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Société Neuchâteloise des Sciences Naturelles

La Société Neuchâteloise des Sciences Naturelles

Conférences 2021-2022, entrée gratuite

 

Certaines conférences sont également diffusées en ligne, informations sur https://www.museum-neuchatel.ch/evenements

Résoudre une vieille énigme par la modélisation des glaciers

Guillaume Jouvet, chercheur au laboratoire de systèmes autonomes à l'ETH de Zürich

27 octobre 2021, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

En mars 1926 disparaissaient quatre jeunes hommes sur le plus grand glacier d'Europe - le glacier d'Aletsch - dans des circonstances inconnues. Les squelettes de trois d’entre eux sont découverts 86 ans plus tard sur la langue du glacier. Que s'est-il passé en 1926 ? Où et comment les montagnards sont-ils morts ? Pour répondre à ces questions, il faut reconstruire les précipitations neigeuses, la dynamique de la glace, ainsi que la fonte du glacier d'Aletsch pendant presque un siècle par la modélisation numérique. Le modèle ne servira pas seulement à résoudre une vieille énigme, mais aussi à simuler l'évolution du glacier d'Aletsch au cours du 21ème siècle en fonction de notre capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

Revitalisation des tourbières du canton de Neuchâtel

Sébastien Tschanz, collaborateur scientifique au Canton de Neuchâtel

10 novembre 2021, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

La Suisse se situe sur la frange méridionale de l’aire de répartition européenne des tourbières. Depuis le XVIIe siècle, 90% des marais du canton de Neuchâtel ont disparu sous l’action humaine et il ne reste plus aujourd’hui que 18 tourbières. Depuis une quinzaine d'années, le Service de la faune, des forêts et de la nature entreprend d'importants travaux de revitalisation qui ont pour but de restaurer l’équilibre hydrique des tourbières. Ces travaux permettent de conserver et de favoriser plusieurs espèces végétales ou animales rares et caractéristiques des tourbières comme le montrent la forte augmentation des populations et le nombre d’espèces de libellules.

 

Montagnes du Jura – de la ressource minérale à la paléontologie

Antoine Pictet, conservateur de paléontologie au Musée cantonal de géologie de Lausanne

24 novembre 2021, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Le Jura prend son nom de la racine gauloise juris, qui signifie « forêt de montagne ». Du bois au ressources minérales, le Jura est exploité dès le Néolithique pour ses richesses souterraines tel que le fer, sels, pierres de construction, chaux, phosphate, et argiles. Bitumes et charbons, mis en évidence par le médecin grec Erini, deviennent un enjeu majeur du 19ème siècle, notamment avec le géologue prussien Leopold von Buch qui ouvre la voie à la géologie et paléontologie jurassienne. Dès lors, la seconde moitié du 19ème siècle devient l’âge d’or de la paléontologie avec L. Agassiz, J.-F-. Pictet, le Dr. Campiche, A. Gressly, A. Jaccard et bien d’autres...

 

Le merveilleux entomologique au XIXe siècle : Michelet, Fabre et Maeterlinck

Thibaud Martinetti, post-doctorant associé à la Chaire de littératures et savoirs de l’Université de Neuchâtel

08 décembre 2021, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Au XIXe siècle, certains vulgarisateurs de l’insecte résistent aux nouvelles méthodes de classification et contribuent à la rénovation de l’entomologie pittoresque du siècle précédent. Trois d’entre eux se sont démarqués par l’ambition de leur œuvre respective : Jules Michelet (L’Insecte, 1858), Jean-Henri Fabre (Souvenirs entomologiques, 1879-1907) et Maurice Maeterlinck (La Vie des abeilles, 1901). Nous observerons comment ces auteurs ont perçu dans la vulgarisation de l’insecte la possibilité de sublimer l’antinomie intrinsèque à la littérature scientifique, en élevant la science entomologique au statut de poésie, et la poésie entomologique à celui de science.

