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Conférences 2004/05

13 octobre 2004 L’entomologie médico-légale : Science ou utopie ? Claude Wyss, Inspecteur et spécialiste en entomologie forensique, Lausanne
27 octobre 2004 Lumière... sur les plantes Prof. Felix Kessler, physiologie végétale, Université de Neuchâtel
10 novembre 2004 Les musaraignes : biologie, écologie et répartition en Suisse Nicolas Lugon-Moulin, biologiste
24 novembre 2004 Les trypanosomes africains : des artistes d’adaptation Prof. Bruno Betschart, biologiste, Université de Neuchâtel
8 décembre 2004 La pierre jaune de Neuchâtel : un excellent matériau de construction Bénédicte Rousset (géologue EPFL), Andreas Queisser (géologue EPFL), Thierry Adatte (géologue UNI Neuchâtel), Jacques Bujard (Conservateur cantonal des Monuments et Sites)
12 janvier 2005 Les planètes extrasolaires Prof. Willy Benz, Institut de physique, Berne
26 janvier 2005 «Trucmouche» - Objets volants bio-inspirés Martha Liley, Dr physicienne, cheffe de projet R&D et experte en senseurs biologiques et en nanotechnologie, CSEM SA Neuchâtel. Jean-Christophe Zufferey, doctorant au Laboratoire de Systèmes Autonomes, LSA, EPFL, Lausanne. Anibal Jaimes, informatic
9 février 2005 Les plantes modifiées génétiquement – quels sont les risques pour l’environnement ? Franz Bigler et Jörg Romeis, Agroscope FAL Reckenholz, Station Fédérale de Recherches en Agroécologie et Agriculture, 8046 Zurich
23 février 2005 L’évolution des Alpes : exemple des Alpes occidentales Stefan Bucher, Conservateur des Sciences de la Terre au Muséum de Neuchâtel
9 mars 2005 Dinosaures, Transjurane et géoparc : méthodologie, résultats préliminaires et perspectives de la Section de Paléontologie du Canton du Jura Wolfgang A. Hug et Jacques Ayer, Section de Paléontologie du Canton du Jura
23 mars 2005 Etude de l’évolution de l'impact anthropique enregistrée dans les sédiments du lac du Loclat Présentation des étudiants de l‘institut de géologie à Neuchâtel

L’entomologie médico-légale : Science ou utopie ?

13 oct.    Claude Wyss, Inspecteur et spécialiste en entomologie forensique, Lausanne.

Saviez-vous que l’on peut utiliser les insectes nécrophages en médecine légale pour dater les cadavres ? Le recours à l’entomologie médico-légale est même la seule alternative lorsque le décès remonte à plus de 2-3 jours, les techniques classiques de datation n’étant plus valables passé ce délai.

Actuellement, la grande majorité des spécialistes en entomologie forensique se fondent sur la méthode crée par P. Mégnin à la fin du 19ème siècle pour calculer l’intervalle post-mortem. Cette méthode se base sur une succession établie et invariable de 8 escouades d’insectes nécrophages sur le substrat. Chaque escouade et les insectes qui la composent est censée apparaître à un moment déterminé de l’altération du cadavre.

Les nombreuses expériences menées par Claude Wyss sur des cadavres de porcs n’ont pas permis de retrouver cette succession d’escouades trop parfaite pour être réelle. Claude Wyss a donc développé une autre technique de datation basée sur le cycle de développement des Diptères. Cette méthode offre des résultats précis pour autant qu’on puisse travailler sur le premier cycle des premiers insectes qui viennent pondre sur le cadavre.

Aujourd’hui, plus de 150 expertises entomologiques sur des cadavres humains ont été effectuées en Suisse romande. Plus de 60% des décès ont pu être datés à plus ou moins 24 heures !

Site à visiter : http:// www.entomologieforensique.ch

Lumière... sur les plantes.

27 oct., Prof. Felix Kessler, physiologie végétale, Université de Neuchâtel

Les plantes, contrairement aux animaux, ne peuvent se déplacer. Ainsi, elles doivent continuellement supporter les importantes variations de leur environnement. Un changement de température ou de teneur en humidité devient alors un véritable défi pour la plante qui ne peut s'adapter qu'en ajustant son métabolisme et non tout simplement en cherchant un endroit plus froid ou plus humide. La lumière joue en particulier un rôle primordial dans la vie d'une plante puisqu'elle fournit l'énergie nécessaire à la photosynthèse (et qu'au final elle nous procure notre nourriture).

