La vie après UniNE

« Les perspectives professionnelles se modifient en cours de route! »

Nesa Zimmermann, juriste

Nesa Zimmerman, venue de Zurich, a obtenu en 2012 un Master of Law à Neuchâtel et un LLM au King’s College à Londres. Elle travaille actuellement comme assistante à l’Université de Genève, où elle prépare son doctorat.

Sur quoi porte la thèse à laquelle vous travaillez ?

La protection des personnes vulnérables par la Cour européenne des droits de l’homme.

Tiens, un titre de thèse  que l’on comprend ! Avez-vous toujours envisagé de vous orienter vers un doctorat ?

Non, à la base, je me voyais plutôt travailler dans une organisation internationale ou dans une ONG. Mais mon regard a évolué au cours de mes études. Le droit international et la question des droits de l’homme me passionnent, mais je ne m’imaginais finalement plus dans l’univers des organisations internationales. Beaucoup de gens s’engagent dans cette voie dans l’espoir de pouvoir « changer le monde » ou en tout cas l’améliorer... et ils se retrouvent à brasser du papier. Je me suis rendu compte qu’au début de mes études, j’avais une vision  trop idéalisée de ces organisations.

Comme par ailleurs j’ai toujours exclu de travailler comme avocate, je me suis retrouvée à la fin de mes études à constater que j’avais fait du droit parce que celui-ci offre de nombreuses possibilités professionnelles, mais qu’en réalité, la vraie question est : est-ce que ce sont des possibilités que j’envisage pour moi, pour ma propre vie ? Avec un diplôme de juriste, on a l’impression qu’on peut tout faire… mais en réalité, il suffit de pouvoir faire une chose, il n’est pas nécessaire que tout soit possible. Pour moi, le fait de faire une thèse repousse donc un peu la question... Plus sérieusement, préparer une thèse permet de faire des recherches approfondies, d’aller plus loin qu’on ne le fait durant ses études. Or, au cours de celles-ci, j’ai justement constaté que ce que j’aimais le plus faire, c’était écrire des travaux, mener des recherches. Du coup, la thèse paraissait un choix naturel.

Vous n’avez aucune trace d’accent alémanique et vous êtes pourtant Zurichoise, germanophone à 100%. Comment votre choix s’était-il porté sur Neuchâtel ?

J’avais fait un tour de Suisse romande à vélo, avec une amie. On a visité toutes les villes romandes, et j’ai eu un vrai coup de cœur pour Neuchâtel. Je suis restée là. Je pensais y vivre une année, pour y faire une partie de mes études et finalement, cela fait 7 ans que j’y suis ! Je préfère faire chaque jour les trajets avec Genève que partir d’ici ! D’ailleurs si je suis allée à Genève, ce n’est pas du tout « contre » Neuchâtel, mais simplement parce que je pensais, après être passée par Londres, qu’il serait bien pour moi de découvrir le fonctionnement d’une autre université.

Comment se passe votre travail d’assistante à l’Université de Genève ?

J’y ai beaucoup de plaisir. Pour le moment, je travaille surtout avec des étudiants qui sont en 1ère année. Ils viennent de commencer, ils ont beaucoup d’interrogations, il s’agit donc pour moi d’être la plus présente possible. La disponibilité des assistants et celle des professeurs, c’est quelque chose que j’avais beaucoup apprécié au cours de mes études à l’UniNE : ils étaient très présents, très ouverts. Les professeurs sont beaucoup moins abordables à Genève. Même s’ils essaient de l’être, il y a trop de monde pour que la proximité soit comparable à celle qui caractérise Neuchâtel.

Cette proximité avec les étudiants vous pousse-t-elle à envisager l’enseignement comme un débouché possible pour vous ?

On ne peut pas vraiment décider de devenir prof d’université : cela dépend de trop de choses, cela ne peut donc pas être le seul but professionnel. D’ailleurs, je me verrais bien enseigner aussi au niveau gymnasial, mais pas forcément le droit. Et c’est pour cela que je me demande parfois si j’ai vraiment fait le bon choix d’études : à l’origine, j’envisageais plutôt  de faire des études de lettres, de langues en particulier. Mais à 18 ans, se dire qu’on va faire des études qui mènent presque nécessairement à l’enseignement paraît souvent la chose la plus ennuyeuse du monde ! J’ai donc fait un autre choix. Et maintenant, je me rends compte que j’adore enseigner et qu’un parcours en lettres me l’aurait peut-être permis plus facilement.

Parallèlement à vos études, vous vous êtes engagée politiquement, auprès des Jeunes Vert-e-s. J’ai le sentiment que vous avez dû être une étudiante en droit assez atypique…

Etudiante atypique ? Effectivement, oui. C’est une des raisons pour lesquelles je ne voulais surtout pas étudier à Zurich, ma ville natale. Il est plus aisé d’avoir ce côté «atypique» à Neuchâtel. En master, on était d’ailleurs un groupe d’étudiants portés sur les droits de l’homme et le droit international humanitaire, c’était très sympa !

Quels ont été selon vous les points forts de votre formation à Neuchâtel ?

Je me suis rapidement engagée auprès de l’ANED, la société des étudiants en droit. Je n’étais peut-être pas une «étudiante en droit type», mais j’avais quand même envie de m’engager. On a organisé beaucoup de choses très différentes, depuis des matchs de beach-volley jusqu’à des rencontres avec des professeurs et des politiciens, ou la représentation des étudiants au sein du Conseil de la faculté. Ce sont d’excellents souvenirs et je recommanderais vraiment aux nouveaux étudiants de s’engager dans la vie associative, car peu le font. Cela a vraiment ajouté quelque chose à mes études. Finalement, se battre pour déplacer les dates d’une session d’examens ou pour sauver le monde, c’est un peu pareil ! (rires)

Je garde d’excellents souvenirs de certains de mes cours. A la Faculté de droit, l’enseignement est vraiment de très haut niveau, avec d’excellents professeurs. Maintenant que j’ai la comparaison avec Genève – et j’ai également fait un petit échange avec Zurich – cela se confirme totalement.

Quel serait votre conseil pour un futur étudiant ? Et votre réponse peut être particulièrement intéressante, puisque vous n’êtes pas sûre vous-même d’avoir fait le bon choix en matière d’études !

On me l’a dit quand j’ai commencé l’université, mais je ne l’ai pas écouté à l’époque : il faut faire des études dans le domaine qui nous intéresse. Bien sûr, il faut réfléchir aux perspectives professionnelles, mais pas uniquement. Parce que les perspectives professionnelles s’ouvrent et se modifient en cours de route ! Il ne faut donc pas trop se focaliser là-dessus en commençant. Plutôt faire ce que l’on a envie de faire. C’est d’ailleurs un peu mon cas maintenant : pour ma thèse, je n’ai pas réfléchi à son utilité, j’ai cherché un sujet qui m’intéresse, me passionne, et c’est ce qu’on devrait faire pour ses études.

Un autre conseil ? S’engager, je l’ai déjà dit. Et, quant au choix de l’université… je recommanderais vraiment Neuchâtel ! J’adore la vie ici !

Interview UniNE 2013

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