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Semestre d'été 2005

I. PHILOSOPHIE GÉNÉRALE

Richard Glauser, professeur
Cours I: Introduction aux problèmes de la philosophie de la perception
La philosophie de la perception, dont l'étude remonte à l'Antiquité, est un des domaines importants des recherches actuelles. Elle entretient des rapports directs avec la philosophie de la connaissance, la philosophie de l'esprit et la métaphy­sique. En guise d'introduction, je présenterai certaines notions fondamentales, telles que la relativité perceptuelle, la distinction entre qualités premières et qualités secondes, la distinction entre perception véridique, illusion perceptuelle et hallucination. Je présenterai ensuite différentes théories classiques de la per­ception: la théorie causale, le réalisme direct, le réalisme représentatif, le phé­noménisme, l'idéalisme perceptuel et la théorie adverbiale. Ces théories seront illustrées par des cas particuliers historiques et contemporains. Nous examine­rons et évaluerons certains des arguments les plus importants utilisés pour ou contre les positions et les thèses en jeu. L'accent sera mis sur une présentation et une analyse systématiques, mais les problèmes, les théories et les arguments (ainsi que les concepts techniques) seront situés dans leurs contextes historiques propres. Ce cours fait partie de la matière de l'examen de fin de première année.

 Séminaire I: Explication de textes et dissertation
Ce séminaire est la prolongation du séminaire de travaux pratiques du semes­tre d'hiver. Il a pour but de former les étudiants de 1èreannée à la dissertation philosophique par le moyen d'exercices. En même temps, il sert de complément au cours d'introduction aux problèmes de la philosophie de la perception, et les textes faisant l'objet d'exercices portent sur les problèmes étudiés dans ce cours. Il est donc nécessaire de suivre le cours pour participer au séminaire. Les textes, ainsi que le cours I, constituent la matière de l'examen de fin de 1ère année. Ils seront distribués à la première séance. Les étudiants sont divisés en deux grou­pes, comme au semestre d'hiver.

 

Michael ESFELD, professeur à l'Université de Lausanne (remplaçant de Mme L. Berchielli en congé maternité)
Cours: La métaphysique de la nature en philosophie contemporaine
Un courant important en philosophie analytique soutient qu'il n'y a pas de sé­paration entre la philosophie et les sciences. Dans les trente dernières années, la métaphysique a connu une réhabilitation dans le cadre analytique. Le but de ce cours est de présenter les notions clés pour une métaphysique de la nature dans le cadre de la philosophie contemporaine en tenant compte des résultats des sciences. Le cours s'adresse à tous les étudiants. Il ne présuppose aucune connaissance en sciences. Un polycopié accompagnant le cours sera distribué. Pour des renseignements complémentaires, l'enseignant peut être contacté par courrier électronique à l'adresse Michael-Andreas.Esfeld@unil.ch.

 

Christian MAURER, assistant
Séminaire: Égoïsme, sympathie et moralité. Hobbes et la philosophie morale britannique
Pour quelle raison nous sentons-nous attirés par le spectacle du naufrage d'un bateau? Est-ce dû à notre pitié pour les victimes ou à la joie de ne pas nous trou­ver dans une telle situation? Voici une des questions que s'est posées Thomas Hobbes au milieu du XVIIIe siècle. Depuis lors, son analyse égoïste de la nature humaine ainsi que les conséquences qu'il en a tirées dans le domaine de la philosophie politique et morale n'ont pas cessé de provoquer des discussions.
Le côté égoïste de la nature humaine est-il dominant au point que la sympa­thie envers autrui ne puisse jamais nous motiver? La moralité a-t-elle son origine dans la flatterie, comme le dit Mandeville, auteur du début du XVIIIe siècle qui attire le scandale? Dans une société, est-il irrationnel de ne pas agir de manière égoïste? Ou bien est-il moralement acceptable, voire recommandé d'agir de ma­nière égoïste? L'amour propre et la moralité sont-ils compatibles? Nous aborde­rons ces questions en travaillant sur des textes d'auteurs tels que Hobbes, Shaftesbury, Mandeville, Hutcheson, Butler et d'autres qui ont influencé les dis­cussions dans l'Europe entière.
Les textes traités en cours seront disponibles sur internet et comme copies dès le début du séminaire. Les étudiants intéressés peuvent se préparer en lisant les chapitres VI, XIII et XIV du Léviathan de Thomas Hobbes ainsi que l'article de Robert Shaver sur l'égoïsme dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, dis­ponible sous l'adresse suivante: http://plato.stanford.edu/archives/win2002/entries/egoism/, ou bien s'adresser à Christian Maurer pour des informations supplémentaires.

II. HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Daniel SCHULTHESS, professeur
Cours I: Histoire de la philosophie: Philosophie médiévale
Les conditions de l'activité philosophique sont différentes au moyen âge latin de ce qu'elles furent dans le monde antique. Tant dans la description de la réalité que dans la façon de penser la destinée humaine, une dualité tend à s'instaurer entre l'exercice philosophique, d'un côté, et de l'autre la vie et la pensée reli­gieuses (judaïsme, chris­tianisme, Islam). Cette dualité, parfois exacerbée, par­fois sur­montée, n'empêcha pas le moyen âge latin de cultiver la philosophie avec une inten­sité presque sans égale dans l'histoire. Après une présentation d'ensemble de ces nouvelles conditions, le cours aborde une suite d'étapes déci­sives de la philoso­phie médiévale en Occident: le platonisme du haut moyen âge, Pierre Abélard, l'apport de la philosophie en contexte musulman, Thomas d'Aquin, les orientations philoso­phiques des XIVe et XVe siècles.
Cours d'histoire de la philosophie: Leibniz et les phénomènes
Avant Leibniz, la notion de phénomène comporte une dimension négative dans la philosophie de la connaissance: tant qu'on n'a affaire «qu'à des phé­nomènes», la connaissance est impossible. La notion de phénomène est tout particulièrement mise en exergue dans le scepticisme, comme le montre par exemple sa fonction dans l'oeuvre de Sextus Empiricus: l'enquête se poursuit toujours sur ce qui est, sans jamais aboutir à une connaissance, et on en est ré­duit à ce qui apparaît. Il n'y a pas dans les phénomènes de quoi établir une connaissance: ils ne contribuent qu'à définir qu'une sorte de régie de la vie cou­rante qui n'a pas un tel statut. - Avec Leibniz, un profond changement s'effectue: une bonne partie du corps des différentes sciences, à commencer par les mathématiques, consiste selon lui en une connaissance des phénomènes, dans la mesure où ceux-ci sont bien fondés (phaenomena bene fundata). On notera que l'idéalisme des Modernes (depuis Kant) est tout simplement inconcevable sans cette «révolution» intellectuelle. - Le but du cours - qui reprend les cha­pitres d'un livre en cours de rédaction - est d'établir les différentes raisons qui déterminent, dans la pensée leibnizienne, une approche de la notion de phéno­mène toute nouvelle par rapport aux prédécesseurs (notamment bien sûr Descartes).
Séminaire I: Platon: République
La République, un des ouvrages majeurs de Platon, commence par une en­quête sur la justice entendue comme une disposition de la personne. Cette en­quête est bientôt étendue à l'État tout entier, dont Platon assure qu'il doit être gouverné par les philosophes. Le dialogue présente les principales doctrines concernant la vie sociale, la réalité, l'âme et la connaissance qui justifient cette thèse surprenante.

Édition utilisée: Platon, République, 2eéd. trad. et prés. par Georges Leroux, Paris, GF Flammarion, 2004. Une douzaine d'exemplaires a été réservée auprès de la librairie Forum (Cité Universitaire). Prix: environ 14.-.