Aujourd'hui, mon propos traitera de la manière dont les plantes répondent à la lumière : Comment les plantes détectent-elles la lumière et quels en sont ses effets? Comment deviennent-elles capables d'effectuer la photosynthèse? Comment répondent-elles aux changements de luminosité dues à des variations d'ombrage, de longueur du jour, ou encore d'orientation et d'intensité de la lumière?

Les musaraignes : biologie, écologie et répartition en Suisse.

10 nov., Nicolas Lugon-Moulin, biologiste

Les musaraignes sont des mammifères méconnus du grand public sans doute parce qu’elles sont peu spectaculaires de prime abord, en raison de leur taille minuscule et de leur existence discrète qui les rend difficiles à observer dans la nature. Pourtant, le naturaliste qui prend le temps de les étudier découvre leur extraordinaire diversité : à ce jour, plus de 340 espèces sont répertoriées ! En outre, leur biologie révèle plus d’une caractéristique surprenante. Elles ont adopté d’étranges stratégies pour passer l’hiver : si certaines se réunissent dans des nids communautaires, chez d’autres, ce sont les organes qui diminuent en poids et en taille – le cerveau lui-même rétrécit ! Certaines musaraignes mènent une vie essentiellement aquatique, d’autres encore sécrètent une salive venimeuse.

Nicolas Lugon-Moulin est également l’auteur d’un livre sur le même thème. Cet ouvrage est disponible notamment auprès de la Société neuchâteloise des sciences naturelles, pour la somme de 50.-

Les trypanosomes africains : des artistes d’adaptation.

24 nov., Prof. Bruno Betschart, biologiste, Université de Neuchâtel

Les trypanosomiases regroupent un ensemble de maladies tropicales provoquées par des protozoaires flagellés, parasites des vertébrés. Ces affections parasitaires touchent chaque année plusieurs millions d'êtres humains en Amérique du Sud (maladie de CHAGAS) et sur le continent africain (maladie du sommeil). Les trypanosomes africains possèdent diverses stratégies adaptatives pour survivre dans leurs hôtes et aussi pour échapper aux défenses immunologiques, comme par exemple la résistance contre un facteur lytique du sérum humain ou la capacité de modifier leur surface protéique. Ces organismes sont des artistes d’adaptation. Quelques exemples spectaculaires de leur capacité d’adaptation seront démontrés lors de la conférence.

La pierre jaune de Neuchâtel : un excellent matériau de construction

8 déc., Bénédicte Rousset (géologue EPFL), Andreas Queisser (géologue EPFL), Thierry Adatte (géologue UNI Neuchâtel), Jacques Bujard (Conservateur cantonal des Monuments et Sites).

Les résultats qui seront exposés au cours de cette présentation se rapportent à une étude de la pierre jaune de Neuchâtel commencée il y a déjà plusieurs années et menée conjointement par l'université de Neuchâtel et le laboratoire de l'Expert-Center pour la conservation du patrimoine bâti de Lausanne.

Le but de l’étude était de déterminer si oui ou non, la pierre jaune de Neuchâtel, ou calcaire de Hauterive, est un bon ou un mauvais matériau de construction.

Nous avons tout d'abord déterminé les propriétés minéralogiques, pétrographiques, physiques et mécaniques de cette pierre, puis nous avons comparé les résultats de ces mesures de laboratoire aux observations faites in situ sur de nombreux bâtiments construits en pierre jaune à Neuchâtel et dans les environs.

L'analyse de tous les résultats met en évidence les nombreux atouts faisant de cette pierre un matériau de construction durable, même dans des conditions d'exposition peu favorables : cycles imbibition séchage, gel dégel, pollutions naturelles et/ou anthropiques, nettoyage.

Les planètes extrasolaires

12 janv., Prof. Willy Benz, Institut de physique, Berne.

L'idée qu'il existe peut-être d'autres mondes "semblables au nôtre" remonte à l'antiquité. Toutefois, elle a souvent valu à ses défenseurs (Epicure, Giordano Bruno, Galilée...) des démêlés avec les tenants des courants de pensée majoritaires de leur époque. Il fallut attendre 1995 pour découvrir la première planète extrasolaire en orbite autour d'une étoile, l'étoile 51 Pégase. Il s'agit d'une planète géante dont la masse est d'environ la moitié de celle de Jupiter.

