Université de Neuchâtel Julien GLAUSER
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Julien Glauser
La mise en vitrine des
artefacts africains ou comment s’approprier le discours sur l’Autre.
Mémoire de licence en ethnologie
date de soutenance : 18 juin 2002
directeur du mémoire : M. Jacques Hainard
experte : Mme Barbara Waldis
Résumé: Au travers des traces laissées dans l’histoire depuis les Croisades, les Grandes Découvertes, en passant par la mode des curiosités, je me suis proposé de suivre les chemins principaux empruntés par les artefacts de l’Afrique subsaharienne. Cette première partie permet de saisir les divers regards portés par l’Europe, intriguée d’abord conquérante ensuite, sur ce continent et ses habitants. En filigrane se dégage une approche de la formation des musées et des collections, mais surtout un pan de notre histoire, celle du développement de la pensée laïque, de nos états nations et des changements d’une certaine opinion publique vis-à-vis de cette altérité en construction. Ce processus gagne toutes les couches de la population par les diverses expositions coloniales, universelles ainsi que par les zoos humains.
Ensuite viennent les questions de muséographie, le rôle de l’ethnographie, ses limites et le rôle qui est attribué à la notion d’esthétisme générée par les objets africains. À l’époque du colonialisme triomphant, les musées d’ethnographie le sont tout autant, vitrines des doctrines étatiques et des visées de cette civilisation impérialiste qui à coup d’évolutionnisme se dresse en modèle incontournable. Les artefacts sont le support de la recherche, leur est alors attribué la qualité de pouvoir représenter tous les aspects des modes de vie différents des nôtres à travers les séries et la juxtaposition. La décolonisation plonge les musées dans un oubli prolongé et prive ceux-ci de l’énergie nécessaire pour dynamiser la recherche et les réflexions muséographiques, démarches qui relèvent de nos jours trop souvent du monde de l’art dit « premier ». Au contraire de l’ethnographie qui trouve dans ces mouvements d’indépendance un souffle nouveau dans l’étude de terrains plus proches.
Sans prétendre à l’exhaustivité, cette réflexion se veut
suivre les courants de pensées au travers de l’histoire européenne jusqu’à
aujourd’hui, en dégageant les enjeux et les constructions idéologiques que les
objets ont permis d’échafauder. Elle permet notamment dans un contexte
contemporain de dégager certains traits spécifiques que la notion d’altérité
engendre et les débats de société qui se jouent sous nos yeux, qu’ils soient du
domaine politique, intellectuel ou économique.
Table des matières
1. INTRODUCTION
2. Historique
2.A. Apparition des
musées d’ethnographie
2.A.1. Historique de
la connaissance des objets africains en Europe
2.B. Expositions
universelles et coloniales
2.B.1. Bruxelles –
Tervuren
2.B.2. Paris - Vincennes
3. La collecte
et les idéologies qui se développèrent
3.A. L’AGE DES
MOISSONS
4. Culture
matérielle comme dogme à penser
4.A. L’INSTITUTION
DE LA PENSEE SCIENTIFIQUE
4.B. LA VOIE DE
L’ETHNOGRAPHIE
4.B.1. Le dogme de
l’écriture
4.B.2. L’oralité
4.B.3. Du sauvage au
primitif
5. les réseaux
de l’art et la vision de l’afrique
5.A. LES BASES
OBSCURES DU MARCHE DE L’ART "PREMIER"
5.B. LA FACADE
OCCIDENTALE
5.B.1. Le cas genevois
5.B.2. L’art universel
et l’esthétisme transcendant comme mensonge néocolonial
6. DU STATUT DE
L’OBJET A CELUI DES MUSEES
6.A. Querelles
parisiennes
6.B. Les enjeux de
l’ethnographie actuelle
6.C. Enjeux autours
du fait d’exposer
6.C.1. Les enjeux du
musée sans nom
6.C.2. Le Musée de
l’Homme
6.C.3. 20 juin 2001
6.D. LA NOTION DE
PATRIMOINE
6.E. Diverses
approches à propos des objets ethnographiques.
7. Conclusion
8. bibliographie
9. Annexes