Thomas RICKLIN, professeur à la Ludwig-Maximilians-Universität de Munich, chargé d'enseignement à l'Université de Neuchâtel; en colla­boration avec Delphine CARRON, doctorante
Cours: Poètes et philosophes: une controverse classique chez Boccace, Pétraque et Salutati
Platon a banni les poètes de sa République idéale et Aristote a fondé la philo­sophie comme une science argumentant de façon strictement logique. Déjà au Moyen Age, quelques auteurs isolés, comme Alain de Lille ou Dante Alighieri - qui en tant que poètes philosophent et inversement - et tout particulièrement Guillaume de Conches, donnent un sens philosophique à la poésie classique. Au plus tard avec le couronnement du poète Albertino Mussato en l'an 1315, se met en place une discussion extrêmement engagée et fertile sur les possibilités de la poésie. Riche en conséquences avant tout parce que Pétrarque dans les Familiares et les Invectiva contra medicum, Boccace dans les livres XIV et XV de la Genealogia deorum gentilium et Salutati dans le premier livre du De laboribus Herculis reprennent et affinent l'argumentation afin de s'inscrire dans le nouveau rôle du poeta philosophus, rejetant ainsi la damnation platonicienne des poètes.


Anne MEYLAN, assistante

Cours-séminaire: L'éthique de la croyance: ses problèmes et ses aspects dans la philosophie moderne et contemporaine.
Toutes les vérités sont-elles bonnes à croire ou faut-il, au contraire, interdire aux individus l'accès à certaines croyances? L'ignorance peut-elle être, parfois, qualifiée de «faute morale» ou est-elle toujours parfaitement innocente? Telles sont les questions auxquelles ce cours-séminaire invite à penser. Le fait de blâmer l'ignorance ou d'assigner une responsabilité de croire aux individus présupposent la conception d'une forme ou l'autre d'éthique de la croyance. Plus généralement, le philosophe qui souhaite être en mesure de d'évaluer le comportement cognitif des individus aura à élaborer un ensemble de thèses qui rendent compte de la manière dont la moralité intervient dans le domaine des croyances, des opinions, des connaissances, etc. Sa tâche sera ardue. Dans l'introduction de ce cours, nous dessinerons le contour des difficultés que pose l'application des catégories morales aux croyances plutôt qu'aux actions. Dans un deuxième temps, nous étudierons les textes de plusieurs auteurs modernes et contemporains qui présentent une forme d'éthique de la croyance. Nous tenterons, d'une part, de distinguer plusieurs courants de pensée. D'autre part, nous essayerons de cerner comment chacun d'eux résout les problèmes que pose la conception d'une éthique de la croyance. Ce travail nous conduira, entre autres, à nous interroger sur la valeur de l'autosuggestion et de la crédulité. Les textes pourront faire l'objet d'une présentation de la part des étudiants.


III. ENSEIGNEMENT INVITE
Laurent JAFFRO, professeur à l'Université de Clermont-Ferrand
Cours: Raison et sentiments; controverses en philosophie morale
Les jugements moraux que nous portons ne se réduisent pas à la simple ap­préciation de la valeur de telle conduite ou attitude. Ils comportent aussi un élé­ment qui incite à agir en conformité avec eux. Cet aspect pratique des jugements moraux doit être analysé. Dans la philosophie morale contemporaine, deux camps s'affrontent à ce sujet: certains auteurs, qui se disent «humiens», insistent sur la prépondérance des affects, des désirs et des sentiments dans la motivation morale; ils élaborent des arguments sophistiqués contre leurs adversaires dits «cognitivistes» qui, quant à eux, affirment que la raison est capable par elle-même d'être pratique. L'objet du cours est de présenter ces controverses (no­tamment celle qui oppose Simon Blackburn et Christine Korsgaard), de discuter les argumentations et de défendre, autant qu'il est possible, une forme de ratio­nalisme moral.

Séminaire: Raison et sentiments dans la philosophie morale du XVIIIe s.
Cet enseignement porte sur des extraits tirés principalement de Hutcheson, Hume (en particulier le Traité de la nature humaine, II, III, 3 et III, I, 1) et Kant (principalement les deux premières sections des Fondements de la métaphysique des moeurs). Il vise à reconstituer l'état de la discussion sur la nature de la moti­vation morale au XVIIIe siècle. Une bonne introduction se trouve dans les Leçons sur l'histoire de la philosophie morale de John Rawls (La Découverte, 2002).