Les découvertes se sont succédé par la suite (plus d’une centaine de planètes extrasolaires mises en évidence jusqu'à ce jour). La conférence fera un tour d’horizon de ces récentes explorations et de l’état actuel des connaissances. Elle abordera aussi les nombreux problèmes encore à résoudre dans ce domaine.

«Trucmouche» - Objets volants bio-inspirés

6 janv., Martha Liley, Dr physicienne, cheffe de projet R&D et experte en senseurs biologiques et en nanotechnologie, CSEM SA Neuchâtel. Jean-Christophe Zufferey, doctorant au Laboratoire de Systèmes Autonomes, LSA, EPFL, Lausanne. Anibal Jaimes, informaticien, historien de l’aviation, président de hepta.aero (histoire et pionniers de la technologie aéronautique).

Dès l’aube de l’histoire de l’aviation, l’homme s’est inspiré de la nature pour construire des machines volantes. Les inventeurs et les pionniers se sont penchés d’abord sur l’imitation sans compréhension et c’est pourquoi des engins bizarroïdes avec des ailes battantes n’ont jamais quitté le sol. On n’a alors produit, pendant plus d’un siècle, que des aéronefs à ailes fixes ou rotatives, toujours contrôlés par un pilote. Actuellement, des ingénieurs reprennent le dossier à zéro en laboratoire, en s’inspirant de la mouche pour réaliser des micro-aéronefs qui peuvent voler sans pilote aux commandes et à l’intérieur d’une habitation de la taille de votre salon.

Une physicienne, un ingénieur en systèmes autonomes et un historien de l’aviation vous dévoilent cinq siècles de développement technologique aéronautique dans le cadre d’une conférence-spectacle inédite.

Les plantes modifiées génétiquement – quels sont les risques pour l’environnement ?

9 févr., Franz Bigler et Jörg Romeis, Agroscope FAL Reckenholz, Station Fédérale de Recherches en Agroécologie et Agriculture, 8046 Zurich

En 2003, la surface globale cultivée avec des plantes génétiquement modifiées (PGMs) était estimée à plus de 67 millions d’hectares, 6 pays (Etats-Unis, Argentine, Canada, Brésil, Chine et Afrique du Sud) en cultivant les 99%. L’Espagne est le seul pays de l’Union Européenne où du maïs transgénique est cultivé commercialement depuis 1999. En septembre 2004, la Commission de l’Union Européenne a approuvé la culture commerciale du maïs transgénique résistant aux insectes pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne, et une utilisation répandue de ce type de maïs est attendue. Les plus grandes préoccupations concernant les PGMs sont les conséquences écologiques potentielles du flux de gènes vers les plantes sauvages, ainsi que les effets sur les organismes non cibles, avec des conséquences sur les fonctions écologiques, comme la régulation des insectes nuisibles et des pathogènes (contrôle biologique), ainsi que la décomposition de matériel végétal par des organismes du sol. Les ennemis naturels des insectes nuisibles, comme les coccinelles et les chrysopes, pourraient être menacées si du maïs génétiquement modifié exprimant la toxine insecticide de Bacillus thuringiensis, donc résistant aux insectes, était cultivé à grande échelle. Depuis 1995, le groupe de biosécurité de la station fédérale de recherche en agroécologie et agriculture de Reckenholz, à Zürich, étudie les conséquences écologiques des PGMs qui expriment des protéines insecticides et fongicides sur de nombreux ennemis naturels ainsi que les risques relatifs au contrôle biologique. Des méthodes ont été développées et des procédures proposées concernant les analyses et les mesures de ces effets et de ces risques. Dans la présentation, je donnerai un aperçu des risques écologiques des PGMs, je parlerai plus en détail des connaissances concernant les PGMs à effet insecticide sur les ennemis naturels et le contrôle biologique, et finalement, je présenterai les procédures d’évaluation des risques des plantes modifiées génétiquement pour l’Europe et la Suisse.

L’évolution des Alpes : exemple des Alpes occidentales

23 févr., Stefan Bucher, Conservateur des Sciences de la Terre au Muséum de Neuchâtel

La théorie sur l’évolution des Alpes est née à Neuchâtel grâce aux travaux d’Emile Argand. Ce savant proposa au début du XXième siècle un modèle selon lequel les Alpes s’étaient formées lors de la collision entre les continents africain et européen.

