Université
de Neuchâtel
Faculté
des lettres et sciences humaines
Institut
d’ethnologie
Rue
Saint-Nicolas 4
2000 Neuchâtel, Suisse
Cédric VAN DER POEL
Rue Louis-Favre
30
2000 Neuchâtel
032 725 75 19
cvanderpoel@dplanet.ch
Mémoire de
licence en ethnologie
Directeur du
mémoire : Professeur Christian Ghasarian
Aux
quatre grands changements migratoires observés par les spécialistes –
globalisation, accélération, différenciation et féminisation de la migration –
j’en ai ajouté un cinquième qui se trouve être l’augmentation de la migration
des personnes hautement qualifiées.
C’est
sur ce cinquième changement que je me suis penché par le biais d’une
institution suisse mise en place par le gouvernement : la Swiss House de
Boston ou, plus institutionnellement parlant, la Swiss House for Advanced Reasearch and Education - SHARE.
Mon travail empirique s’est déroulé au sein même de
cette institution dont j’ai envahi les locaux durant quatre mois.
J’ai
opté pour une approche transnationaliste de ce consulat, tant il m’a semblé –
une fois sur place – que le gouvernement, au travers de cette maison suisse,
cherchait à réinscrire les citoyens suisses de Boston dans une logique
nationaliste.
Dans
la partie centrale de mon étude je réfléchis aux motifs qui ont poussé les
autorités suisses à mettre sur pied une telle institution, ainsi qu’à
l’organisation de cette dernière. A travers cette organisation et à travers le
discours véhiculé par les employés de la Swiss House, une nouvelle image de la
Suisse se trouve dessinée. Des valeurs fortement valorisées et liées à la
globalisation ainsi qu’à la nouvelle économie – mobilité, rapidité, créativité,
faible hiérarchisation – sont sans cesse mises en opposition à des valeurs
stigmatisées allouées à la Suisse – stabilité, hiérarchisation, tradition. La
Swiss House trouve donc son identité en opposition à des stéréotypes qui, aux
yeux de son personnel, caractérisent la Suisse.
Dans
la dernière partie de mon mémoire, je traite de la principale interaction
existant entre la Swiss HOuse et les citoyens suisses, à savoir les events.
C’est au moyen de ces events –la plupart du temps organisés de part et d’autre
de l’Atlantique – que le consulat tente de produire non pas des migrants,
mouvant dans un espace global sans référence aucune à un pays d’origine, mais
des transmigrants. A travers un jeu lexical – les « events de la Swiss
House » vs les « events du consulat » - les migrants établissent
une nette distinction entre les events qui représentent à leurs yeux la Suisse
qu’ils stigmatisent et ceux qui représentent ce que devraient être, selon eux,
la Suisse de demain.
Ce
consulat est intéressant car il permet de montrer, d’une part, que les
Etats-nations créent des institutions d’un « nouveau genre » censées
lutter contre les effets de la globalisation jugés néfastes pour le pays, et,
d’autre part, que le transnationalisme a bel et bien pour cadre la
globalisation, mais que les Etats-nations en adoptant sa logique trouvent
peut-être un moyen de lutter contre les forces déstabilisatrices de la
globalisation qui, selon certains auteurs, entraîneront la fin des
Etats-nations.
La prise de contact 10
Le terrain 11
Les entrevues 12
Le
déroulement des entrevues 14
Bilan
17
L’observation participante 18
Conclusion 19
L’historique 20
L’organisation et la mission de la Swiss
House : entre consulat et « garage » 36
Structure
décisionnelle 37
L’organisation :
entre hiérarchie publique et informalité privée 40
Les
services proposés : création de réseaux et transfert de valeurs 45
Bilan
52
L’architecture de la Swiss House 56
Bilan
63
Un portrait des migrants hautement
qualifiés 65
Les
chaînes migratoires 67
Les
motivations 70
L’utilisation et la perception de la
Swiss House 75
Le
déroulement des events 77
Bilan
84
Annexes 92
Bibliographie 106