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Programme des cafés scientifiques 2018

Chaud et froid sur la géothermie

Mercredi 24 janvier 2018

Selon l’Office fédéral de l’énergie, la géothermie aurait en Suisse un potentiel de production de 4’400 GWh électriques d’ici 40 ans, soit l’équivalent de la consommation électrique additionnée des villes de Genève et Lausanne. Entre 2004 et 2016, la production de chaleur d’origine géothermique a augmenté de 168% dans notre pays. En 2015, cette production correspondait à la couverture des besoins en
chauffage en Suisse d’environ 350’000 logements. La géothermie a donc le vent en poupe, mais les moyens pour l’exploiter diffèrent selon la profondeur à laquelle on puise cette énergie. De quelle technologie parle-t-on ? Quel en est le degré de sécurité ? Faut-il craindre des risques sismiques comme cela s’est produit à Bâle ou à St-Gall ?

Intervenants :

  • Nicolas Clerc, Service cantonal de géologie, sols et déchets, Genève
  • Olivier Ejderyan, Environmental Systems Sciences, ETHZ
  • Nicole Lupi, Energies renouvelables et géothermie profonde, OFEN
  • Benoît Valley, Centre d’hydrogéologie et de géothermie (CHYN), UniNE

Modérateur: Silvio Dolzan,  journaliste à la RTS

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Cohésion cantonale, fille de la révolution?

Mercredi 21 février 2018

Il y a 170 ans, Neuchâtel abolissait le régime monarchiste pour instaurer la république des libertés et des idées nouvelles. A la veille de célébrer ce jubilé, le 1er mars 1848 peut-il encore inspirer un canton en pleine déprime ? En 2017, plusieurs votations (planification hospitalière, nouvel hôtel judiciaire, report de l’harmonisation de l’impôt des frontaliers) ont mis à mal la fameuse cohésion cantonale neuchâteloise, exacerbant des antagonismes, allant parfois jusqu’à évoquer la sécession, entre ce qu’on a coutume d’appeler «le Haut» et «le Bas». Au-delà des considérations politiques, économiques ou financières, pourquoi ne pas chercher des remèdes en nous plongeant dans une analyse historique de la situation ?

Intervenants:

  • Jules Aubert, conseiller général en Ville de Neuchâtel (PLR)
  • Johanne Lebel Calame, députée au Grand Conseil neuchâtelois (PS)
  • Olivier Meuwly, écrivain, historien et blogueur vaudois
  • Laurent Tissot, professeur d’histoire contemporaine, UniNE

Modération : Stéphane Devaux, corédacteur en chef d'Arcinfo

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Les limites du "Fais tout toi-même !"

Mercredi 21 mars 2018

Du e-banking au self-scanning des supermarchés, en passant par le self check-in aux aéroports, le client effectue gratuitement les tâches jadis accomplies par des gens payés pour les faire. Dans les grands magasins, des employés encouragent même la clientèle à se passer de présence humaine pour régler les achats, sciant pratiquement la branche sur laquelle ils sont assis. De leur côté, celles et ceux qui refusent le «tout numérique» sont pénalisés par un nombre toujours croissant d’entreprises. Les bulletins de versements et la correspondance sur papier sont désormais facturés aux personnes récalcitrantes. Comment est-on arrivé à cette tendance ? Quels sont les impacts de ces politiques sur le personnel ? Que peuvent faire les clients qui ne souhaitent pas entrer dans ce jeu ?

Avec :

  • Norbert Albrecht, Senior Account Manager, SIX Paynet AG, Zurich
  • Isabel Amián del Pino, Secrétaire syndicale, Unia, section de Neuchâtel
  • Linda Lemarié, Professeure en publicité à l’Institut de l'entreprise, UniNE

Modération: Zeynep Ersan Berdoz, Directrice et rédactrice en chef, Bon à savoir

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Plantes locales face au marché global

Mercredi 18 avril 2018, au Jardin botanique de Neuchâtel

Alors que le développement durable prône une consommation de la production locale, pourquoi continue-t-on à importer des plantes de l’étranger ? Un domaine souvent méconnu souffre en particulier de ce constat : l’herboristerie traditionnelle. Les petits fabricants de tisanes ou de douceurs à base d’herbes se heurtent à des homologations coûteuses pour pouvoir utiliser des plantes locales dans leurs préparations. Résultat ? Il leur revient moins cher de s’approvisionner à l’étranger, souvent en Europe de l’Est. La concurrence est rude face à l’industrie et aux magasins de grande surface, notamment pour les petites drogueries et herboristeries familiales.

Avec :

  • Julien Héritier, responsable plateforme extraction chez Mediplant, Centre de recherches sur les plantes médicinales et aromatiques, Conthey (VS)
  • Julie Perrin, auteure d’un doctorat en ethnologie. Soigner la Patrie. La fabrique des plantes médicinales suisses, UniNE et EHESS Paris
  • Pierre-André Virgilio, droguiste et herboriste traditionnel, Fleurier (NE)

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Mai 68 vu des pavés neuchâtelois

Mercredi 16 mai 2018

Né d’un mouvement de révolte étudiante sans précédent, Mai 68 remet en cause l’enseignement traditionnel, conteste la société de consommation et exalte l’épanouissement de l’individu et son droit au bonheur. Son empreinte est profonde et ses retombées multiples : les mouvements féministes et écologiques en sont les plus marquantes. A l’heure de célébrer le demi-siècle de cette contestation, comment a-t-on vécu Mai 68 à Neuchâtel ? Qui en étaient les protagonistes ? Avec quels résultats pour les institutions de l’époque ? Quel est son héritage aujourd’hui dans la région ?

