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Semestre d'hiver 04-05

I. PHILOSOPHIE GÉNÉRALE

Richard GLAUSER, professeur
Cours I: Introduction aux problèmes de la philosophie de la connaissance
Faisant partie d'une série de cours d'introduction aux problèmes de la philosophie donnés chaque semestre, ce cours est destiné principalement aux étudiants de 1ère et 2ème année. Il est accompagné du séminaire de travaux pratiques, vivement recommandé aux étudiants de 1ère année. Notre but est de présenter et d'examiner de manière introductive certains des principaux problèmes de la théorie de la connaissance. Après une partie générale, dans laquelle nous passerons en revue sommairement les problèmes principaux, nous aborderons de manière plus détaillée: I) la justification épistémique face au scepticisme; II) l'empirisme et l'innéisme, la connaissance a priori et a posteriori, la distinction entre vérités nécessaires et contingentes, entre propositions analytiques et synthétiques, la question des propositions synthétiques a priori; III) le problème de la structure des connaissances prises dans leur ensemble: fondationnisme, cohérentisme, et fiabilisme. Nous examinerons et évaluerons certains des arguments utilisés pour défendre ou attaquer les positions et les thèses en jeu. La présentation et l'analyse seront systématiques, mais les problèmes, les théories et les arguments seront situés dans leurs contextes historiques respectifs. En guise de préparation on lira avec profit:
P. Engel: Philosophie et psychologie, Paris, Folio (Gallimard), 1996, chap. 3-5.
Séminaire I: Explication de textes et dissertation (TP)
Cet enseignement est conçu comme un séminaire de travaux pratiques et dure toute l'année. Il a pour but de former les étudiants de 1ère année à la dissertation philosophique au moyen d'exercices d'explication de textes et de dissertation. En même temps, il sert de complément au cours d'introduction aux problèmes de la philosophie de la connaissance: les textes faisant l'objet d'exercices portent sur les problèmes étudiés dans ce cours. Il est donc nécessaire de suivre le cours pour participer au séminaire. Les textes, ainsi que le cours I, constituent la matière de l'examen de fin de 1ère année (1e série). Ils seront distribués à la première séance. Les modalités du déroulement du séminaire seront expliquées à ce moment. Les étudiants de 1ère année seront répartis en deux groupes lors de la première séance; un groupe travaillera avec M. Christian Maurer, assistant.
Séminaire: David Hume, Traité de la nature humaine, Livre I (L'entendement)
Dans le Livre I du Traité (1739-40), Hume cherche à élaborer une anthropologie philosophique - une science de la nature humaine - sur la base d'un empirisme radical. Il fait un examen critique très approfondi d'un grand nombre de positions fondamentales généralement admises non seulement par les philosophes classiques, mais souvent aussi par l'homme du commun, concernant par exemple la substance, la causalité, l'espace et la géométrie, la rationalité, l'existence des corps, l'immortalité de l'âme et l'identité personnelle. Il donne une reconstruction génétique fascinante de ces croyances, tout en aboutissant à la conclusion sceptique qu'elles ne sont pas justifiables rationnellement. Il s'oppose donc aussi bien aux rationalistes de son temps qu'à ses prédécesseurs empiristes. Par ailleurs, son analyse de la relation de causalité, très importante pour elle-même, lui permet de prendre des positions intéressantes sur le problème de la liberté et du déterminisme et sur la question des miracles. La Conclusion du Livre I nous réserve toutefois une surprise de taille; elle rend très problématique la question: Hume est-il ou non un sceptique, et le cas échéant de quelle sorte?
La meilleure préparation au séminaire est naturellement la lecture de Hume. Des exemplaires du Livre I du Traité de la nature humaine (Garnier Flammarion, Paris) sont disponibles à la Librairie Payot. Est également recommandé: L'Enquête sur l'entendement humain, écrite en 1748 (Garnier Flammarion, Paris). Une bibliographie sera distribuée au début du séminaire.
Référence bibliographique:
R. Hall (éd.), Fifty Years of Hume Scholarship (A Bibliographical Guide), Edinburgh University Press, 1978.
Quelques ouvrages critiques en français:
J.-P. Cléro: Hume, Paris, Vrin, 1998.
A. Leroy: David Hume, Paris, 1953 (ouvrage général d'introduction).
M. Malherbe: La philosophie empiriste de David Hume, Paris, Vrin, 1976.
Y. Michaud: Hume et la fin de la philosophie, Paris, PUF, 1983.
J. Pucelle: Hume ou l'ambiguïté, Paris, 1969.

