La vie après UniNE

« En contact avec des personnes de tous horizons »

Jenny Leuba, collaboratrice scientifique mobilité à Fribourg

En 2008, Jenny Leuba a obtenu une Licence* en lettres et sciences humaines à l’Université de Neuchâtel, avec pour spécialisations la géographie et les sciences de l’information et de la communication. Depuis l’été 2010, elle travaille à l’Agglomération Fribourg et est en charge des projets de mobilité.

En quoi consiste votre travail ?

L’Agglomération Fribourg est une institution chargée de la planification du territoire à l'échelle régionale. Dix communes, dont la ville de Fribourg et une commune germanophone, lui ont délégué certaines compétences en matière d’aménagement du territoire et de mobilité.

La pierre angulaire de notre travail est d’élaborer un projet d’agglomération et une planification directrice régionale pour ce territoire urbanisé. Nos autres missions sont de donner des préavis sur les projets régionaux, tout en vérifiant leur conformité à la législation régionale, ainsi que de mener ou suivre différents projets d'aménagement.

Comment vous y prenez-vous ?

Je travaille dans une jeune équipe de huit personnes, dont sept femmes ! Je suis en charge de la partie mobilité, c’est-à-dire de tout ce qui a trait aux transports publics, à la mobilité douce (piétons, vélo) ainsi qu’aux transports individuels motorisés (voitures).

Un point fort est le fait de pouvoir être en contact avec des personnes de tous horizons : les politiques, les techniciens comme les ingénieurs de transports, les spécialistes de l’environnement, tous les niveaux de l’administration et les médias. Dans ma position, je pense que le fait d’être géographe est un atout : je ne suis pas spécialisée dans un domaine, mais je sais m’adapter aux différents interlocuteurs, notamment en termes de jargon

Un projet d’agglomération est un projet à très long terme. On y planifie l’état de la région en 2030. Le fruit de notre travail n’est donc pas directement visible dans le territoire. Ne pas pourvoir constater les résultats de son travail de façon concrète est parfois frustrant. C’est pourquoi j’apprécie aussi d’avoir des projets parallèles : un système de vélos en libre service, la semaine de la mobilité, les questions d’accès pour les personnes à mobilité réduite. C’est encourageant et valorisant d’atteindre des objectifs à plus court terme !

Comment avez-vous choisi vos études ?

A l’école secondaire, j’avais un très bon professeur de géographie. Ses cours ne portaient pas seulement sur la géographie « traditionnelle » ou scolaire, mais aussi sur des thématiques plus en lien avec les sciences humaines et sociales. Nous avions abordé des problématiques comme celle de la brasserie Cardinal à Fribourg, empreinte d’un vrai enjeu social avec un fort attachement de la population. J’ai beaucoup aimé cette approche précurseur de la géographie « universitaire ».

Au lycée, j’ai commencé à m’intéresser aux questions des villes et de l’urbain, en lisant beaucoup sur ce thème et en prenant part à des conférences. Mon travail de maturité portait sur les transports publics à La Chaux-de-Fonds. Pour toutes ces raisons, la géographie à l’université a été une évidence !

Les sciences de l’information et de la communication, je les ai choisies en pensant aux outils qu’elles allaient pouvoir m’apporter. Je n'envisageais pas devenir journaliste.

Quels étaient les points forts de votre cursus ?

J’ai particulièrement aimé les terrains en géographie. Je me rappelle d’un séminaire où nous avons réalisé des travaux de groupe. Avec mes camarades, nous avions choisi comme sujet la commune libre du Neubourg, un quartier à part au centre de Neuchâtel. Mon mémoire, où j’ai notamment mené des interviews avec des personnes dans les rues de Berne, a aussi été une expérience marquante !

Je me souviens aussi d’un cours de vulgarisation scientifique en sciences de l’information et de la communication. Le temps d’une journée, nous avions complètement remis en question la majorité des valeurs et des priorités accumulées jusqu'alors !

Un autre point fort, ce sont les professeurs qui deviennent passionnants (surtout) lorsqu’ils traitent des sujets liés à leurs propres recherches… ou encore les possibilités de vivre une expérience de délocalisation, dans une autre université en Suisse ou à l’étranger. Pour ma part, j’ai passé deux semestres très enrichissants à l’Université de Berne, dans le cadre du programme Mobilité suisse.

Que retenez-vous de vos études ?

Beaucoup ont tendance à croire qu’en sortant des lettres et sciences humaines, on ne sait rien faire. Et pourtant… on sait lire vite et être synthétique, on possède de bonnes capacités d’analyse et on sait être critique, notamment par rapport à l’utilisation des sources. Mais ce n’est pas tout ! On pense les problèmes depuis le début, ce qui nous aide à remettre chaque élément dans son contexte. 

Sur le plan de la communication, on écrit de façon structurée et attrayante, tout en ayant conscience de notre public-cible : on sait à qui on s’adresse et on adapte notre langage en conséquence. Des atouts non négligeables, déjà au moment de passer les entretiens d'embauche...

Quel est votre conseil pour un futur étudiant ?

Je lui conseille de profiter d’être en études pour faire des stages - même s’ils sont peu rémunérés, c’est une occasion précieuse de se faire des contacts – et de se rendre à des conférences qui l’intéressent, là aussi pour se créer un réseau. Lorsqu’on est en études, on est mille fois plus libre que par la suite. Il faut absolument en profiter.

Je lui recommande aussi d’envisager de se perfectionner en allemand. C’est un avantage dans bien des cas ! Enfin, de profiter du contexte académique et de se laisser nourrir par les recherches… le cadre de l’université est tellement riche, c’est le seul endroit où il y a autant de gens passionnés au mètre carré.

 

* Titre équivalent au Master actuel, utilisé avant l’introduction du processus de Bologne.

Interview UniNE 2012

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