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Société Neuchâteloise des Sciences Naturelles

La Société Neuchâteloise des Sciences Naturelles

Conférences 2018-2019

 

Entrée gratuite

 

Estimer l’impact des changements climatiques en tourbières grâce aux amibes à thèque

Isabelle Koenig, Laboratoire de biodiversité du sol, Institut de biologie, Université de Neuchâtel

24 octobre 2018, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Les amibes à thèque sont un groupe d’organismes unicellulaires très important dans les réseaux trophiques microbiens des tourbières dans lequel elles jouent un rôle à différents niveaux, de proie à prédateur, participant ainsi au cycle du carbone et des autres éléments, et de ce fait au fonctionnement global de l’écosystème. Elles se protègent dans une coquille qu’elles sécrètent ou construisent avec des particules de leur environnement. Cette coquille persiste dans la tourbe et permet d’identifier l’espèce des siècles voire des millénaires après la mort de l’amibe. Présentation des résultats obtenus en utilisant la structure taxonomique des communautés d’amibes à thèque, ainsi que certains traits morphologiques pour estimer le fonctionnement hydrique des tourbières et ainsi évaluer leur état actuel et leur évolution.

 

 

Les moustiques invasifs en Suisse

Eleonora Flacio, Laboratoire de microbiologie appliquée, SUPSI

07 novembre 2018, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Les moustiques exotiques invasifs sont désormais une réalité en Suisse. Le plus connu, Aedes albopictus, autrement appelé moustique tigre, a été découvert au Tessin en 2003. Il est présent aujourd'hui dans tous les fonds de vallées du canton et envahit d’autres régions suisses. Aedes japonicus, appelé en allemand Buschmücke, se répand rapidement au nord des Alpes depuis 2008 et dernièrement commence sa colonisation vers le Sud. Plus rare, Aedes koreicus est présent au Tessin depuis 2012, le long des autoroutes et aux Grisons. L’expansion de ces moustiques est inévitable ; ils diffèrent tous trois par leur écologie, leur nuisance et leur capacité à transmettre des maladies (compétence vectorielle). Leur gestion passe par une meilleure compréhension de leur biologie. L’Office fédéral de l’Environnement (OFEV) a mis en place en 2017 un système « Réseau Suisse Moustiques » qui prétend coordonner toutes les activités de surveillance et de contrôle des moustiques invasifs.

 

 

La Mission scientifique suisse en Angola (1928-1929) vue au travers du film et du journal de Marcel Borle

Marcel Jacquat, Ancien directeur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds

21 novembre 2018, à 20h à l’auditoire au Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds

Partant de l’idée d’une expédition de chasse émise par le Dr Georges Hertig (1873-1929), médecin alors établi en Afrique du Sud et l’industriel fleurisan William Borle (1869-1948), la Mission est devenue scientifique suite à l’agrégation à ce duo du Dr Albert Monard (1886-1952), conservateur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds. De plus, le plus jeune des expéditionnaires, Marcel Borle (1895-1983), étudiant en musique alors établi à Paris, fut chargé par son père de venir tourner un film documentant l’expédition partie de Suisse le 21 juillet 1928 et ayant quitté l’Angola le 22 février 1929 (en Suisse le 19 mars). Parallèlement, Marcel Borle tenait un journal de bord très détaillé, comptant quelque 1200 pages manuscrites qui furent transcrites et éditées par le musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds entre 1992 et 1994.

 


L’histoire évolutive des ruminants est cachée dans l’oreille...

Loïc Costeur, Département de géosciences, Musée d’histoire naturelle de Bâle

05 décembre 2018, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Avec environ 210 espèces, les ruminants sont un groupe de mammifères assez diversifié dans tous les milieux terrestres. Leur histoire évolutive s’étend sur environ 45 millions d’années ; autour de 19 à 15 millions d’années, les appendices crâniaux, si typiques de ces animaux, apparaissent. Ils sont la caractéristique majeure qui permet d’attribuer un crâne à l’une des familles connues. Or, de 45 à 19 millions d’années, l’absence de cet attribut chez les ruminants rend la classification difficile. En travaillant sur l’oreille interne, centre de l’audition et de l’équilibre, des ruminants actuels et fossiles, nous tentons de résoudre cette difficulté. Nous avons donc scanné aux rayons X des crânes, aussi bien fossiles qu’actuels pour en reconstruire l’oreille interne. Grâce à cela, nous avons pu retracer l’histoire évolutive de la famille des cerfs depuis 20 millions d’années en comprenant quel était le tout premier «vrai cerf».

 

 

Un passage vers le nord-ouest sans glace : quelles sont les conséquences pour l'exploration et l'exploitation des ressources minérales au Groenland et dans l'Arctique canadien ?