Laura BERCHIELLI, chargée d'enseignement
Cours-séminaire: La couleur dans la philosophie de l'esprit contemporaine
Dans la Farbenlehre, Goethe écrit: «De tout temps il fut quelque peu dangereux de traiter de la couleur, à tel point qu'un de nos prédécesseurs se risqua même un jour à dire: Le taureau devient furieux si on lui présente une étoffe rouge; mais le philosophe, dès que l'on parle seulement de couleur, se met en rage.» La détermination de la nature et des propriétés de la couleur est effectivement un problème très controversé de la tradition aussi bien scientifique que philosophique. Il s'agit d'un problème qui s'insère dans la question plus générale de la connaissance de la réalité extérieure et de ses rapports avec la subjectivité. Le renouveau de l'intérêt philosophique pour la question de la couleur dépend essentiellement de deux facteurs: les développements de la connaissance scientifique concernant les processus neurophysiologiques liés à la perception chromatique; et 2) l'importance du thème des états qualitatifs (ou qualia) dans la discussion de la philosophie de l'esprit contemporaine. La première partie du cours sera consacrée aux connaissances scientifiques relatives à la couleur, la deuxième partie à l'enquête philosophique. À travers le thème de la couleur, nous discuterons les positions à l'égard de la perception et de la conscience de D. M. Armstrong, C.L. Hardin, D. Dennett, C. McGinn, J.J. Gibson, F. Jackson et L. Wittgenstein.

II. HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Daniel SCHULTHESS, professeur
Cours I: Histoire de la philosophie ancienne

Le cours porte sur l'histoire de la philosophie grecque jusqu'à Aristote. En voici les étapes: les principaux représentants de la pensée ionienne; les écoles italiennes, pythagoricienne et éléate; la continuation de la spéculation sur le monde physique après les Éléates; les Sophistes, Socrate, Platon et Aristote. Une attention particulière sera accordée au problème de l'être tel qu'il est posé d'abord par Parménide et transformé chez ensuite Platon et Aristote.
Cours: Charles Larmore, Les Pratiques du moi
Dans son tout récent livre, Ch. Larmore s'interroge sur la connaissance de soi. À la suite de J. P. Sartre, il relève de profondes asymétries entre la connaissance de soi et celle d'autre chose. Si d'un côté nous sommes familiers de nous-mêmes de façon largement implicite et routinière, d'un autre côté nous pouvons dans certaines circonstances former le projet de mieux nous connaître nous-mêmes. Ce projet fait même partie de la notion très courante d'authenticité: ne dit-on pas qu'on veut être ou rester soi-même? Mais ce projet - dans lequel nous touchons d'ailleurs une forme fondamentale de philosophie morale - est-il cohérent? Ch. Larmore l'examine en détail et constate que non. Il met en avant progressivement, dans la connaissance de soi, un noyau pratique, un engagement. C'est ainsi que s'explique le titre du livre. Cette conclusion affecte alors ce qu'on a coutume d'appeler la réflexion, comme capacité fondamentale de l'homme: il existe une réflexion cognitive et une réflexion pratique. Le livre développe ainsi une perspective originale, tout en dialoguant avec une série d'auteurs classiques et modernes.
Édition utilisée:
Charles Larmore, Les Pratiques du moi, Paris, PUF, 2004, 268 p. (Collection Éthique et philosophie morale).

Gaëlle JEANMART, chargée d'enseignement
Cours: Subjectivité et herméneutique dans les Confessions de s. Augustin
Me fondant sur l'existence d'un étroit réseau de scènes de lecture aux moments clés du premier grand récit autobiographique de l'Occident, je consacrerai le cours à interroger l'impact de l'herméneutique sur la constitution du sujet augustinien. Pourquoi Augustin attribue-t-il une telle importance à la lecture? Quelle est la fonction propre qui lui est conférée? Quel est son impact sur le moi?
Séminaire: Philosophies de l'éducation dans l'Antiquité et le Haut Moyen Âge
Le séminaire sera consacré à une histoire des modèles d'éducation qui s'essaye à comprendre les différences entre les visées pédagogiques des penseurs antiques (plus précisément des Sophistes, de Socrate, Platon et d'Aristote) et de ceux que l'on a pu appeler les «instituteurs de l'Occident», les moines, en examinant plus spécifiquement les Institutions cénobitiques de Cassien, la Règle de saint Benoît et la Règle du Maître.