Cette vision novatrice fut justifiée par de nombreuses études postérieures. Nous savons à présent que les roches sur lesquelles se promenaient les dinosaures à l’époque jurassique ont été portées à des profondeurs dépassant la centaine de kilomètres pour y être métamorphisées. Durant l’évolution de la chaîne alpine, ces unités remontèrent progressivement à la surface. Elles forment à présent les massifs à l’est de la ville de Neuchâtel.

Une étape essentielle dans la compréhension de la structure d’une chaîne de montagnes consiste à reconstruire l’historique des différentes phases de déformation. Pour se faire, le géologue intègre des données recueillies directement sur le terrain, telles que la cartographie des plis et structures tectoniques ainsi que leurs relations dans l’espace. Des données acquises en laboratoire sur l’étude des assemblages minéraux permettent en outre de déterminer le degré de métamorphisme subi par les différents échantillons.

Ces analyses effectuées en vallée d’Aoste permettent de reconstituer quatre phases tectoniques majeures. La corrélation entre les différents épisodes de déformation et les degrés de métamorphisme estimés participe à la connaissance de l’évolution de l’orogenèse alpine.

Nous aborderons lors de cet exposé les étapes principales de la formation de cette chaîne de montagnes ainsi que ses relations chronologiques et structurales avec le massif du Jura.

Nous terminerons par envisager les vitesses de déformation à l’échelle des temps géologiques en nous basant sur la radioactivité naturellement présente dans chaque unité structurale.

Dinosaures, Transjurane et géoparc : méthodologie, résultats préliminaires et perspectives de la Section de Paléontologie du Canton du Jura

9 mars    Wolfgang A. Hug et Jacques Ayer, Section de Paléontologie du Canton du Jura

La Section de Paléontologie basée à Porrentruy est un projet pilote dans le domaine de la paléontologie en Suisse, voir même en Europe. C'est en effet la première fois qu'un canton suisse soutient de façon officielle un travail de paléontologie sur le tracé d'une route nationale. Le projet a été lancé en février 2000 dans le but de démontrer l'importance du patrimoine paléontologique. Il profite des aperçus offerts par les travaux de construction de la Transjurane pour étudier les roches, puis extraire et sauvegarder les fossiles qui s'y trouvent. L'héritage paléontologique culturel est ainsi protégé et les données géologiques importantes sont soigneusement enregistrées.

Les méthodes de travail sont similaires à celles des archéologues et subdivisées en plusieurs étapes: prospections et sondages sur le terrain, documentation (identification scientifique des objets découverts), fouilles (selon une méthode systématisée), archivage (stockage organisé des trouvailles et inventorisation dans une base de données), préparation (traitement des fossiles en vue de rendre leur documentation possible), mise en valeur pour le grand public, collaborations scientifiques.

Les découvertes faites par la Section depuis 2000 dépassent largement toutes les prévisions, même les plus optimistes, tant dans les niveaux géologiques du Tertiaire (Molasse) que ceux du Jurassique. Parmi elles, la mise au jour d’innombrables traces de dinosaures dans la région de Courtedoux est la plus significative, faisant d’ores et déjà de ce site le gisement d’empreintes le plus riche au monde.

De telles richesses posent immanquablement la question de la préservation et de la mise en valeur futures de ce patrimoine. Depuis quelques mois, un projet de musée et parc géologique (géoparc) est sérieusement analysé avec les autorités jurassiennes.
Site à visiter : http:// www.palaeojura.ch

Etude de l’évolution de l'impact anthropique enregistrée dans les sédiments du lac du Loclat

3 mars, Présentation des étudiants de l‘institut de géologie à Neuchâtel

Les sédiments lacustres représentent de précieuses archives historiques de l'évolution de l'environnement que ce soit à l'échelle locale, régionale, voire à une échelle plus globale. Ce matériel contient notamment les enregistrements des changements du cadre géologique, de l’état chimique des eaux, du climat ou encore de la nature et des teneurs en contaminants.

Dans le cadre des travaux pratiques de l'Institut de Géologie, des analyses ont été effectuées sur des échantillons de sédiments du Lac Loclat prélevés dans des carottes de faible longueur. Ces sédiments représentent un enregistrement des évènements couvrant les 200 dernières années. Cette étude a ainsi permis de mettre en évidence une nette augmentation de la productivité lors du siècle dernier ainsi qu’une augmentation significative des teneurs en métaux lourds à partir des années 1950 avec un maximum pour le plomb et le zinc dans les années 60 et 70. De plus, il semble que l’évolution récente de ces éléments soit associée à des activités anthropiques à la fois locales (mise en place de la station d’épuration) et globales (pollution atmosphérique).