INSTITUT D'ETHNOLOGIE
Présentation des cours du semestre d'hiver 2003-2004
L'objectif du cours est de fournir aux étudiant-e-s un aperçu des principaux outils conceptuels que l'ethnologie a développés depuis son institutionnalisation à la fin du XIXe siècle. La présentation de diverses sociétés tant "traditionnelles" que "modernes" et l'analyse de nombreuses situations sociales seront effectuées de manière à montrer comment les concepts anthropologiques constituent des outils permettant de mieux comprendre la vie en société. L'apprentissage du "regard anthropologique" se fera aussi par la critique nuancée de l'usage de ces concepts qui, à l'exemple de l'opposition "tradition / modernité", rappellent qu'un savoir pur, désocialisé, est une utopie. Un des objectifs de l'ethnologie est en effet de promouvoir une réflexion critique sur les manières de penser les relations sociales.
Le cours théorique est donné en alternance avec des présentations par différent-e-s ethnologues de leurs terrains, de leurs approches théoriques et de leurs vécus personnels. Dans le cadre du cours les étudiant-e-s peuvent réaliser un dossier de 1e année (valant une attestation écrite).
Plan détaillé des séances (version provisoire, susceptible de modifications tout au long de l'année)
Après une problématisation préalable de la notion de "religion" et de ses connotations culturelles, ce cours présentera dans un premier temps les principales notions attachées à une anthropologie de la religion (rituel, sacré, profane), les types de religion (animisme, magie, théisme, monothéisme, polythéisme, etc.). La religion sera ensuite appréhendée dans une perspective fonctionnaliste (Durkheim et les notions de solidarité et de cohésion sociale) et dans une perspective des conflits (religion et inégalité sociale). La relation entre la religion et le changement social sera également abordée ("éthique protestante", fondamentalismes, religion et politique, nouvelles religions, etc.). La dernière partie traitera enfin des réalités de la sécularisation et des formes persistantes de religion - ou d'attitudes religieuses - dans les sociétés laïques.
Ce cours est centré sur la question des interactions sociales prises comme allant de soi dans le cadre quotidien. Dans l'esprit de Goffman, il traite plus de "l'organisation de l'expérience" que de l'organisation de la société. Les situations sociales seront ici envisagées comme impliquant des personnes occupant des statuts et interprétant des rôles en fonction de systèmes contextuels de normes et de valeurs contextuelles. Cette perspective permet d'appréhender la vie sociale comme constituée d'un ensemble de "rites interactifs" dans lesquels les individus sont des "acteurs sociaux". L'interprétation des actions quotidiennes comme une vaste "mise en scène" vise à développer un regard réflexif sur le sens commun.
La réflexion sur les pratiques ludiques permet d'envisager sous un angle nouveau de nombreuses thématiques fondamentales de l'anthropologie. Les jeux constituent un objet privilégié pour l'étude du rapport à l'aléatoire, posent la question de leur distinction d'avec les rites, ouvrent à une réflexion sur l'esprit de la règle, constituent des moments de socialisation particuliers, inscrivent la parole dans une dimension hautement réflexive et obligent enfin à considérer, derrière l'illusion ludique, l'ambiguïté des représentations. L'étude de ces différents thèmes se fera à travers des exemples ethnographiques précis.
Ce séminaire consiste à lire, présenter et discuter un certain nombre de textes relatifs à la construction du sens commun dans la vie quotidienne. Ces textes théoriques incluent l'interactionnisme symbolique, l'ethnométhodologie, la phénoménologie, la sociologie cognitive, etc. La pensée d'auteurs majeurs dans ce courant (Erwing Goffman, Alfred Schütz, Aaron Cicourel, Jürgen Habermas, Ulf Hannerz, etc.) sera mise en perspective avec d'autres textes (monographies) utilisant ces approches conceptuelles dans des recherches concrètes. La participation active des étudiant-e-s est nécessaire pour pleinement croiser les perspectives évoquées.
Le but de ce séminaire est de réfléchir ensemble sur comment s'y prendre pour vulgariser notre discipline. Pendant le semestre d'hiver, nous étudierons des manuels d'anthropologie et des thématiques classiques, afin d'identifier quelques démarches et enseignements essentiels à la pratique anthropologique. Pendant le semestre d'été, les étudiant-e-s prépareront des présentations - certaines générales, d'autres sur des thèmes ciblés - de 4-6 heures destinées à des lycéen-ne-s neuchâtelois. Nous avons l'accord des trois lycées du canton (Blaise Cendrars, Denis de Rougemont et Jean Piaget), qui accueilliront les étudiant-e-s, d'abord pour une première présentation de deux heures. Ensuite, les étudiant-e-s serviront de guide pour une visite au Musée d'ethnographie de Neuchâtel.
