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Alexandra Blanc

Mme Alexandra Blanc prépare une thèse de doctorat sur les emprunts de modèles dans les eaux-fortes du XVIIe siècle et sur la vision de l'imitation à cette époque. Son projet consiste en l'analyse scientifique et visuelle de l'oeuvre gravée de Giovanni Benedetto Castiglione (1609-1664) comme paradigme de cette pratique. A l'issue de ses recherches, elle confrontera cette étude de cas à la théorie générale sur l'usage du pastiche en art. 

Son projet s'intitule Sculptor Ludens – L’appropriation de modèles par Giovanni Benedetto Castiglione (titre provisoire). Il est dirigé par le Prof. Pascal Griener et le Dr. Christian Rümelin.

Mme Alexandra Blanc a également été assistante de recherche pour le projet FNS  Edgar Wind et la publication de ses ‘Raphael papers’ , dirigé par le Professeur Pascal Griener. 


Mémoire

Alexandra Blanc est spécialisée dans les arts graphiques. Son mémoire de master portait sur les recueils d'estampes : Entre objet de collection et instrument scientifique, les recueils de dessins gravés du Comte de Caylus : Etude du volume offert à Jacques-Antoine Arlaud. 

  • Résumé

    Au début du XVIIIe siècle, les amateurs s’éloignent progressivement du modèle vasarien des biographies d’artistes pour se tourner vers une observation expérimentale des œuvres. Le savoir s’acquiert désormais par les comparaisons opérées entre les objets. Parallèlement aux changements de perception du dessin et de la gravure d’interprétation, la fonction du recueil de dessins gravés se modifie au tournant du XVIIIe siècle, notamment avec deux entreprises éditoriales majeures, le Recueil Crozat et le Recueil Jullienne. Entraînant son œil, l’amateur utilise à présent ces ouvrages comme outil pédagogique pour affiner sa faculté de jugement et renforcer sa mémoire visuelle.

    Fruits des réseaux de sociabilité, les recueils de dessins gravés du Comte de Caylus (1692–1765) sont issus des réunions d’amateurs organisées à l’Hôtel Crozat dans les années 1720. Grâce à son rang social et à ses contacts, Caylus copie les dessins des plus grandes collections françaises : le Cabinet du Roi et la Collection Pierre Crozat. Il s’intéresse à cet art graphique pour la perception du ductus de l’artiste. Ses reproductions sont fidèles, malgré une certaine liberté et un ludisme, perceptibles dans son œuvre et propres aux gravures d’amateur. Afin de faciliter les comparaisons visuelles, Caylus compile régulièrement ses estampes en recueil qu’il offre ensuite à des amis ou à des amateurs.

    En 1728, le miniaturiste genevois Jacques-Antoine Arlaud (1668–1743) reçoit un recueil de la part du Comte de Caylus1.
    Ce volume, conservé au Cabinet d’arts graphiques de Genève, est composé de cent vingt-quatre estampes principalement réalisées d’aprèsles dessins du Cabinet du Roi. La sélection opérée par Caylus comprend des artistes italiens, flamands et hollandais des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que des maîtres français du XVIIe siècle ou de l’époque contemporaine. La disposition des estampes repose sur un équilibre entre analogies formelles et thématiques, dévoilant ainsi les caractéristiques propres à chaque maître. Le lecteur observe donc le processus de création chez un artiste, la variété des traitements du clair-obscur et également les différentes approches d’imitation de la nature, à l’instar de la représentation des arbres et des nuages. Ces mises en confrontation au sein d’un ouvrage offrent un instrument utile non seulement au peintre, mais aussi au connaisseur et au collectionneur qu’était Arlaud.

    L’analyse d’un corpus d’ouvrages analogues a renforcé les observations formulées sur le recueil Arlaud. Propagande d’une vision, les recueils de Caylus reflètent le goût du cercle Crozat pour l’art italien, qui occupe la majeure partie des volumes. Malgré des objectifs identiques, chaque ouvrage est constitué en fonction de son destinataire et poursuit dès lors sa propre finalité.

    1 Le don est attesté par une inscription au deuxième de couverture de l’ouvrage.