Université de Neuchâtel
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David BOZZINI
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« Nous, la sainte on la tutoie » : rite et esthétique d’une demande d’intercession dans la maison de sainte Maria Francesca à Naples
Mémoire de licence en ethnologie
Soutenance : 23 janvier 2002, 9 h 30
directeurs du mémoire : Mme Anne-Marie Losonczy, M. Thierry Wendling
Membre du jury : M. Jacques Hainard
Résumé : Ce mémoire de licence fait suite à mon séjour de neuf mois à Naples. Sur place, je me suis intéressé à plusieurs rites religieux. J’en ai choisi un pour ce travail en raison de sa particulière qualité à exprimer ce qui se passe lorsque des pèlerins se rendent devant un saint pour lui demander une guérison miraculeuse (une grâce). Le rite que j’analyse porte sur des demandes de grâces faites à sainte Maria Francesca (une napolitaine du XVIIIe siècle). Elles sont généralement relatives à des problèmes de stérilité concernant des femmes.
Ce travail veut démontrer que la demande d’intercession faite dans ce rite construit deux choses fondamentales en ce qui concerne de manière générale le culte des saints. Premièrement, le rite instaure une étroite relation entre sainte Maria Francesca et le pèlerin. Cette relation ou plutôt l’expérience rituelle d’un tel rapprochement s’établi progressivement et de plusieurs façons (la prière n’est qu’un moment de «contact » parmi d’autres). Deuxièmement, cette relation qui peut être entendue par les psychologues comme une relation thérapeutique fonde les bases d’une dévotion. En reliant le pèlerin à son saint, le rite de la demande de grâce peut être alors considéré comme une initiation à un système rituel foisonnant dont les processions, les fêtes patronales ou calendaires ne sont que les parties émergées des pratiques religieuses relatives au culte des saints.
Tout au long de ce travail, d’autres hypothèses sont formulées et testées. Les premières concernent le statut religieux de la sainte et les raisons de sa canonisation. Elles se fondent principalement sur des sources historiques. Le second groupe d’hypothèses touche le rapport que la grâce reçue de la sainte entretient avec d’autres pratiques rituelles. Je tente également de démontrer qu’à Naples la première grâce reçue intervient à un moment critique de l’existence et vient marquer l’accomplissement social, religieux et sexuel des napolitains. Viennent ensuite diverses interprétations relatives à des représentations picturales de sainte Maria Francesca. Elles permettent de faire le point sur la manière dont le rite peut être analysé. Enfin, plusieurs hypothèses sont faites à partir du rite. Les unes concernent la fabrication et la mobilisation de la sainteté de Maria Francesca. A cet égard, mon attention s’est portée sur la pratique rituelle et sur les objets cultuels qui, mis ensemble, mettent en scène plusieurs médiations symboliques. Les autres hypothèses, ont trait aux rôles des acteurs et à la dimension initiatique du rite.