Enfin, ils et elles iront de nouveau dans les classes pour animer un débat avec les lycéen-ne-s sur ce qu'ils auront appris lors de cet exercice.
Le séminaire donne lieu à une attestation écrite (travail à présenter à la fin du semestre d'hiver) et une attestation orale (basée sur la présentation donnée aux lycéen-ne-s). Le nombre d'inscriptions est limité, et priorité sera accordée aux étudiant-e-s avancé-e-s.
Plan du cours
Adressé aux étudiant-e-s qui entreprennent (ou ont entrepris) la rédaction de leur mémoire de licence, ce colloque offre un forum de discussion portant sur les différents aspects de la recherche. De la problématisation initiale au terrain et à la rédaction, les dimensions méthodologiques, théoriques, épistémologiques ou éthiques de la construction du savoir anthropologique pourront être discutées en fonction de l'avancement des travaux de chacun-e. A chacune des séances, deux personnes présentent leurs travaux. Une semaine auparavant, elles envoient aux autres participant-e-s un texte de présentation pour lequel il n'y a aucune contrainte ni de fond ni de forme.
Dates des séances à fixer en début de semestre
Le but de ce cours est d'aiguiser nos capacités à voir et à analyser de manière critique les récits visuels en ethno-anthropologie. Il s'arrête plus particulièrement sur les problèmes d'"objectivité" de l'image filmique, de la construction narrative, et des effets d'identification et/ou de distanciation produits à travers l'oeil de la caméra. Nous examinerons également le débat autour du degré d'"ethnographicité" des récits filmiques, mettant en évidence les enjeux scientifiques, esthétiques et moraux sous-jacents à la production de l'image dans le domaine des sciences humaines. Enfin, nous nous intéresserons aux nouvelles tendances dans le domaine de l'auto-ethnographie et du film documentaire où est posée la question de la portée politique de l'oeil mécanique dans le contexte contemporain dit post-colonial.
Nous verrons essentiellement des extraits de films, ceci pour permettre un examen détaillé des techniques filmiques. A quelques exceptions près, tous les films visionnés seront disponibles, soit à l'Institut soit à la collection audiovisuelle de la SSE.
Le cours du semestre d'hiver est ouvert à chacun-e, mais certaines séances sont réservées à ceux et celles qui suivront la partie pratique durant le semestre d'été. Le programme des séances sera disponible au début du semestre.
Plan du cours
In the first part, we will present psycholinguistics, that is the study of the perception, comprehension and production of language. We will concentrate on speech and we will examine the processing that takes place at various levels of analysis and the models that account for it. In the second part, we will turn to the bilingual person and study how he or she processes language monolingually (when interacting with a monolingual) and bilingually (when interacting with another bilingual). The seminar will be taught in English. Students who are not English majors can present in French.
Le séminaire consiste à examiner de façon critique des concepts, majeurs et mineurs, classiques et nouveaux, théoriques et empiriques, des sciences sociales, et plus précisément, partagés par l'ethnologie, la psychologie et la sociologie. Ces concepts sont, le cas échéant, replacés dans leur(s) contexte(s) théorique(s). Cet examen permet de voir dans quelle mesure la connaissance du phénomène fait partie de ce phénomène et comment le discours anthropologique crée le social en le découvrant. Chaque étudiant-e présente deux à trois concepts de son choix lors du séminaire. Il s'efforce d'évaluer la pertinence de ces concepts et de les mettre en relation avec son sujet de recherche (mémoire). Une grande place est laissée aux échanges et débats qui, au fur et à mesure des séances, mettent ces concepts en perspective les uns avec les autres.
Au cours du premier semestre, nous explorerons les formes d'applications de l'anthropologie. Pour plus de clarté, les cadres théoriques, méthodologiques et éthiques qui ont jalonné leurs histoires en Europe et aux Etats-Unis seront abordés au travers d'exemples de terrains passés et actuels. Le second semestre sera dédié aux applications de l'anthropologie dans le cadre des relations qu'entretiennent les sociétés avec leurs natures. Nous traiterons plus spécifiquement des formes sociales d'appropriations des objets impliqués dans ces relations, et des modalités de constructions des connaissances auxquelles elles donnent lieu.
