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6 novembre 2002

Le risque sismique en Suisse

M. Burkhard, Univ. NE

Il n'y a que peu de personnes qui ont senti une secousse sismique en Suisse. Pour les autres, habitants des cantons du Valais, des Grisons ou encore de la région d'Yverdon, les seismes ressentis au courant des derniers 50 ans étaient tous d'assez faible intensité – faisant à peine basculer quelques étagères ou cheminées. Peut-on conclure que la Suisse est à l'abri des grands tremblements de terre? Non, car on sait aussi qu'il y a déjà eu plusieurs forts tremblements de terre en Suisse qui ont causé d'importants dégats, notamment à Bâle en 1356 ou dans la Vallée de Zermatt en 1855.

Un réseau dense de seismomètres permet aujourd'hui l'enregistrement continue des petits tremblements de terre, même ceux qui ne sont pas du tout ressentis par l'homme. Les observations détaillées des derniers 50 ans permettent d'établir des courbes de magnitude / fréquence et ainsi la cartographie du danger sismique en suisse. Il existent des lois qui permettent d'extrapoler ces courbes vers des magnitudes plus larges, même si de tels tremblements de terre n'ont jamais été observés. Le problème est celui des événements rares, qui ont un temps de retour trop important pour rester dans la mémoire de l'homme.

Il y a eu récemment une prise de conscience du danger sismique en suisse, notamment alerté par quelques ingénieurs civils qui déplorent le manque de standards suffisants dans la construction des bâtiments (publiques) en Suisse. En effet, la seule protection contre les tremblements de terre reste les constructions "para-sismiques". Par ailleurs, la suisse procède actuellement à l'évaluation minutieuse du danger sismique notamment de ses centrales nucléaires.