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Institut d'ethnologie, rue Saint-Nicolas 4, 2000 Neuchâtel, Suisse. Tél. + 41 32 718 17 10 - Fax + 41 32 718 17 11 |
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Mandats et recherches - Migration afghane
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Trajectoires, réseaux
et "plurilocalisation" dans la migration
afghane
Prof. Pierre
Centlivres (resp.), Micheline
Centlivres-Demont, Tina
Gehrig
Recherche subventionnée
par le Fonds national suisse de la recherche scientifique
(FNRS)
L'exil de millions
d'Afghans dans les pays voisins de l'Afghanistan et la diaspora
afghane en Europe d'une part, la fragilité des tentatives de
reconstruction de l'Etat afghan et des institutions étatiques
de l'autre, amènent à une double constatation: le
caractère durable de la migration afghane et l'existence d'une
"spatialité de l'exil" possédant ses pratiques et ses
représentations propres. Les nouveaux espaces de la migration
afghane consistent non pas en territoires homogènes, mais en
une spatialité éclatée, en une plurilocalisation
des communautés; familles, lignages; villages, groupes
religieux ou ethniques sont à la fois dispersés,
mobiles et "communicants", ce qui implique des réseaux
transnationaux et transrégionaux. Cette nouvelle
mobilité et cette "plurilocalisation" ne sont pas temporaires,
liées à une période de crise, mais sont des
phénomènes durables, voire constitutifs. La recherche
projetée vise à poursuivre et à renouveler les
études antérieures des soussignés à
l'aide des travaux d'autres spécialistes des migrations et de
l'Afghanistan, et d'intégrer les travaux de chercheurs de
l'Institut d'ethnologie. Elle vise à étudier les
collectivités migrantes vivant désormais hors des
"camps" en considérant leurs membres comme des acteurs
autonomes aptes à élaborer des stratégies et non
pas comme des personnes subissant passivement un sort imposé.
L'enquête portera principalement sur des informateurs (de 10
à 15 unités familiales) avec qui les requérants
sont en contact depuis de nombreuses années. On s'attachera en
particulier à l'étude des flux, réseaux et
filières entre les membres des collectivités
considérées; à celle des modalités de
contact et de communication entre les réseaux des
réseaux (échanges de personnes, de biens, de services
et d'informations) et celle des nouvelles représentations de
l'espace social et des recompositions identitaires; on sera attentif
au rôle des femmes dans la gestion des unités familiales
éclatées et dans les redéfinitions identitaires
du groupe.
Les résultats de la recherche devraient permettre de mieux
comprendre le fonctionnement des réseaux et de la
communication au sein de la migration afghane et en
général celui de la gestion des réseaux et des
flux au sein des populations migrantes. Ils devraient permettre de
saisir la recomposition de l'identité de groupes
éclatés et d'aborder la question de la relation entre
migration et crise de l'Etat.
Méthode
La thématique choisie exige une enquête
multicentrée qui tienne compte de la dispersion et de la
fluidité du vécu, de l'éclatement des groupes
primaires, à l'opposé de l'enquête classique des
"community studies". Les notions de réseau et de
système migratoire sont ici centrales. Elle implique une
approche souple et décentralisée des
collectivités migrantes et une attention portée
à un espace éclaté à significations
multiples. Les "pôles" ou "points nodaux" de la recherche se
situent en Afghanistan (accessibilité à
considérer: Kaboul, Mazar, Hérat), au Pakistan
(Peshawar et Quetta), en Iran (Zahedan, Isfahan, Mechhed selon les
possibilités) et en Europe. La recherche sur les flux et les
réseaux nécessite des techniques particulières
permettant non seulement d'étudier la composition des groupes
en contact, mais aussi les formes et les contenus des communications
entre les membres disjoints des collectivités. Les entretiens
doivent porter entre autres sur la parenté "active" ou
"utile", sur les déplacements et sur la localisation des
membres du réseau, sur les formes de voisinage, sur les
médiateurs entre collectivités migrantes et
sociétés du pays d'accueil, ainsi que sur les agents
qui rendent les déplacements et, en particulier, le
franchissement des frontières possibles. Entretiens libres,
guides d'entretien, recueil de récits de vie ont leur
importance ici.
Les séjours antérieurs des soussignés ont permis
de repérer des informateurs (unités/groupes familiaux),
dont certains sont des connaissances de longue date, dans les
localisations précitées. C'est auprès de ces
derniers que l'enquête sera activée; ils sont
représentatifs des dimensions ethniques, religieuses,
économiques, politiques de la société migrante.
Dix à quinze de ces unités familiales seront au coeur
de l'enquête. Les unités familiales choisies
possèdent toutes au moins une ou plusieurs implantations au
Pakistan. Ce sont ces implantations qui formeront le départ de
l'enquête; les méthodes feront appel en sus des
entretiens susmentionnés aux entretiens collectifs et à
l'observation des lieux et scènes pertinents.
Les lieux stratégiques dans l'établissement et la
gestion des réseaux au Pakistan et dans les pays voisins sont:
les quartiers suburbains où vivent les collectivités
afghanes, les commerces afghans liés au commerce international
(tapis...), les agences de transport, les hôtels et
caravansérails qui accueillent les Afghans de passage
(mosâferkhâna), spécialisées pour une
région ou une ethnie donnée, les mosquées et
madrassas qui acueillent les Afghans expatriés, ainsi que les
sièges des ONGs afghanes, entre autres. Pour l'Europe, le
repérage se fera à partir des associations d'Afghans
à l'étranger et de leurs membres, sans oublier un
certain nombre de commerces ethniques. On sera attentif aux agents
d'intégration (partenaires commerciaux pakistanais et
iraniens) et aux ressortissants du pays d'accueil par le biais
desquels les passages et communications transfrontalières sont
possibles.
Mots-clés: Afghanistan, réfugié, diaspora, migrations, réseaux, identité, mobilité, plurilocalisation
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