 

Les implications de la "non-chasse" à Genève

Manue Piachaud, étho-anthropotechnologue

12 janvier 2022, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

La prise en charge par l'État de Genève des animaux causant des dégâts amène à s'interroger sur les pratiques de chasse ainsi que sur la préservation des produits agricoles locaux. Quelles sont les pratiques utilisées ? Sont-elles reproductibles sur d'autres territoires ? La cohabitation entre animaux sauvages et le corps agricole dans un canton sans chasseur.se.s fait émerger divers enjeux. Alors que toutes les mesures de protection sont envisagées avant de réguler, plusieurs espèces sont tirées par les fonctionnaires. Que savons-nous de cette réalité ? En apprendre davantage sur ce sujet sensible, qui fait émerger quantité d'émotions, donne la possibilité de se positionner en connaissance de cause.

 

Un tsunami sur le Léman : Tauredunum 563 ap. J.C.

Stéphanie Girardclos, docteur en sciences de la Terre à l'Université de Genève

26 janvier 2022, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel


En 2010, deux géologues de l’Université de Genève, Stéphanie Girardclos et Katrina Kremer, en campagne sur le Léman, découvrent une anomalie sédimentaire dans les profondeurs du lac. Seul un événement extraordinaire, hors norme, a pu la provoquer. En quelques instants, une énigme vieille de 1500 ans, une légende pour beaucoup, devient un fait scientifique avéré. Comme en témoigne un manuscrit du Moyen Âge, c’est bien un tsunami qui a dévasté les rivages du plus grand lac d’Europe occidentale faisant des centaines de victimes....

 

Le pipicaca nouveau est arrivé !

Philippe Morier-Genoud, Biologiste indépendant

09 février 2022, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Nous sommes face à un vieux modèle, obsolète et problématique dans l’utilisation de nos sanitaires et la gestion des eaux usées. Dans la nature, un caca de vache ou d’éléphant disparaît en quelques jours de la surface du sol. Les vers de terre sont des partenaires privilégiés qui décomposent la matière organique en toute discrétion. Des expériences à Genève, et bientôt à Fribourg et à Lausanne proposent un système qui digère le "pipicaca" proprement et sans odeurs, sur place, en appartement ou devant la maison, sans être souillé par des eaux industrielles ou dilué dans des eaux moins chargées. Le "pipicaca" nouveau pourrait alors retrouver sa place dans les sols.

 

Complétement barré ! Le code-barre génétique comme aide à la connaissance des papillons de jour de Suisse

Yannick Chittaro, collaborateur scientifique, CSCF et Jessica Litman, conservatrice, MHNN

23 février 2022, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Bien que la plupart des papillons de jour puissent être identifiés sans trop de difficultés sur la base de leur morphologie, la détermination de plusieurs taxa (espèces cryptiques) est nettement plus complexe et leurs distributions sont parfois encore largement méconnues. Des données génétiques sont de plus en plus sollicitées comme un outil complémentaire aux méthodes traditionnelles taxonomiques pour l’identification de ces espèces. Le « barcode », une méthode génétique simple et peu coûteuse, permet déjà d’amener des réponses dans plusieurs cas problématiques. De manière plus appliquée, des méthodes génétiques peuvent aussi être utilisées pour améliorer les pratiques sur le terrain et optimiser les stratégies de conservation.

 

La protection de la diversité bioculturelle

Telmo Pievani, Professor, University of Padua

16 mars 2022, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

L’association des diversités biologique et culturelle est définie comme la “diversité bioculturelle”. A différents endroits dans le monde, des taux élevés de biodiversité sont associées à des taux également élevés de diversité culturelle. Jusqu’à présent, il n’y avait pas d’argument scientifique formalisé pour expliquer cette association. Dans cette présentation, on explore l’évolution de la diversité bioculturelle en Italie, où des facteurs multiples sous-tendent la relation intime entre les diversités biologique et culturelle. Cette relation a des incidences sur la conservation, car lorsque la biodiversité est menacée, la diversité culturelle l’est aussi. Une compréhension de l’origine de la diversité bioculturelle peut favoriser la conservation de ce trésor social et économique.

 

 

 

membre de la scnat académie des sciences naturelles