Denis Martin Schlatter, Helvetica Exploration Services GmbH à Zürich

16 janvier 2019, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Une route de navigation utilisant le tout nouveau passage dégelé du nord-ouest en Arctique représenterait à l’avenir une route commerciale maritime efficace, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique via l’océan Arctique.
Les changements climatiques mondiaux et leurs conséquences négatives attendues dans un proche avenir, auront d’un autre côté des bénéficiaires tels que des sociétés marchandes qui tireront avantage d’un passage ouvert en permanence en Arctique. De plus, les sociétés minières seront en mesure de mieux explorer les ressources minérales de l’Arc- tique et d’accéder plus facilement aux marchés. Mais, quels sont les facteurs socio-économiques et environnementaux en jeu dans ce scénario ? La perte de glace causée par le réchauffement climatique peut-elle être considérée véritablement comme un résultat positif ?

 

 

Entre recherche et pratique : Conservation du Sabot de Vénus en Suisse

Olivia Rusconi, Laboratoires de biodiversité du sol et d'écologie fonctionnelle, Institut de biologie, Université de Neuchâtel

30 janvier 2019, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Le Sabot de Vénus est une orchidée emblématique, menacée et admirée par les botanistes et le public en général. Depuis de nombreuses années, en Suisse et partout en Europe, plusieurs plans d’action cherchent à protéger cette espèce sans toute- fois atteindre tous les résultats espérés. Dans le cadre d’un travail de doctorat, deux laboratoires de l’Université de Neuchâtel, le Jardin botanique de Neuchâtel, de nombreux praticiens ainsi que les autorités cantonales et fédérales de conservation de la nature travaillent ensemble dans le but d’améliorer les connaissances scientifiques permettant la conservation de cette orchidée. En effet, bien que le Sabot de Vénus soit une espèce menacée largement connue, de nombreuses zones d’ombre demeurent en ce qui concerne son écologie. Afin de choisir des mesures de protection ciblées et efficaces, le travail de thèse qui vous sera présenté cherche à identifier les caractéristiques des sols qui abritent cette espèce ainsi qu’à mieux comprendre quels types de végétation et les conditions climatiques lui sont favorables. De plus, des recherches sont menées sur les champignons symbiotiques de cette orchidée et sur les insectes qui la pollinisent en Suisse.

 

 

Titre à préciser

Samuel Jaccard, Institut des sciences géologiques, Université de Berne

13 février 2019, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

 

 

Ce que dirait Darwin de l'agriculture moderne : les enjeux pour notre sécurité alimentaire

Daniel Croll, Laboratoire de génétique évolutive, Institut de biologie, Université de Neuchâtel

06 mars 2019, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

L'agriculture est une de nos plus anciennes inventions et nous y sommes depuis profondément dépendants. En sélectionnant des céréales pour maximiser la récolte et en élevant des animaux pour en améliorer le rendement, nous avons refaçonné une grande partie des surfaces terrestres et fait de la production alimentaire un véritable processus industriel. En examinant de quoi est faite l'agriculture moderne, nous constatons qu'un nombre inquiétant de questions se posent. Les changements climatiques auront un impact fondamental sur les pratiques agricoles adoptées dans le futur. Nous sommes également confrontés à une menace persistante et croissante de maladies qui touchent les plantes cultivées. Se pencher sur l’évolution des agents pathogènes responsables de ces maladies permet de mieux appréhender les menaces qu’ils posent aux cultures agricoles. Les pratiques de l'agriculture moderne ont créé un terrain fertile à la création de pathogènes mutants tout en facilitant leur propagation. Les mutations accumulées permettent aux pathogènes d'attaquer des cultures résistantes ou de vaincre les produits chimiques destinés à les contrôler. Notre recherche a pour but d'identifier les mécanismes précis menant à l'émergence d’agents pathogènes dans un contexte agricole. Bien que souvent considérée comme un processus lent, l'exemple des pathogènes illustre la vitesse impressionnante à laquelle l'évolution peut procéder. Sur la base de nos recherches, nous pouvons clairement retracer comment un agent pathogène bénéficie de nos pratiques agricoles. Nos champs d’étude touchent à la fois aux questions de l'utilisation de produits chimiques et de l’introduction de plantes génétiquement modifiées en agriculture. Nos connaissances nous aideront à la fois à améliorer l'agriculture mais aussi à la rendre plus durable.

 

 

Fonction et signification de la communication vocale des babouins olives

Yaëlle Bouquet, Laboratoire de cognition comparée, Institut de biologie, Université de Neuchâtel

20 mars 2019, à 20h à l’auditoire au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel

Dans le passé, les scientifiques pensaient que la communication animale était rigide et le résultat de l’excitation. De récentes recherches semblent démontrer le contraire, avec des animaux capables de prendre en compte les relations d’amitié ou de dominance entre les individus, ainsi que la composition des membres de l’audience quand ils vocalisent. Yaëlle Bouquet a observé la communication et le comportement des babouins olives pendant huit mois dans les forêts ougandaises, en mettant plus particulièrement l’accent sur les cris de copulation et les vocalisations sociales. Quel message les femelles babouins cherchent-t ‘elles à faire passer quand elles crient lors de l’accouplement? Parmi les nombreuses hypothèses avancées, quelle est la fonction de ces cris de copulation? Quand deux individus se rencontrent, comment communiquent ’ils leur envie de s’épouiller ou d’interagir avec un enfant? Quels facteurs ou combinaisons de facteurs mènent un individu à vocaliser lors de retrouvailles?