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18 décembre 2002

Evolution du monde vivant: extinctions et catastrophes

T. Adatte, Univ. NE

L'évolution du monde vivant est souvent perçue comme un processus de diversification conduisant à une augmentation constante du nombre des espèces. Mais le bilan global nous montre que le nombre d'espèces n'a guère augmenté depuis la dernière grande expansion de la Vie sur notre planète, depuis la conquête des milieux terrestres, il y a un peu plus de 400 millions d'années (Ma). Il est vrai que la prolifération d'espèces nouvelles n'a pas cessé pour autant, mais les nouveaux venus n'ont fait que prendre la place de prédécesseurs disparus.

En regardant de plus près, on s'aperçoit cependant que ce processus de remplacement d'anciennes espèces par de nouvelles formes n'était point régulier. L'évolution du monde vivant est entrecoupée de crises profondes où la biodiversité a diminué d'une manière dramatique. Les plus importantes parmi ces crises sont celle à la fin du Crétacé, il y a 65 Ma, populaire parce qu'elle correspond à la disparition des Dinosaures, et celle à la fin du Permien, il y a 250 Ma, où 90% du benthos marin ont disparu en très peu de temps (notion relative qui reste à préciser). Ces crises ont d'ailleurs été utilisées par les géologues stratigraphes pour diviser le Phanérozoïque, les dernières 550 Ma de l'histoire de la Terre, en trois ères, nommées Paléozoïque (Primaire), Mésozoïque (Secondaire) et Cénozoïque (Tertiaire et Quaternaire).En résumé, on peut dire que suivant le stade évolutif dans lequel se trouve le monde vivant à un moment donné, il est moins, ou au contraire plus vulnérable. Mais il est aussi évident que chaque crise majeure doit avoir une cause extérieure, quelquechose qui a déclenché la débâcle, que ce soit la chute d'un grand météorite ou simplement une détérioration sérieuse du climat. Ce sont ces alternatives qui seront surtout examinées au cours de cette conférence.