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Audrey Doyen

L'objet ethnographique entre marché et musée: cas d'échanges et de relations entre les musées d'ethnographie et les marchands d'art non occidental en France, en Belgique et en Suisse.

Direction: Christian Ghasarian (Université de Neuchâtel), François Mairesse (Université Sorbonne Nouvelle)

La présence du marchand d’art est connue et même reconnue dans les institutions muséales en général et dans les musées d’ethnographie en particulier où l’on connaît souvent bien le rôle important que cet acteur a joué et joue dans l’histoire des collections ainsi que dans la réalisation de certaines expositions. Au niveau de la recherche académique, Raymonde Moulin a ouvert la voie de l’étude du marché de l’art (Moulin 1967 ; Moulin 1992), quelques chercheurs se sont penchés sur différents médiateurs (collectionneurs, marchands, critiques, etc.) dans différents contextes (zone de production des objets, etc.) et avec différentes perspecives (analyse historique, etc.), mais jamais pour analyser les médiateurs que sont le marché d’art non-occidental et le musée d’ethnographie et la relation spécifique qui les unit aujourd’hui.

© Parcours des Mondes, 2015

Dans la voie ouverte par la socio-anthropologie de l’art, je propose d’analyser la relation et les échanges entre ces deux acteurs d’un champ culturel spécifique (l’art non occidental, une dénomination qu’il s’agit de repenser) pour comprendre quelles sont les convictions mobilisées sur les objets ethnographiques et comment celles-ci circulent, mais aussi comment se constituent, grâce à ces deux acteurs, les valeurs affective, monétaire et patrimoniale de ces objets. Je m’interroge sur les différents acteurs impliqués dans les catégories de marchand et de musée, leurs pratiques et leurs interactions, mais aussi sur les catégories qu’ils mobilisent sur l’objet ethnographique, dans le contexte d’un débat encore fort entre esthétique, attribuée au marchand, et ethnologie, attribuée au musée qui disposerait de davantage de crédit scientifique. Il s’agit de mener des enquêtes qualitatives (observation participante, entretiens, etc.) dans une zone spécifique définie par trois pays (France-Belgique-Suisse romande) dont la tradition muséographique a été influencée par des modèles communs. Ceci me permettra de comprendre le système d’interactions entre des acteurs d’un même champ culturel (l’art non occidental), dans une posture ethnographique la plus neutre possible quant aux débats qui opposent ces différents acteurs et quant aux qualités qui leur sont attribuées ; il s’agit non de prendre position, mais de comprendre comment ces qualificatifs et jugements se sont construits et cristallisés, dans un système de flux et de reflux d’objets, d’informations et d’idées.

D'autres infos

octobre 2006 : elle quitte son Valais natal pour affronter le brouillard neuchâtelois et passe du coup beaucoup de temps sur la colline de l'Institut d'ethnologie, au-dessus des nuages.

 

juillet 2012 : après un début de Master chaotique qui l'a confortée dans la volonté de prendre du recul sur sa discipline, elle finit par réussir son mémoire. Bien décidée à ne plus réintégrer l'Université et ses luttes de pouvoir, elle passe quelques temps dans le monde des musées d'ethnographie où elle découvre certaines problématiques qui mériteraient bien... tient, une thèse?

 

mars 2015: elle obtient une bourse FNS pour aller encore plus dans le nord, se confronter au terrain à 100%. Bonjour Bruxelles, bonjour Paris. 

 

 

Presse

Interview sur les Lolitas dans le cadre de l'exposition Imagine Japan au MEN L'Express, 27 octobre 2014.