’avoir conscientisée, voire admise, puisqu’il se permet d’en jouer à l’occasion. L’intertextualité, à plus forte raison l’intertextualité dite poétique, la liberté et la créativité qu’elle autorise, constitue donc chez Chamoiseau un moyen privilégié « d’interroger les discours et moyens par lesquels l’Europe a imposé ses codes au cours de l’ère coloniale[5] » tout en questionnant la légitimité de sa propre posture d’écrivain.

 

 

 

[1] Gérard Genette, Palimpsestes. La littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982, p. 18.

[2] Jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Eloge de la créolité, Paris, Gallimard, 1989, p. 37-38.

[3] James E. McClellan et François Regourd, The Colonial Machine : French Science and Overseas Expansion in the Old Regime, Turnhout, Brepols, 2011.

[4] Raoul Boudreau, « Une réécriture ambiguë en littérature acadienne. Marguerite Duras et France Daigle », in Lise Gauvin et al. (dir.), Littératures francophones : parodies, pastiches, réécritures, Lyon, ENS Ed., 2013, p. 91-104, p. 91.

[5] Lise Gauvin et al. (dir.), Littératures francophones : parodies, pastiches, réécritures, Lyon, ENS Ed., 2013, p. 12.

  • Depuis juin 2019 : membre de l’association Caracol - Observatoire des littératures caribéennes
  • Depuis 2017 : coordinatrice de la publication du bulletin de l’AAGR La Plaine, la poésie
  • Depuis 2015 : membre du comité de l’Association des Amis de Gustave Roud. 
  • 2014-2017 : membre du comité de lecture du Roman des romands

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