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Actualités bio-médicales: la grippe

Le décours de l 'épidémie en Suisse peut être suivi sur le site de l'Office Fédéral de la Santé ( OFSP ). Son système Sentinella suit l'évolution de l'épidémie de grippe (et d'autres malasies infectieuses) et informe semaine après semaine. Comme chaque année, l'OFSP recommende la vaccination . Ce vaccin protège contre les trois souches principales circulant l'année précédente.

Le CDC (Centers for disease control and prevention, USA) informe également chaque semaine sur l'évolution de l'épidémie aux USA site Fluview ).

Pour l'Europe, l' ECDC informe également chaque semaine sur son site.

L'épidémie de l'hiver 2014-2015 se déroule selon le schéma usuel. Elle a démarré en décembre aux USA et en janvier chez nous. Le nombre de cas hebdomadaire est très semblable à l'hiver 2012-2013, alors qu'il y en avait eu nettement moins en 2013-2014. Les virus en circulation sont les souches A/H1N1, A/H3N2 et une souche B. C'est surtout la souche H3N2 qui cause des cas de grippe. Ceci pourrait être dû au changement génétique de la souche après le choix de la souche contre laquelle vacciner. Le vaccin actuel protège donc moins efficacement que d'autres années. En fin d'épidémie, ce sont souvent des virus B qui circulent.

 

 

  • Qu'est-ce que la grippe (en anglais influenza ou flu) ?

    Bonnes introductions sur le site Protéines à la Une (en français, 2004, à propos de la grippe aviaire ), sur le site de l'Université du Cap (en anglais ) ou sur Wikipedia (en anglais ou en français ). " Grippe A(H1N1): ce que l'on sait " (le point au 18 janvier 2010) dans le Biomagazine de la Cité des Sciences. Voir aussi l'article de revue de juin 2009 dans Cell (en anglais).

    Il y a des virus de la grippe A, B et C. Les virus A sont plus virulents que les deux autres. L'hémagglutinine (H ou HA) et la neuraminidase (N), deux glycoprotéines de surface, sont les antigènes principaux qui sont efficacement reconnus par le système immunitaire, qui nous débarrasse du virus. Une fois une grippe passée, nous restons immuns pour le reste de notre vie (des survivants de la grippe A/H1N1 de 1918 ont encore eu en 2008 une réponse efficace contre les antigènes de 1918 !). Les différents types de H et N sont utilisés pour la classification des virus de type A. L' origine du nouveau virus est attribuée à plusieurs recombinaisons de virus porcins, aviaires et humain différents, qui pourraient s'être rencontrés dans des porcs. Voir l' article sur l'origine et l'évolution du virus dans Nature du 25 juin 2009 (voir aussi leur site swine flu ).

    Le cycle de reproduction du virus et la réponse immunitaire de notre corps sont présentés dans une animation.

    Série d'articles de revues dans Nature (décembre 2011)

  • Virulence du virus A/H1N1

    Le virus s'est avéré moins virulent que redouté, en particulier parce qu'il infecte très peu de personnes âgées, les principales victimes des virus saisonniers. Ceci est attribué à une immunité acquise dans les années 1920-1950 contre un virus apparenté qui avait alors circulé. Deux publications en mars 2010 (dans Science et Science Translational Medicine) décrivent la forte similarité entre la HA du virus de 1918 et celle du virus de 2009. Chez les souris l'immunisation contre la HA de 1918 protège contre le virus de 2009 et réciproquement. Il semble donc bien que la résistance au nouveau virus chez les personnes de plus de 65 ans soit due à leur immunisation par un virus descendant de celui de 1918, tel que ceux qui ont circulé jusqu'à la fin des années 1950.

    Par contre le virus n'est pas inoffensif pour les plus jeunes: jusqu'au début avril 2010, après la fin de la seconde vague épidémique, on a décompté aux Etats-Unis 332 morts d'enfants et jeunes (jusqu'à 17 ans) contre environ 80 par année pour la grippe saisonnière les hivers précédents. Ce chiffre plus élevé pourrait être dû au plus grand nombre de personnes infectées que d'habitude.

    Les virus saisonniers des dernières années ne sont pas revenus en janvier-février 2010 comme à leur habitude.

  • Vaccins

    Le vaccin anti-grippal annuel conduit à la production d'anticorps contre l' antigène principal H, mais seulement pour les souches inclues dans le vaccin. Les vaccins actuels contiennent les antigènes HA d'une souche A/H1N1 (A/California/7/2009), d'une souche A/H3N2 (A/Perth/16/2009) et d'une souche B (B/Brisbane/60/2008). 

    Sécurité du vaccin: L'analyse pour les USA par le CDC après 46.5 millions de vaccinations contre le nouveau virus en octobre-novembre 2009,n'a détecté aucune augmentation de décès dans les trois semaines suivant la vaccination, ni de syndrome de Guillain-Barré, ni d'autre symptômes graves. La sécurité est donc excellente et la crainte d'effets secondaires ne justifie pas de renoncer à la vaccination.

    Il sera peut-être possible de développer un vaccin universel qui provoquera la production d'anticorps reconnaissant tous les types de virus! En effet, Lazavecchia et coll. (Institut de Biomédecine, Bellinzona, Suisse) ont criblé 104'000 lignées de lymphocytes B obtenu de huit doneurs et ont trouvé une lignée produisant un anticorps qui se lie à des virus représentant les 16 types de HA connus, y-compris les H1N1, H3N2 et H5N1 (aviaire). Cet anticorps se lie au tronc conservé des protéines HA et non à la tête variable. Il n'est cependant pas clair du tout comment induire volontairement la production de tels anticorps. Voir l'article de revue dans Nature du 8 décembre 2011.

  • Médicaments anti-viraux

    Les médicaments Oseltamivir / GS4104 (Tamiflu® , forme utilisable oralement de la substance active, GS4071) et Zanamivir (Relenza®), utilisé par inhalation sont des inhibiteurs compétitifs (KI < 1 nM) de la neuraminidase du virus de la grippe. Le virus a besoin de cette enzyme pour se détacher de la surface de la cellule qui l'a produit. Ces médicaments ne stoppent pas la maladie, mais la raccourcissent et réduiraient le risque de complications graves. Ces deux médicaments sont actifs contre le nouveau virus. Une analyse systématique de la littérature (dans le British Medical Journal) ne révèle cependant qu'un effet modeste de ces deux médicaments. Ils réduisent la durée de la maladie d'un jour mais ne réduisent guère les complications.

    Deux autres médicaments (amantadine et rimantadine) bloquent le canal ionique M2 du virus et interfèrent avec le processus de fusion intracellulaire qui libère les ARNs génomiques du virus dans la cellule. Ces deux médicaments efficaces contre la grippe saisonnière sont inefficaces contre le nouveau virus (tests in vitro).

    Un nouveau médicament (Fludase) est en essai clinique de phase II (efficacité).Il s'agit d'une neuraminidase bactérienne fusionnée à une séquence d'ancrage membranaire. Son mode d'action est l'élimination des sites de fixation du virus sur l'épithèle des voies respiratoires. Appliqué par inhalation avant ou en début d'infection, il a effectivement protégé des souris contre une infection virale mortelle.

    L'état du développement de médicaments en décembre 2011 est décrit dans la revue Nature