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Espaces et pouvoirs à l'ère numérique

Les technologies informatiques ont infiltré les domaines les plus banals de nos vies quotidiennes, accroissant -de par les données qu’elles engrangent- les possibilités de « tracer » et de « profiler » nos routines journalières. En collectant, transférant et analysant de vastes quantités de données, les systèmes informatisés gèrent nos quotidiens à différentes échelles et dans différents buts (sécuritaires, administratifs, commerciaux ou politiques).

Considérez l’essor des puces RFID, incrustées dans nos biens de consommation; ou le nombre croissant de caméras de surveillance filmant nos espaces publics. Pensez aux cartes de fidélité scannées aux caisses des grands magasins, aux fonctionnalités de géolocalisation des smartphone, ou au développement d’infrastructures urbaines (des transports aux réseaux d’approvisionnement électrique) dites « intelligentes ».

La société de l’information donne lieu à de nouveaux phénomènes, qu’il s’agisse du contrôle de certains accès, de l’administration d’un territoire, de la gestion de la mobilité ou de l’énergie.

Objectifs

Ces divers exemples rappellent la nécessité de mettre en place un programme de réflexion politico-géographique, capable de problématiser les enjeux très divers associés à l’existence de ces systèmes de régulation et de contrôle informatisés. Il s’agit en particulier d’explorer les causes et implications de tels systèmes, ainsi que de mettre en résonance les opportunités et problèmes qu’ils suscitent.

Les travaux menés en ce sens à l’Institut de géographie de Neuchâtel s’appuient aussi bien sur des recherches empiriques que sur des réflexions théoriques et conceptuelles. Ils contribuent, ainsi, à la mise sur pied de ce nouveau programme de recherche consacré aux imbrications entre espaces et pouvoirs à l’ère du numérique. Dans ce cadre, les thématiques abordées sont:

  • Les implications socio-spatiales des nouvelles techniques de gouvernance informatisées
  • Les enjeux de pouvoirs propres aux villes numériques
  • La surveillance en tant que politique spatiale néolibérale
  • La construction discursive de la « ville intelligente »
  • La régulation de diverses formes de mobilité par des logiciels
  • Les géographies différenciées que créent les logiciels
  • La surveillance en tant que fabrique du quotidien
  • Les enjeux de justice sociale et spatiale que soulève la ville digitale

Ce programme de recherche a pour principal dessein de questionner les phénomènes apparemment banals qui façonnent et sous-tendent nos quotidiennetés. Il cherche, par-là, à rendre ces phénomènes « visibles » aux yeux du public et des usagers. Plus précisément, ce programme de recherche vise à aider les citoyens, les organismes publics ou le secteur privé à prendre connaissance des enjeux liés à ces multiples formes et formats de régulation informatisés ; à sensibiliser l’opinion aux avantages qu’offrent ces développements, ainsi qu’aux problèmes qu’ils posent en termes d’exclusion sociale, d’atteintes à la vie privée, ou de justice spatiale. Il souhaite, ainsi, informer les politiques publiques et susciter un débat public critique sur ces questions.

 

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