Ce cours propose de mettre en perspective les études genre dans cinq disciplines différentes (sociologie, droit, ethnologie, psychologie et théologie). Partant des thèmes du travail, de la famille, de la sexualité, du couple et de la violence, il fait rencontrer et dialoguer autour d'un même objet ces diverses approches disciplinaires. Ainsi, par exemple, la thématique du travail sera abordée par la sociologie et le droit, la famille par l'ethnologie et la psychologie, et la sexualité par la théologie et le droit. Dans un premier temps, chaque discipline présentera son approche et les recherches en études genre qui ont été menées dans ce domaine. Dans un deuxième temps, un débat-dialogue sur la thématique traitée sera ouvert entre les disciplines et avec l'apport des étudiant-e-s. L'objectif de ce cours est de sensibiliser les étudiantes et les étudiants aux études genre et à l'approche interdisciplinaire, fondamentale lorsqu'on veut appréhender un phénomène social dans toute sa complexité. Les étudiant-e-s seront également intégré-e-s au débat afin que chacun-e puisse partager ses expériences et enrichir le dialogue entre les disciplines.
Les étudiant-e-s en ethnologie peuvent compter ce cours parmi les cours reconnus par l'Institut d'ethnologie, et préparer un sujet d'examen en rapport avec ce cours pour les examens de 2ème ou de 3ème série.
L'histoire des musées et des collections nous apprend comment fonctionnent notamment les pouvoirs politique, économique et religieux. L'étude d'exemples précis nous permettra de mieux cerner les activités muséales d'aujourd'hui et d'en comprendre les enjeux.
2ème heure : L'obsession d'exposer
Tout le monde veut exposer. Pourquoi ? Nous réfléchirons sur les techniques d'exposition, les expôts, l'expographie et nous formulerons quelques principes théoriques permettant la construction d'un discours critique au sein du musée.
Dans ce cours, nous examinerons les démarches et les enseignements de base en anthropologie économique. Partant des présupposés sous-tendant la démarche néo-économique classique, nous ferons une première analyse critique de l'anthropologie implicite qui structure cette discipline. Nous comparerons ensuite cette anthropologie implicite à celle, explicite, des textes fondateurs en anthropologie économique : Marcel Mauss, Bronislaw Malinowski, Karl Polanyi et Paul Bohannan. Nous reviendrons enfin sur la société suisse pour tester la pertinence de l'approche anthropologique classique face aux lieux économiques contemporains : des marchés de produits agricoles, des grandes surfaces, des marchés financiers, des économies domestiques. Une réflexion sur les rapports sociaux de sexe nous sera d'une aide précieuse dans cette entreprise.
Des travaux de rédaction seront demandés à tous les étudiant-e-s et feront partie du dossier de 1ère année.
Plan du cours
Quelles que soient les raisons de l'engouement suscité par le film Buena Vista Social Club de Wim Wenders (1999), on peut se demander si le statut de vedettes qu'ont acquis les musiciens "exhibés" dans ce film n'est pas quelque peu disproportionné par rapport à la réalité des musiques populaires cubaines contemporaines. L'objectif du cours consistera à établir l'inventaire de ces musiques, à déterminer s'il subsiste un lien entre les formes traditionnelles et modernes, comment s'est effectué le passage entre elles et dans quelle mesure elles continuent d'influencer (et d'être influencées par) d'autres cultures musicales. Il sera aussi question de leur contexte d'exécution et de leurs enjeux identitaires auprès des populations autochtones et du grand public.
Ce cours ne nécessite pas de connaissances musicales particulières.
Ce cours porte sur les thèmes et aspects centraux du phénomène des flux migratoires contemporains. Les concepts de base sont abordés dans une perspective ethnologique et approfondis à l'aide d'études empiriques et d'éléments théoriques. Quelles formes les migrations prennent-elles aujourd'hui et sur quelles réflexions se base le concept de "transnationalisme" ? Comment la décision de migrer se prend-elle et quelles sont les caractéristiques des sociétés multiculturelles ? Quelles mesures permettent de contribuer à l'intégration des migrant-e-s et dans quel sens parle-t-on des nouvelles formes de flux migratoires ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles le cours s'efforcera de répondre.
Programme des séances et bibliographie
Le cours d'ethnoarchéologie comprend deux parties majeures. La première est réservée à l'établissement de la méthode. Il s'agit de définir les mécanismes de l'interprétation en archéologie, lesquels nécessitent toujours le recours à un contexte extérieur. Quelques points théoriques seront présentés, ainsi que des exemples d'application (analyse des chaînes opératoires, architecture des maisons, iconographie et idéologie). La deuxième partie sera consacrée au programme de recherche dans lequel Alain Gallay est engagé en Afrique occidentale depuis de nombreuses années et qui concerne les relations entre populations et cultures matérielles, en l'occurrence la céramique.
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07.10.2003 / Raymonde Wicky