Thomas RICKLIN, professeur assistant;  en collaboration avec Delphine CARRON, doctorante

Cours: La conception de la philosophie au XIVe siècle: à cheval entre le Du bien suprême (Boèce de Dacie) et Mon ignorance et celle de tant d'autres (Pétrarque).Le XIVe siècle est le théâtre d'un changement profond dans le champ de la philosophie. Les premiers humanistes Pétrarque, Boccace et Coluccio Salutati élèvent leur voix contre les philosophes professionnels en se réclamant d'une philosophie qui est mode de vie et non pas matière d'examen, comme cette philosophie universitaire condamnée à passer pour scolastique. Pourtant, si durablement que le fossé entre humanisme et scolastique ait su s'inscrire dans les manuels d'histoire de philosophie, des universitaires tels que Albert le Grand, Boèce de Dacie et Maître Eckhart ont osé penser le philosophe en tant que l'être le plus parfait. Pour eux aussi, la meilleure manière de vivre consiste à être philosophe. Les humanistes seraient-ils donc les héritiers ingrats des scolastiques maudits?

Christine CLAVIEN, assistante
Cours: La Question de l'altruisme en théorie des jeux, biologie et philosophie
Les êtres humains sont-ils capables d'agir de manière authentiquement altruiste? Si oui comment cela s'explique-t-il? Dans leur fameux livre Unto Others, les sociobiologistes D.S. Wilson et E. Sober constatent qu'à ce jour, les efforts déployés par les philosophes depuis des centaines d'années n'ont pas fourni de réponse convaincante à ces questions. Wilson et Sober ne sont pas les seuls à exprimer cette conviction. Dès les années 60, face à ce qu'ils considèrent comme un échec de la philosophie, un bon nombre de sociobiologistes proposent de traiter les questions liées à l'altruisme au moyen de nouveaux outils théoriques fournis par la biologie évolutive et la théorie des jeux... Ainsi, ils expliquent le phénomène de l'altruisme en termes de "succès de reproduction", "réplication génétique", "effet phénotypique", "stratégie évolutionnairement stable", etc.
L'objectif de ce séminaire est d'une part, de vous familiariser à cette nouvelle approche de l'altruisme, d'autre part, de vous permettre d'en saisir les forces et les limites.
Ce séminaire est un bon complément à celui sur l'égoïsme, qui sera dispensé par Christian Maurer au semestre d'été.
Les étudiants doivent acheter le livre suivant:
Richard Dawkins, Le Gène Egoïste. Paris: Collection Poche Odile Jacob, 2003.

III. ENSEIGNEMENT INVITÉ

Fabrice CLÉMENT, chargé d'enseignement
Cours: Philosophie et sciences cognitives

L'émergence et le développement des sciences cognitives ont encouragé de nombreux philosophes à tirer les conséquences des préceptes naturalistes de Quine. La nouvelle philosophie de l'esprit s'est ainsi rapprochée du monde scientifique, et en particulier de la psychologie, des neurosciences ou encore de l'intelligence artificielle, afin de renouer un dialogue trop longtemps interrompu.
L'objectif de ce cours est de proposer aux étudiants en sciences humaines un parcours guidé au sein des recherches scientifiques contemporaines. Après une mise en contexte qui permettra de saisir leur intérêt intrinsèque, un certain nombre d'expériences fondamentales seront présentées de manière synthétique. Leurs résultats souvent surprenants permettront de jeter un regard renouvelé sur de nombreux thèmes de la tradition philosophique: la raison, les émotions, la mémoire, la décision, le libre arbitre, l'acquisition des croyances, l'influence de la culture, l'identité personnelle, la nature de la conscience, etc.
 
IV. LOGIQUE
Tout étudiant ayant choisi la philosophie comme branche d'étude est tenu de suivre en 1e ou en 2e année le cours I Logique des propositions et des prédicats ainsi que les travaux pratiques de logique. Une attestation doit être obtenue dans ce cadre.

Pierre JORAY, maître assistant et chargé de cours
Logique I: Propositions et prédicats

Faculté des lettres et sciences humaines (1ère année)
Située au centre de l'étude du raisonnement, la logique constitue un instrument indispensable dans notre volonté de connaître et de caractériser toujours davantage les opérations mises en oeuvre dans nos démarches déductives. Ce cours propose une initiation à l'objet ainsi qu'aux méthodes de la logique dite classique. Nous y aborderons la notion centrale de proposition sous les deux aspects que sont sa valeur de vérité et l'organisation des concepts qui en permettent l'analyse. Le cours sera complété par une heure de T.P. dont le but est d'apporter une compétence pratique dans les démarches ainsi que dans les stratégies déductives.

Cédric DEGRANGE, assistant de logique
Travaux pratiques de logique