Se faire un nom, acquérir à la fois une certaine aisance matérielle et le respect des autres, considérer l'existence comme une trajectoire sur laquelle on se sent contraint de se déplacer physiquement ou socialement, tel est le principe explicatif des pratiques sociales kikuyus.
Au cours de l'ère précoloniale, la renommée découlait du défrichement de terres "vierges" qui associait à l'espace le nom des pionniers. Puis, lorsque les conditions socio-économiques et écologiques rendirent le procédé aléatoire, c'est l'obtention de titres scolaires ou d'un emploi qui caractérisèrent les stratégies d'accomplissement personnel. Aujourd'hui, c'est grâce à la foi, vivifiée par des attentes millénaristes, que l'on espère s'accomplir pleinement et gagner non seulement le salut éternel au jour du Jugement Dernier, mais également la reconnaissance terrestre liée au nom du fondateur d'une nouvelle Eglise.
L'ouvrage montre comment, auparavant, l'obtention du statut de mûramati - homme accompli - dépendait de la collaboration de l'ensemble du groupe familial, alors qu'aujourd'hui, l'attente millénariste repose essentiellement sur la foi individuelle.
Yvan Droz a fait diverses recherches en Equateur, Côte-d'Ivoire, Burundi et Kenya sur les transformations de la reproduction sociale, les migrations intérieures et l'anthropologie de la maladie. Il enseigne depuis 1997 à l'Institut universitaire d'études du développement (IUED) de Genève tout en menant une recherche pour le Fonds national suisse pour la recherche scientifique (FNSRS) sur le monde paysan jurassien face à la mondialisation.
2-88279-012-0 (IE) 2-7351-0821-X (MSH) FF 150.- (TTC)
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