Université de Neuchâtel
Faculté des lettres et
sciences humaines
Institut d’ethnologie
Rue Saint-Nicolas 4
2000
Neuchâtel, Suisse
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Arnaud Bieri
16
rue de Rive
1204
Genève
078 788 16 99
arnaudb@swissonline.ch
Arnaud Bieri
Mémoire
de licence en ethnologie
directeur
du mémoire : M. Fabrizio Sabelli
Résumé
Ce
mémoire est le fruit d’un travail de terrain effectué au Burkina Faso. Au sein
de cet Etat moderne postcolonial, deux justifications différentes de la
légitimité coexistent : la légitimité de l’Etat contemporain et la
légitimité de l’autorité traditionnelle. Celle qui sous-tend les autorités
traditionnelles est antérieure à celle sur laquelle s’appuie l’Etat colonial et
postcolonial. Cette légitimité de type traditionnelle n’a pas été intégrée de
façon significative aux affirmations de souveraineté et l’Etat burkinabé a au
mieux laissé planer une certaine ambiguïté lorsqu’il s’est agi de définir dans
quelle mesure cette légitimité différente (et donc une certaine forme de
souveraineté) pouvait ou devait être mobilisée.
Nous
verrons donc de quelle manière ces deux types de légitimité (moderne et
traditionnelle) interfèrent en posant notre regard sur les rapports
qu’entretiennent les chefs moose du royaume de Ouagadougou avec l’Etat
burkinabé. Ceux-ci porteur d’une légitimité ont réussi à s’intégrer dans le
champ politique et à l’influencer de manière surprenante. A l’analyse des
faits, il n’est plus possible de considérer l’institution de la chefferie comme
le résidu de quelque chose d’authentique, de traditionnel. Au contraire, c’est
une institution dynamique et inscrite dans la modernité. A l’aune de cette
perspective, il est possible de dégager quatre idées force qui considèrent le
chef comme une courroie de transmission (entre l’Etat et la population), comme
le représentant d’une légitimité propre, comme une institution de
transformation (la nature du pouvoir sous la contingence historique peut subir
une transformation tant au niveau de sa nature que de son contenu) et enfin
comme un leader syncrétique (formant une synthèse entre des formes
antagonistiques provenant de différents types d’Etat, de bureaucratie et de
vision du monde).
Un
regard sur l’histoire politique récente du Burkina à travers le prisme des
rapports que l’Etat entretient avec les chefs et l’analyse des entretiens qui
ont été menés auprès de hauts dignitaires coutumiers du royaume de Ouagadougou
tenteront de dégager et d’affiner cette réévaluation du rôle du chef au sein de
l’Etat et sa nécessaire participation à la construction d’une nation. La prise
en compte de « la variable chef » dans l’analyse des processus
politiques en Afrique postcoloniale paraît fondamental.
Sommaire
1.
Introduction générale
2.
La chefferie en Afrique postcoloniale
-
le rôle du chef réévalué
-
le chef : une institution de transformation
-
le chef : un leader syncrétique
-
la question de la légitimité
-
conclusion
3.
le cadre de la recherche
-
déroulement
-
situation
4.
le Moogo
-
les royaumes moose
-
la société moaaga
-
le royaume de Ouagadougou
5.
les royaumes moose à travers l’histoire politique burkinabé : de l’arrivée
des Français à nos jours
-
la chute des royaumes moose
-
le début du protectorat français
-
de l’unification territoriale à la proclamation de l’indépendance
-
l’indépendance de la haute-volta
-
le temps des militaires
-
la rectification
-
le Burkina Faso depuis les législatives de 1997
6.
les autorités coutumières et les textes de loi
-
la Constitution (1991, révisée en 2000)
-
le corpus législatif
-conclusion
7.
les entretiens avec les nanamse
-
le protocole et la prise de contact
-
déroulement des entretiens
-
les nanamse rencontrés
-
la synthèse des entretiens
8.
le cas du Naaba Tigre de Tenkodogo
-
les faits
-l’imbrication
du monde politique et du monde traditionnel
-
la réaction de la population
-
la réaction du monde politique
-
la réaction des chefs moose
-
les questions d’ordre juridique
-
dénouement
9.
finale
10.
bibliographie
-
articles et livres
-
presse burkinabé
-
sources sonores