Fermer
_flsh_histoire_art_museologie_choix.jpg

Centre et périphérie. La formation des artistes suisses à l'Ecole des Beaux-arts de Paris (1793-1863)

La recherche se propose d'étudier le dense réseau des peintres et sculpteurs suisses qui effectuèrent leurs études artistiques à Paris, principalement l'Ecole Nationale des Beaux arts, de la Révolution française à la réforme de 1863. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, la France offre dans sa capitale un enseignement officiel dont la souplesse fut plus ou moins grande au cours de la période considérée. Sa puissance de légitimation, elle, demeura très forte. L'Ecole est gérée, jusqu'en 1863, pui après 1871, par un corps d'élite prestigieux: l'Académie des Beaux-Arts. Institution d'enseignement, cette dernière règle un véritable cursus honorum, qui conduit les meilleurs de l'apprentissage de base au prix de Rome, sésame du séjour d'études à l'Académie de France à Rome. Elle promeut l'étude des modèles anciens - sculpteurs antiques, peintures du Louvre ou d'Italie, copiées à Paris pour les élèves. Enfin, elle organise longtemps la sélection, l'exposition d'oeuvres d'art au salon officiel. Durant la période considérée, la Confédération helvétique ne possède aucun centre d'enseignement comparable à celui de la France. Beaucoup d'artistes suisses doivent donc se résoudre à quitter leur pays pour acquérir une formation supérieure reconnue. Ils subissent tout naturellement l'attraction d'un grand centre artistique. Certains, comme le soleurois naturalisé Jean-Victor Schnetz, feront une carrière fulgurante en France, devenant à leur tour les piliers du système académique français - Schnetz deviendra directeur de l'Académie de France à Rome. Rejeté ou assimilé, ce système a laissé une marque profonde sur la pratique artistique des artistes suisses, tout au long de leur carrière. Jusqu'au milieu du XIXème siècle, Paris reste un centre d'attraction prioritaire. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, cette hégémonie commencera à faiblir: l'Allemagne en particulier (Munich, Berlin, Düsseldorf), offirira une alternative plus populaire au centre parisien.

 

Le but du projet est triple:
 
1.    Produire une base de données exacte, mettant pour la première fois à disposition des chercheurs toute la documentation relative aux artistes suisses qui ont travaillé à l'ENBA, et à partir de cette base, produire une analyse scientifique de la présence helvétique à l'ENBA.
2.    Tirer de cette base l'étude sociologique d'une communauté artistique périphérique, qui cherche un enseignement, et le modèle d'une pratique dans un centre reconnu.
3.    Etudier, à partir d'exemples précis de grande qualité, la production de jeunesse de certains artistes, afin de la confronter à celle des maîtres français de la période.

Collaborations

 

Projet co-dirigé par:
 
Paul-André Jaccard
Directeur de l'Institut Suisse pour l'Etude de l'Art
Antenne Romande
Université de Lausanne
Tél. : +41 21 692 30 97
Paul-Andre.Jaccard@unil.ch
 
Pascal Griener
Professeur
Institut d'histoire de l'art et de muséologie
Université de Neuchâtel
Espace Louis-Agassiz 1
2000 Neuchâtel
Tél. : +41 32 718 18 32
pascal.griener@unine.ch
 
Assistances:
 
Virginie Babey
Doctorante
Institut d'histoire de l'art et de Muséologie
Espace Louis-Agassiz 1
2000 Neuchâtel
virginie.babey@unine.ch

Laurent Langer
Doctorant
Institut d'histoire de l'art et de Muséologie
Espace Louis-Agassiz 1
2000 Neuchâtel
laurent.langer@unine.ch

Valentine von Fellenbert
Institut Suisse pour l'Etude de l'Art
Antenne Romande
Université de Lausanne