Alexandre LAMBELET
Avenue du Grey 32
1004
Lausanne
021 648 18
80
thegreylamb@hotmail.com
Université de Neuchâtel
Faculté des lettres et sciences humaines
Institut d’ethnologie
Rue Saint-Nicolas 4
2000 Neuchâtel, Suisse
http://www.unine.ch/ethno
Alexandre
LAMBELET
L’inconfortable
uniforme de l’éboueur
Mémoire de licence en ethnologie
date de soutenance : 17 juin 2002
Directeur de mémoire : Monsieur Christian Ghasarian
Membre du jury : Monsieur Thierry Wendling
Résumé : L’emploi d’éboueur n’est pas neutre. Il est un emploi manuel, sale et ne requiert aucune compétence particulière. Surtout, obligeant à un rapport continuel aux ordures, il est peu valorisé.
A partir de deux séjours effectués avec les éboueurs d'une ville de Suisse romande, et par une observation quotidienne de leurs pratiques, ce travail réfléchit aux valeurs constitutives de l’identité de ces employés, et à la manière dont ils réagissent au regard social, dans le cadre de leur travail.
Le comportement des éboueurs et leurs manières d’être varient selon les interlocuteurs et le regard social auxquels ils sont confrontés. Les valeurs évoquées changent selon qu’ils interagissent entre eux, avec la Direction ou encore avec le public. Mais dans ces différentes interactions les deux mêmes stratégies semblent être à l’œuvre, à savoir la tentative de relativiser la valeur de l’extérieur (le « Eux ») par rapport au groupe (le « Nous ») et, simultanément, la tentative pour l’individu (le « Je ») de s’extraire du groupe (le « Nous »). Les éboueurs ainsi, tout en partageant un certain nombre de valeurs communes – au premier plan l’honneur -, construisent tout un jeu de défiance et de méfiance, aussi bien entre eux qu’avec l’extérieur. Ce double mouvement de relativisation et de distanciation semble alors constitutif de la manière dont ils appréhendent leur quotidien.
Les éboueurs réaménagent ainsi sans cesse ce regard social qui les stigmatise, et le relisent à l’aune de leur propres valeurs. Ils s’efforcent surtout d’introduire de l’incertitude et de l’individualité dans leurs différentes relations pour ainsi sortir de rôles ressentis comme trop inconfortables. Cette relecture constante et ce « sens de la répartie » aux productions sociales et culturelles qui leurs sont imposées, semble ainsi être au cœur même de leur identité.
SOMMAIRE
Préambule……………………….……………………………………………………. 2
Introduction…………………………………………………………………………… 3
L'unité de ramassage des déchets ménagers (URDM)…………………………... 10
- Organisation de l'URDM
Une journée de travail……………………………………………………………….. 17
Une socialisation polémique ……………………………………………………….. 24
- Statuts respectifs de l’emploi et de la commune
- La virilité et l’honneur
- Les ordures, le désordre et le risque
- La cafétéria et ses alentours
- Les performants et les consciencieux
- Les experts et les autres
- Les jaloux, les solidaires et les traîtres
- Les « Suisses » et les « étrangers »
- Paroles rituelles et ritournelles
Des hiérarchies relativisées………………………………………………...………... 47
- L’ambivalence du statut des chauffeurs
- La distance entre les chargeurs et les responsables
- Une omniprésente surveillance
- Résister par l’uniforme
- La relativité des diplômes
- Le copinage et l’homosexualité
Des rôles remis en cause……………………………………….……………………. 58
- L’incertitude des relations
- Personnaliser l’uniforme et le camion
- La difficulté à se nommer
- Un monde à éduquer
- Se poser comme miroir
- La double image des femmes
Conclusion…………………………………………………………...……………… 73
Glossaire……………………………………………………………………………... 77
Bibliographie
……………………………………………………………………….. 78