Avec:

  • Thierry Béguin, ancien Procureur général, ancien Conseiller d'Etat, Neuchâtel, (ancien étudiant UniNE, rédacteur en chef du journal Réaction)
  • Denis Miéville, ancien recteur de l'Université de Neuchâtel, ancien professeur de logique, (ancien étudiant UniNE et ancien président de la Fédération neuchâteloise des étudiants FEN)
  • Iván Ordás Criado, ancien étudiant en droit à l'Université de Neuchâtel, membre de la FEN, ancien président de l'Union des étudiants de Suisse UNES
  • Francis Staehli, ancien professeur de philosophie, Lycée Blaise-Cendrars, La Chaux-de-Fonds, (ancien étudiant UniNE du Comité d'action pour la réforme universitaire CARU)
  • Laurent Tissot, professeur d'histoire contemporaine, Université de Neuchâtel

Modération: Patrick Ferla, Journaliste à la RTS

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Votations: démocratie ou dictature ?

Mercredi 26 septembre 2018

La Suisse est souvent présentée comme un idéal de démocratie. Une démocratie directe au sens le plus noble du terme. Mais lorsque le taux de participation à un scrutin est de 30% et qu’un objet passe la rampe avec 51% des suffrages exprimés, ne devons-nous pas admettre que nous vivons en fait dans une dictature… la dictature du 15% de la population? Ce d’autant plus que le Parlement, présenté comme une institution de milice, est dans les faits en grande partie influencé par des lobbys. Face à cette situation, des voix réclament la prise en compte du «vote blanc». D’autres suggèrent le tirage au sort comme mode de désignation des représentantes et représentants. Sans parler des propositions visant à réduire les juges au silence, voire à éliminer les «juges étrangers», pour redonner le «dernier mot au peuple». De quoi remettre la démocratie en question.

Avec :

  • Antoine Chollet, maître d’enseignement et de recherche, Institut d’études politiques, historiques et internationales, Université de Lausanne
  • Olivier Christin, professeur d’histoire moderne, Université de Neuchâtel et Université de Paris Sciences et Lettres (PSL)
  • Pascal Mahon, professeur de droit constitutionnel suisse et comparé, Université de Neuchâtel
  • Nenad Stojanovic, professeur FNS, Département de science politique et relations internationales, Université de Genève

Modération : Pauline Vrolixs, journaliste RTS

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Les dystopies, déjà une réalité ?

Mercredi 24 octobre 2018

Dès l’élection de Donald Trump, les ventes de «1984» ont grimpé en flèche sur Amazon. En janvier 2017, le mythique roman de George Orwell se classait même en tête des best-sellers. Comme toute dystopie qui se respecte, ce récit met en scène un monde sombre et totalitaire, placé sous la surveillance de Big Brother. Pourquoi cet engouement coïncide-t-il avec l’avènement de Donald Trump au pouvoir ? Dans le registre environnemental, une vision apocalyptique du futur se retrouve dans bon nombre de récits de science-fiction et au cinéma. Mais la réalité n’a-t-elle pas déjà rejoint la fiction ? La multiplication des séismes, cyclones et autres incendies d’envergure ne donne-t-elle pas raison aux scénaristes des films catastrophe ?

Avec :

  • Marc Atallah, directeur de la Maison d’ailleurs à Yverdon
  • Alain Corbellari, professeur de littérature française médiévale, UniNE et Unil
  • Anaïs Emery, directrice artistique du NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival)
  • Vincent Gessler, écrivain, lauréat de deux Prix de science-fiction, Genève

Modération : Nicolas Dufour, journaliste, Le Temps

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Génétique récréative: un plaisir payant ?

Mercredi 21 novembre 2018

Depuis une décennie, plusieurs entreprises spécialisées proposent, contre monnaie sonnante et trébuchante, d’analyser des gènes contenus dans une goutte de salive pour révéler notre arbre généalogique, promettant par exemple de retracer les parcours migratoires de nos ancêtres. Si la génétique dite récréative séduit un nombre croissant d’amateurs, elle comporte cependant ses zones d’ombre. Sous couvert d’enrichissement personnel, cette approche contribue à mettre en évidence les liens familiaux entre les gens, mais aussi des données de santé, avec le risque de générer des informations qui pourraient se retourner contre les clients, que ce soit dans le domaine des assurances ou du travail. Quelle est la réelle fiabilité de cette pratique ? Dans quel cadre juridique opèrent ces sociétés, souvent basées aux Etats-Unis ? Quelles garanties offrent-elles en matière de protection de données ?

Avec

  • Vincent Castella, généticien forensique, Centre universitaire romand de médecine légale
  • Frédéric Erard, avocat, assistant-doctorant spécialisé dans le secret médical, UniNE
  • Peter Forster, juriste, division droit, Office fédéral de la santé publique
  • Dominique Sprumont, président de la Commission vaudoise d'éthique de la recherche sur l'être humain, directeur adjoint de l’Institut de droit de la santé, UniNE

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