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Un paradigme muséal complexe : Le Musée industriel. Etude comparative de cas helvétiques

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, dans le sillage des expositions universelles, apparaissent en Europe des musées d’un genre nouveau, consacrés aux arts décoratifs et industriels. Dans un contexte d’émulation et de compétition internationales, les expositions universelles, avec leur système de concours et de prix, favorisent la concurrence entre les nations à un moment où le libre-échange se généralise. La mise en place de filières de formations professionnelles et la création de musées industriels ou d’art décoratif en sont des conséquences directes. Le South Kensington Museum, rebaptisé ensuite Victoria and Albert Museum, premier modèle du genre créé en 1857 à Londres, bouleverse la typologie muséale puisqu’il rassemble non seulement un musée, mais également une collection de brevets, une école d’art, une bibliothèque et des collections pédagogiques. Entre 1860 et 1880 environ, les principales villes européennes telles que Vienne, Hambourg, Stockholm, Budapest, Berlin et Paris suivent le modèle anglais et fondent également des musées d’art décoratif ou d’art industriel. Conçus comme des collections de modèles pour le design de produits manufacturés et industriels, ils ont pour but, en complément aux écoles professionnelles, de perfectionner l’industrie d’art et de stimuler les productions nationales. Les enjeux économiques sont donc intimement liés aux missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

 
La Suisse ne reste pas longtemps étrangère à ce mouvement, puisque la plupart des principales villes helvétiques se dote, entre 1862 et 1889, de musées industriels, d’art industriel ou d’art décoratif, qui sont pour la majorité liés à une école, à une bibliothèque ou à un bureau de renseignements. La création de musées industriels intervient surtout lors de la crise économique qui suit le conflit franco-allemand de 1870-1871 et qui durera jusqu’au milieu des années 1890. Pour tenter de réagir à cette crise, un « Arrêté fédéral concernant l’enseignement professionnel » est pris en 1884, afin de soutenir financièrement les écoles et les musées industriels.
 
À part quelques études particulières lacunaires et déjà anciennes, la question de la création des musées industriels, d’art industriel ou des arts décoratifs est un pan de l’histoire des musées suisses qui n’a pratiquement pas été étudié. Pourtant, les archives et les musées conservent de nombreux témoignages de ce phénomène. À l’heure où l’étude de l’histoire des collections et des musées suisses se développe, nous souhaitons dresser un portait exhaustif de cet objet d’étude, pour comprendre les raisons de leur création, leurs fonctions, et ce qui a mené dans la plupart des cas à leur fermeture.

Collaborations

Projet dirigé par :

 

Pierre Alain Mariaux
Professeur à l’Institut d’histoire de l’art et de muséologie de l’Université de Neuchâtel
Espace Louis-Agassiz 1
CH-2000 Neuchâtel
Tél. : +41 32 718 18 74
 
Assistance :
 
Isaline Deléderray
Doctorante FNS
Institut d’histoire de l’art et de muséologie
Université de Neuchâtel
Espace Louis-Agassiz 1
CH-2000 Neuchâtel
Tél. : +41 32 718 17 37