Aux Editions de l'Institut d'ethnologie:

Ethnoscope 5 - Annette Donnier-Troehler
Images de la Suisse: les paysans dans l'oeuvre d'Albert Anker (1831-1910): le monde paysan comme modèle patriotique.
1999, 194 p., Fr. 22.50 (étudiant-e-s Fr. 16.-)

Dans la conscience collective helvétique, Albert Anker est associé étroitement à la représentation du monde paysan indigène. Il est considéré comme le peintre par excellence de la paysannerie, voire comme l'artiste qui a su le mieux transmettre un certain "esprit suisse" à travers son oeuvre, et ceci malgré toute l'imagerie alpestre censée figurer ce qu'il y a de plus "spécifiquement suisse" aux yeux d'un public international.

Le "phénomène Anker": genèse d'un mythe
Bien que la peinture à thématique paysanne ait connu un essor prodigieux au cours du XIXème siècle dans toutes les académies européennes et parmi les artistes suisses, le succès des images d'Anker auprès du public suisse au cours du XXème siècle est sans comparaison avec la fortune critique de peintres pourtant autant appréciés un siècle auparavant. La mise en relief des motivations du peintre et l'analyse de la réception de son oeuvre en Suisse comme à l'étranger montrent en effet que rien ne pouvait laisser présager cette "récupération" d'Anker en tant que chantre de la peinture paysanne suisse.

Images de paysans, image de la paysannerie
Si l'oeuvre d'Anker connaît une telle popularité en Suisse aujourd'hui encore, c'est bel est bien parce qu'elle offre en miroir un tableau d'un style de vie idéalisé mais correspondant aux projections identitaires d'une grande partie des Suisses dans le contexte historique, politique et culturel contemporain. Car la question essentielle est bien celle-ci: en quoi ces images de la paysannerie parlent-elles d'un monde et de valeurs si typiquement suisses ? En s'interrogeant sur l'évolution des autoreprésentations des Suisses, force est en effet de constater que l' "élément paysan" est une composante de l'identité nationale véhiculée à travers l'histoire suisse depuis la fin du Moyen-Age. Dès lors, l'imagerie ankérienne peut fonctionner auprès du public helvétique comme lieu de mémoire d'une bienheureuse Suisse rurale, fidèle au mythe de l'origine paysanne des premiers Confédérés.

Vers de nouveaux paysages mythologiques ?
Le succès de l'imagerie ankérienne au détriment de l'imagerie traditionnelle comme les Alpes, le paysage ou Guillaume Tell ne traduit-il pas une profonde mutation dans le champ des représentations identitaires ? La Suisse aurait-elle une mémoire domestique - voire intime - faisant fi de tous les stéréotypes culturels qui ont fait le tour du monde? Le "phénomène Anker" permet de le supposer !

Dans la même collection: 

Ethnoscope 1 - Geneviève Herold
Les alforjas de Chota: tissage, échanges et portage dans les Andes de Cajamarca (Pérou).
1995, 180 p., Fr. 20.-

Ethnoscope 2 - Philippe Mathez
"Beau comme un croque": ethnographie d'une entreprise de pompes funèbres.
1996, 143 p. (épuisé)

Ethnoscope 3 - Annick Mello
Enfance et identité culturelle: le jardin d'enfants de la Communauté Israélite de Genève.
1997, 164 p., Fr. 20.-

Ethnoscope 4 - Bertrand Cottet
Le temps d'une demande: familles de requérants d'asile au centre d'accueil de Courrendlin, Jura.
1998, 178 p., Fr. 20.-

Ethnoscope 6 - Grégoire Mayor
Le serment politique: ethnologie de l'assermentation dans le canton de Vaud.
2001, 148 p., Fr. 19.50.

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